J’ai commencé hier mon cours « Intercultural Communication », qui se révèle en fait à être une thérapie de groupe plus que d’autre chose. On n’a même pas de table, ce qui rend la prise de note plutôt difficile.
Je m’appelle Jean-Philippe, et j’ai un problème d’alcool, (j’aime aussi que ma partenaire s’assoie sur ma face habillée en canard).
Donc, la femme, une docteure allemande en communication, qui a fait l’ensemble de ses études à Moscou, nous posait différentes questions sur ce qu’est la « culture », en soi, et relativement aux autres. Tour à tour, nous devions parler de nos expériences, de nos perceptions, etc.
Puis, nous sommes venus à parler du sourire. Certaines des filles dans ma classe (parce qu’il y 2 gars : Michael, mon ami allemand, et moi) racontaient leurs aventures aux Etats-Unis, et racontaient à quel point elles ont été frappées par les gens qui souriaient tout le temps. Un genre de sourire de tête heureuse, un sourire niais.
J’avais déjà été confronté à cette réalité quand je suis allé en Allemagne. Un matin, alors que je chevauchais fièrement mon vieux vélo hollandais, je demandais à un gars avec qui j’étudiais : « Salut, comment ça va? ». Il me répondit : « Pourquoi tu me demandes? Est-ce que j’ai l’air de ne pas bien aller? ».
Il est toutefois vrai que notre tendance nord-américaine à toujours demander l’état des gens en guise de salutation n’est pas nécessairement représentative de l’altruisme que l’expression dégage en soi.
Bref, les Russes disent que le fait de ne jamais sourire fait en sorte que lorsqu’on offre un sourire (selon une expression russe), cela a beaucoup d’impact.
De mon point de vue, c’est discutable. Il s’agit peut-être plutôt de la difficulté de la vie qui se transmet dans une hostilité à l’égard de son prochain, plus que d’une volonté à signifier des sentiments plus purs.