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La technologie au service du développement

Alors que la croissance effrénée et la surconsommation est pointée du doigt et que les déchets technologiques occidentaux s’accumulent sur des terrains vagues d’Afrique et d’Asie, certains avancent que la technologie pourrait être le baume sur les maux de Pacha Mama.

 

Commerce: M-banking

L’illustre économiste Hernando de Sotto soutient que l’accès restreint au capital est responsable de la difficulté à briser le cercle de pauvreté. À l’heure où la couverture des réseaux cellulaires couvre les contrées les plus reculées du monde entier, la probabilité de trouver un comptoir bancaire dans ces endroits pousse les individus à opter pour un remisage de leurs économies au fond de la jarre à biscuits. En Afrique du Sud, un demi-million d’utilisateurs font usage de ce qui est désormais nommé le m-banking, au point où certains commerces encaissent près de la moitié des transactions sous cette forme. Techniquement, il est possible de transférer par l’entremise d’un type de message texte sécurisé des montants d’un compte d’un individu à celui d’un autre. Ce type de projets est à l’essai dans plusieurs autres pays d’Afrique sub-saharienne, plus particulièrement dans le domaine du micro-crédit. Les utilisateur louangent le fait qu’ils se sentent désormais plus en sécurité depuis qu’ils n’ont plus à transporter leurs économies en argent sonnant et trébuchant. En Afrique du Sud, 80% des utilisateurs du service de m-banking n’avaient pas de compte bancaire auparavant ou n’avaient jamais utilisé un guichet automatique.

 

Communication: One laptop per child (la saga)

 

En 2005, le professeur Negroponte du MIT annoncait en grande trombe le projet OLPC (One laptop per child) qui visait à équiper les salles de classe du monde en développement avec des ordinateurs portatifs coûtant 100$ et qui soient adaptés à la réalité bien unique des pays en développement.

 

De fil en aiguille, un niche s’est formée dans la gamme des UMPC (ultra-mobile PC) autour de l’idée initiale de Negroponte. Ainsi, les nombreux détracteurs du projet, avec Intel comme figure de proue, arguent que le projet devrait être mené par des entreprises privées motivées par le profit, car la théorie économie fait valoir que la compétition générera les plus bas coûts. Ce fût le cas pour le marché des téléphones cellulaires, ou de plus récemment, les micro-véhicules comme la Nano de Tata Motors. D’autres, encore plus sceptiques, se questionnent sur le bien fondé de ce genre de technologie dans le réalité académique du monde en développement. Ce n’ est pas faute d’ordinateurs portatifs que les enfants ne fréquent pas l’école ou n’y ont pas de succès, mais plutôt car ils doivent aller travailler au champ, doivent combattre des maladies ou n’ont simplement pas de quoi se nourrir.

 

Communication: DRM: La force du AM et la beauté du numérique

 

Dans plusieurs conflits, du début du siècle dernier au génocide Rwandais, la radio a joué un rôle prépondérant en terme de diffusion de l’information. Autant elle est en mesure d’enflammer des ordes d’individus, autant elle est parfois le seul lien que les citoyens maintiennent avec le monde extérieur.

 

Une technologie nommée DRM (Digital Radio Mondiale) utilise les fréquences grandement délaissées de la radio AM pour y transmettre un signal numérique qui est décodé par un simple appareil. L’intérêt particulier de cette technologie expérimentale réside dans les distances parcourues: une signal émis à partir de l’Europe a été capté avec succès en Australie, au moyen de deux rebonds des ondes courtes dans l’atmosphère. Aussi, étant donné que le système ne requiert pas de tours de relais ni de satellite, sont coût est minime.

 

Cette innovation pourrait donc servir à garder informer des citoyens demeurant dans des endroits reclus comme la Corée du Nord, la Birmanie ou le Tibet.

Libre, la toile?


Démocratie et Technologie

 

Vous désirez connaître l’adresse électronique du premier ministre britannique, Gordon Brown? Rien de plus facile: Gordon.brown@no10.gsi.x.gov.uk. Celle du président Bush? La voici: president@whitehouse.gov. Malgré ces accès privilégiés (en apparence) aux classes dirigeantes, comment la technologie parvient-elle à consolider la société civile, l’état de droit et le contrat social? Un aperçu.

 

Google et la Chine: Don’t be evil

 

À l’aube du boom technologique de 2001, on se croyait dans un vrai roaring 20′s des temps modernes. Tout semblait possible, on comprenait peu à peu la force des réseaux internationaux et on percevait ce nouveau médium comme non censurable, un cyborg à qui on ne peut couper le souffle.

 

Malgré les avancées technologiques et le vent révolutionnaire propulsé par la société de Mountain View, personne ne semble pouvoir échapper à la censure. Le 4 janvier 2006, Google cédait aux pressions du gouvernement chinois: désormais, à partir de Google.cn, les références « Free Tibet », « Tienanmen 89 » et « Falungong » se rapportaient à la position officielle du gouvernement, éclipsant du même coup les sources alternatives. Les dirigeants de Google avaient alors soutenu qu’ils n’avaient que respecté la législation en vigueur dans le pays.

 

La question ne se serait pas posée il y a dix ans, alors que Brin et Page, fondateurs de Google, n’étaient qu’étudiants et que leur idée germait dans le garage familial. À cette époque, les moteurs Altavista, AskJeeves et Yahoo se faisaient doucement la guerre. Maintenant que Google s’accapare des parts de marché toujours plus grandes et que des preuves existent au sujet de la censure de son contenu, les questionnements sont nombreux.

 

Est-ce que si un média traditionnel occupait 70% du marché et que des allégations quant à son indépendance faisaient surface, la réaction du public serait différente? Probablement. Est-ce que le flot incroyable d’information que Google (et autres portails possédant des profils des individus) sert à des fins marchandes? Plus qu’évident. Vous êtes observés, chers amis…

 

Nouveau leader pour les États-Unis: Nouvelles idées, nouveaux moyens

 

Pour la première fois, les campagnes de financement des candidats américains ont totalisé plus sur l’Internet que sur le plancher des vaches. L’heure n’est plus aux rencontres électorales dans les sous-sols d’église, mais bien aux campagnes de marketing viral et à la blogosphère.

 

Une autre première: Youtube se retrouve au centre des élections américaines. Une section du populaire site (youtube.com/youchoose) sert de plate-forme aux citoyens pour poser des questions aux candidats et afin faire valoir leurs opinions. La diaspora électorale américaine se serait-elle rendue à l’évidence que les jeunes se sentent désabusés par la politique et que de nouvelles recettes se font attendre? Espérons.

 

Internet: Arme à double tranchant pour gouvernement croulant

 

La Malaisie, comme beaucoup d’autres nations émergentes, est ivre de croissance technologique. Selon le gouvernement, 60% de la population fait usage de l’Internet. Or, la télévision nationale, dont la propriété est concentrée entre les mains de quelques oligarques et le pouvoir en place, ne laisse qu’une place infime à l’opposition. Le 8 mars dernier, un demi-million de Malais se sont rués vers le site indépendant Malaysiakini, lui qui proclamait déjà la victoire de l’opposition.

 

 

Même à Montréal, Internet sert de voix aux activistes

 

Alors qu’Internet n’était perçue que comme une rumeur ou un nouveau gadget pour geek boutonneux, les réseaux sociaux existaient déjà. Au début des années 90, plusieurs projets hydroélectriques en branle soulevaient les passions des environnementalistes. Toutefois, la rapidité d’organisation de l’opposition laissait Hydro-Québec complètement médusée. Ce n’est qu’après plusieurs mois d’affrontement qu’Hydro-Québec s’est aperçue que les activistes utilisaient des BBS (bulletin board system), soit l’ancêtre du clavardage que nous connaissons maintenant.