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Moscou en vidéo (très intelligents)



Aventures Moscovites


Aventures moscovites

Après avoir été la victime des basses plaisanteries de ma compatriote Alexandrine (on a été au secondaire ensemble et elle étudie à Moscou), j’ai décidé de m’embarquer avec mes amis pour la capitale. Alex me disait tout le temps que je devais faire un voyage vers la « vraie Russie ».

Le temps d’acheter nos billets (plus compliqué que d’acheter une voiture) et d’aller se battre contre l’administration de l’université pour obtenir les papiers nécessaires pour sortir de la ville, que nous étions déjà rendus. Alex, Tommi, Cédric, Witkor, Karina, Dilyana et moi sommes partis de SPB jeudi dernier à bord de la Palmyre du Nord, un train de passagers faisant la connexion de nuit entre SPB et Moscou. Déjà là, je me sentais tellement en Russie. J’ai réalisé que j’aurais été déçu si j’avais eu à venir dans une Russie complètement rénovée, et qu’un symbole emblématique comme le train se devait d’être empreint de « russisme ». De longs trains, (sur)chauffés par une chaudière carburant à une sorte d’huile à chauffage de mauvaise qualité, des préposés affairés, des voyageurs muets, le tout filant dans la nuit de plomb. L’avantage de voyager de nuit, c’est qu’on peut attaquer la ville de bonne heure, alors que tout le monde dort encore.

Il était cinq heures du matin, et je revois défiler les timides mosaïques de fenêtres illuminées, depuis ces immeubles anonymes s’élevant invariablement dans l’avant-poste moscovite.

C’est si difficile pour tout le monde de changer la Russie, de regarder devant, parce que tout rappelle le passé. Impossible de leur en vouloir.

Le plan original était que les gars dorment aux résidences de la RGGU, où Alex habite. À la dernière minute, l’administration des résidences, qui avait accepté de nous accueillir une semaine plus tôt, rétorquait qu’on avait besoin de la signature du vice-recteur pour obtenir l’autorisation de résider là. Superbe nouvelle. Entre deux visites, notre vendredi fût ponctué d’appels dans tous les hôtels et auberges de jeunesse de la ville, sans grand succès. Nous avons même marché vers un introuvable hôtel, où les grosses mesdames avaient une tendance compulsionnelle à oublier de répondre au téléphone, ce qui explique notre venue. Aucune inscription à l’entrée, aucune pancarte portant le nom de la rue, bref, un foutu bordel. Mme Sympathique nous a alors balancé que notre chambre allait coûter 40$. En se fiant à la médiocrité des lieux, nous avons refusé de nous faire arnaquer. On a donc élaboré un plan d’enfer pour dormir illégalement aux résidences d’Alex. Nous sommes entrés en faisant un vacarme francophone d’enfer, en marchant d’un pas ferme vers les ascenceurs. Après un contrôle, où on nous a demandé nos papiers, nous avons feint de notre rien comprendre, et le garde, las et sans-cœur, nous a laissé passer. J’ai donc passé la nuit à dormir sur le plancher, avec mes amis les coquerelles (Alex élève une colonie, pour leurs faire faires des tours, et pour des lunchs en tout genre).

Nous avons visité tout plein de trucs, le Kremlin, le tombeau de Lénine, la Galerie Tretiakov, le musée d’histoire russe, l’université Lomonosov, un monastère et la célèbre rue Arbat. Le tombeau de Lénine mérite une mention spéciale de mauvais goût. Empaillé là depuis 82 ans, Lénine trône au milieu de la place Rouge dans un mausolée de granit rouge. On fait la ligne pendant une heure, on laisse absolument tout à l’extérieur (incluant cellulaires!), la place Rouge ferme le temps que les gens rendent visite à papa Lénine. OK, vous allez me trouver un peu geek, mais lorsque nous sommes entrés dans le mausolée, j’ai tout de suite pensé à Goldeneye 007, le jeu au Nintendo. Un garde de l’armée se tient stoïquement à l’entrée, et à ma venue, m’indique d’une façon toute militaire quel côté emprunter. On descend des escaliers peu éclairés, mais les parois de granit sont tellement reluisantes qu’on peut bien voir. À chaque fois que nous devons changer de direction, comme sur un palier d’escalier par exemple, un garde se tient là, pour vérifier que nous gardons notre calme. Je me sentais vraiment au milieu d’une comédie de mauvais goût. J’avais le goût dans ma tête de prendre mon fusil de James Bond et de tirer les méchants Russes. Hahaha. Il est interdit de parler, interdit de croiser les bras (c’est de loin mon interdiction favorite, EVER!), interdit de s’arrêter de marcher dans le tombeau. Après quelques coins, on arrive dans une grande salle, où au centre trône Lénine, couché, un poing refermé, dans un habit noir, sur un coussin de velours. Un décorum ridiculement élaboré, pour ce qui est probablement en fait une poupée de cire, m’est apparu ostentatoire, iconolâtre. Cette mascarade, et c’est le cas de le dire, est pour moi une marque de respect déplacée, une adoration d’une autre époque. J’ai entendu parler des débats au sujet du potentiel retrait de cette falote relique, mais j’ai la conviction que rien ne changera, du moins pas dans le pays tel que nous le connaissons. Comble du paradoxe, symétriquement positionné sur la place rouge se trouve le GOUM, un grand centre commercial aux allures de Galerie Lafayette, dans un style architectural très beau.

Puis, vint la visite du Kremlin, cette forteresse qui protégeait jadis des Tatars, des Suédois et des Polonais, et qui maintenant dispose de mesures de sécurité tout aussi débiles. Dans le palmarès des interdictions stupides, au Kremlin, il est interdit de marcher dans la rue. Les soldats se trouvant à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, se font un violent plaisir de le rappeler aux touristes échevelés. Visite de quelques cathédrales, chapelles, lieux de culte orthodoxe en tous genres. À chaque fois, je suis tétanisé par les chants. Dans un registre qui m’était inconnu, les chants religieux russes me bercent, je suis parcouru de frissons à chaque fois (et ce ne sont pas mes convictions religieuses qui me transportent ainsi!). J’ai aussi été fort impressionné par les religieuses orthodoxes au monastère. Elles portent une grande robe tunique noire, partant d’un chapeau cylindrique, allant se poser sur leurs pieds. Voilà un de mes moments de fascination à Moscou. Au Kremlin, on trouve aussi la plus grande cloche au monde. Elle pèse 200 tonnes, mais un bout de 11 tonnes est tombé par un beau matin. Un genre de Spoutnik du moyen-âge…

On a aussi été rejoint par Ben, un allemand super sympathique qui étudiait avec nous à SPB, qui réalise actuellement un stage en journalisme à Moscou. C’est d’ailleurs lui qui nous a montré le chemin vers l’université Lomonosov, sur le mont anciennement appelé Lénine (ah tiens, comme c’est original). Les Alpes moscovites, du haut de leurs 138 mètres, abritent l’une des universités les plus reconnues de Russie, portant le nom d’un des plus grands scientifique et philosophe russe, Lomonosov. Dans un style gothique stalinien, fruit d’une mégalomanie sans nom, le bâtiment fait parti des sept sœurs, un groupe d’édifices rappelant fortement les mêmes formes. Nous avons tenté de pénétrer dans l’université, mais nos désormais amis dans la police n’étaient pas tout à fait d’accord. On a donc fait le tour, question d’admirer l’extérieur. On a ainsi aperçu des centaines de fils ou de cordes, nous ne le savions pas trop, courant le long des façades, de fenêtre en fenêtre. Nous nous sommes mis à rigoler, en prétendant qu’il s’agissait de ficelles pour parler aux autres salles, à l’aide de boîtes de conserve. Ben et moi nous sommes rapprochés des murs, pour nous rendre compte que ces fils étaient en fait des connexions réseau pour ordinateurs de bureau! À la place de faire passer les fils à l’intérieur, ou d’utiliser le Wi-Fi (!), les fils sortent des fenêtres et descendent parfois 20 étages, avant d’aller se mêler dans un tas d’autres fils, et d’entrer par une quelconque fenêtre. De toute beauté! Puis, on s’est baladé autour de l’université, pour finalement arriver à un superbe point de vue sur Moscou. La ville compte 15 millions d’habitants, elle m’a paru plus rude que SPB. Si je pensais avoir vu beaucoup de policiers où j’habite, c’est bien parce que je n’étais jamais allé à Moscou… Comme les loups, ils se tiennent en meute. À la sortie des métros, il n’est pas rare de voir des attroupements de 20-30 policiers, du moins lors de ma visite. Et il n’y a même pas de Dunkin Donuts…

J’ai aussi eu droit à mon premier contrôle. Je marchais tout bonnement avec Cédric sur la place rouge, et deux policiers nous ont fait signe de nous arrêter. J’avais prévu le coup : dans ma poche de droite, j’ai une photocopie de mes papiers, et ma poche de gauche, mes originaux. Si j’avais eu quelconque doute sur la véracité de leurs uniformes, je n’aurais jamais donné mes vrais papiers. Bref, après avoir nonchalamment révisé nos papiers, et après que j’aie feint d’être vraiment plus stupide que je ne le suis vraiment, ils nous ont laissé partir. Fiou.

Après trois jours dans cette métropole étourdissante, Karina, Dilyana, Tommi et moi sommes retournés vers notre SPB. Le trajet nous a paru court, car nous étions exténués… Le réveil à 4h30 du matin a été brutal, mais nous a permis de voir la ville encore sous un autre œil.

Un magnifique morceau de poulet (?!?) nous a chaleureusement acceuilli au résidences.

Youpidou

Ça sent le printemps, c’est magnifique.

Il n’y a plus un pet de neige, je dors la fenêtre ouverte. J’ai quasiment envie d’inviter les oiseaux dans ma chambre.

Bon, moi aussi je suis rendu addict aux statistiques que Google Analytics me fournit sur les visiteurs de mon site. Je ne pensais pas que mes niaiserie et mon chialage pouvait intéresser autant de monde! Ça me permet de parfaire mes connaissances en géographie: J’ai des lecteurs en Chine, en Thailande, à Taiwan, en Italie, en Autriche, en Belgique, en Russie, en Franche, en Irelande, en Pologne, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre, aux États-Unis, aux Mexique, en Martinique et bien entendu au Québec. Il y a même une visite de la ville (village?) Abord à Plouffe, au Québec. J’en suis extrêmement fier.

Ça y est, j’ai acheté mon billet de retour. 26 avril. Un ti-bout avec la compagnie russe Aeroflot (il parrait qu’il font partir les avions sur la compression) jusqu’à Parissssss et après direction Mourial. Je commence déjà à avoir hâte, parce que la Russie me tombe sur le système. On va aller manger de la poutine en sacrant. Yéééééé!

Je m’en vais à Moscou ce soir, par le train de nuit. Je promets un compte rendu critique, déformé, dépeigné, déhanché.

Kolia réitère!

Cannibal, Cannibal!

Kolia, le tueur!

Drame en deux actes:
Acte 1er

Acte Second

Suite de l’acte second

Les poupées russes


Mon cousin François, actuellement en échange à Vienne, me demandait récemment si je pouvais donner un coup de main à un de ses amis, Nick, un étudiant à UBC en échange en Autriche, lorsqu’il arrivera à SPB.

Hier, un numéro de téléphone en main, j’attendais patiemment près de la stoïque statue de Pierre le Grand, à la Gare de Moscou. C’est un grand hall de béton, haut de 4 étages, avec absolument rien, question de faire baisser la moyenne de fioriture au mètre carré à SPB. Tout ce qu’il y a, c’est de petits restaurants douteux et une immense carte du réseau ferroviaire, illustrant les parcours possibles de Berlin à Pékin.

Dans le SMS que j’ai envoyé à Nick, j’ai du donner ma description physique, parce que je n’avais pas la moindre idée de qui s’agissait-il. Je le vois donc arriver, je l’ai reconnu tout de suite, avec son fier sourire d’avoir survécu (jusqu’à maintenant) à son périple. Je croyais qu’il voyageait avec un de ses amis… Je ne sais pas où est-ce que j’ai pigé cette idée-là, parce qu’en fait, ils voyageaient à 8! Une fille, une Russe, et 7 gars, tous étudiants à Cologne! Blanche neige et ses sept nains! J’avais vraiment l’impression de me trouver au milieu d’un remake low-budjet de la suite de l’Auberge Espagnole, les Poupées Russes. Il y avait un massif Norvégien, Tulbjörn, qui agit comme un robot et qui mange comme ça ne se peut pas. 3 Espagnols, un mexicain, un allemand, un canadien et… une souris verte (ça c’est moi). J’étais vraiment content et épuisé de parler successivement allemand, espagnol, anglais et russe. On a fait un grand tour de ville, photographiant absolument n’importe qu’elle niaiserie sur notre passage, découvrant que le mexicain, Miguel, a sûrement du sang japonais pour prendre autant de photos. On a mangé de bons blinis russes, en leur faisant des exposés sur la Russie, avec tout ce qu’il y a de bon et de moins bons dedans. Ils se sont aussi trouvé une chambre où habiter à la Gare. En Russie, il est très commun de voir des gens qui louent leur appartement à la gare, pour une poignée de billets. Ils ont donc eu droit à un petit appart typiquement soviétique : deux chambres de 2,5 mètres par 3 mètres, une cuisine et une salle de bain. 7 gars vs. 1 fille… je pense que le siège de toilette va rester levé.

Je dois admettre que lorsque je me suis réveillé à 8h00 (3heures plus tôt que d’habitude), je n’avais pas le goût, mais pas le moins du monde, d’aller faire le guide. Mais une fois avec eux, je les ai trouvé tellement attachants, que j’ai décidé de faire l’école buissonnière pour leur faire une grande visite à pied de cette ville que je connais maintenant pas mal.

Et en plus, c’était un genre de test. Mon séjour s’achève ici. Demain, après mon ridicule examen de finance (examen à choix multiples! Hahaha), je pars pour Moscou. Je reviens lundi matin, je me tape un autre séminaire en communication et je suis déjà parti pour Helsinki, sur le chemin des retrouvailles avec mon amoureuse.

Bientôt, je sentirais mon souffle, la brique dans mon ventre va se dissoudre, et je pourrai enfin apprécier cette ville bizarroïde. Arg!