Avec un baril frôlant les 100 dollars américains, les prédictions des analystes, jadis qualifiés d’oiseaux de malheur, se concrétisent. Le prix du baril, avec son incidence sur le prix à la pompe, constitue un des facteurs les plus volatiles au sein du panier de consommation des Nord-Américain. Or, à long terme, quel est la tendance générale, une fois les cendres des PCAA retombées?
Plusieurs experts et journalistes, quidams de l’endettement asphyxiant des consommateurs américains, se sont prononcés à maintes reprises au cours des dernières années au sujet de l’imminence de la récession, hécatombe qui ne s’est toutefois pas concrétisée. En fait, malgré le chute des prix des maisons américaines de 5% en 2007 et les signes contradictoires donnés par l’industrie de la construction, la consommation a continué à croître de 3% en termes réels depuis le début de 2006.
Avec un IPC à 3,5% pour la plus récente période et des estimations à 4% poour janvier 2008, certains analystes américains s’attendent à une hausse marquée de l’inflation, ce qui pourrait donner le coup de grâce à la consommation américaine. L’histoire des 40 dernières années nous montre bien qu’une inflation galopante et un baril de pétrole élevé amplifient les chances de récession, les années 1972 et 1979 en témoignent avec éloquence.
Heureusement pour l’économie canadienne, les années de servitudes à l’endroit de l’économie américaine ne sont plus ce qu’ils étaient. Au cours de la période 2001 à 2006, le Canada a réussi à diversifier son marché d’exportation, en faisant passer sa part d’exportation de biens vers nos voisins du sud de 83,7% à 79,2%, tout en maintenant un croissance de 7% des exportation de biens à l’échelle globale.
De notre côté de la frontière, le contexte ne pourrait être plus clément. Le chômage fracasse des records à la baisse, un creux inégalé en trente ans, et les pétrodollars coulent à flot à l’ouest du pays. Seule ombre au tableau, le taux de change vient grandement nuire au marché d’exportation canadienne, lui qui occupe une place de choix dans l’économie. Le dollar fait mal à un tel point que le Québec et l’Ontario se sont résous à s’accorder sur une burlesque entente de libre-échange interprovinciale, qui relève davantage du législatif que de l’économie.
Bien malin celui qui peut préduire avec conviction l’effet du ralentissement potentiel américain et de l’économie canadienne chauffée à blanc. À ce point-ci, toutes les opinions se valent…
