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Last stop

Aujourd´hui, c´était notre dernière journée de pachat. Dès demain, on entre dans nos familles d´accueil, et je sens que notre projet va démarrer pour vrai. Nous sommes allé, d´après les conseil du très aimable Señor Eddy, nous procurer un truck load de biscuits gaufrette et de vin sucré (et infecte) péruvien, pour la fête de demain. Lorsque nous étions à même de choisir la bouteille, la préposée est venu nous offrir de goûter à un des vins. J´ai sourcillé tant il était sucré et dégueux, mais Señor Eddy a prié la dame de nous en apporter un qui soit un peu plus sucré. Miam.

Question de faire plaisir à notre estomac et d´encourager une bonne cause scolaire, nous sommes (encore) allé manger du poulet péruvien ce midi dans une genre de kermesse au Collège où notre collègue Orlando enseigne. Je pense que je vais bientôt peser 500 livres.

Avec le groupe, nous sommes sortis de la ville pour aller visiter le dépotoir municipal. Pas que ce soit très glamour comme activité, nous étions tout de même curieux de voir comment est-ce que ce genre d´enjeu est géré. Pas fort…. Aucun système de traîtement du lixiviat, cheminées d´évacuation du métane trop peu nombreuses, sol poreux, en plus des poulets et des pastèques qui vivent sur le dépotoir. Délicieux, au dire de l´ingénieur de la ville d´Ayacucho. On devrait peut-être faire une analyse toxicologique s´est-il empressé d´ajouter. Je repensais à cette phrases, à notre retour, quand j´ai vu un enfant d´environ 7 ans vivant près du dépotoir, lui qui était assis dans sa chaise roulante avec ses menus membres déformés.

10/4, Rogers.

Après une cavalle qi s´est déroulé sans accros, j´ai finalement pu accueillir mon groupe au petites heures du matin, jeudi. Le temps de dévorer les kilomètres qui séparent l´aéroport de l´Hôtel Friend´s house à Miraflores que toute ma bande somnollait déjà. Le lendemain matin, nous avons visité l´absurde quartier riches où nous logions, Miraflores. Les voitures de luxe, les boutiques étincellantes et les activités ludiques de tout accabit (surf, parapente) cohabitent dans ce microcosme, alors qu´a quelques kilomètres de là vivent pres de 8 millions de personnes qui se battent pour leur survie.

Aussi, question de souligner les contrastes, j´ai fait monter mon groupe à bord d´un autobus collectif, un combi, pour se rendre au centre-ville. Les stagiaires ont été éberlués par la conduite automobile presque suicidaire qui règne à Lima. Les autos sont munis de plusieurs types de klaxons, question de se frayer un chemin dans la cacophonie et le CO2.

Bref, j´etais super content de retrouver ma bande et de leur montrer cette ville folle et grise qu´est Lima. Nous sommes désormais de retour à Ayacucho, pour le plus grand plaisir de tous.

PS: Pour ceux qui ont entendu parler du tremblement de terre qu´il y a eu avant hier a Ayacucho, cela n´a fait aucun dégât.

Mama mia, Lima!

Dans la vie, il faut savoir faire face a l`inconnu. Cette premisse est encore plus vraie au Perou. Pour une raison obscure, il ny a qu`un seul vol ce jeudi, entre Lima et Ayacucho, plutot que deux. Mon groupe de stagiaire doit donc demeurer une journée dans la grande Lima. Je suis donc descendu en catastrophe hier soir, en parcourant des centaines de kilometres en bus, pour une duree de 10h de route. On devait passer des cols pour traverser les Andes, et on montait parfois jusqu`a pres de 5000 metres.

La temperature ici est tellement differente. Ayacucho et Lima ont en commun d`etre toutes deux enrobees de smog perpetuellement, mais la ressemblance s`arrete pas mal la. Deja la difference d`altitude est frappante, on peut s`activer sans sentir que le souffle nous manque, comme si j`avais fume un cartoon de cigarette… Aussi, la côte se fait ressentir, le fond de lair est lourd, gorge d`humidite. Un auteur, dont le nom m`echappe, a deja qualifie Lima de ville la plus triste au monde.

La ville est typiquement colonniale, mais un masque gris vient cacher cette beautee d`hier. La pollution est omnipresente, et cause la mort de plus de 3000 personnes par annee, dans cette megapole de 8 millions d`habitants. Comme l`a deja un de mes prof d`economie, pourtant grand fan de la normativite, l`environnement, c`est un probleme de pays riches.

Je me balladerai ainsi seul dans la ville, jusqu`a ce que tombe la nuit. Apres cela, ce n`est plus un temps a mettre le nez dehors. Je retrouve ici mon pas rapide et mon visage impassible, qui m`ont aide a vivre 6 mois en Russie sans se faire trop deranger.

 

Le plus grand stade au monde

Une autre journée dans notre petit paradis péruvien. Lors d´une de mes éternelles balades, je suis tombé sur la parade dominicale à la Plaza Mayor. Impressionnant de voir les bouts de choux de la maternelle parader aux côtés des soldats aux chants militaires agressifs.

Je discutais justement avec Melvin, un ami d´Hatun Sacha, des traces qu´ont laissé le Sentier Lumineux à Ayacucho. Tous les habitants ont perdu des proches dans le tumulte des quelques 15 ans qu´ont duré les événement relatifs au Sentier. On trouve encore plusieurs charniers dans les environs et le noyau dur de l´organisation serait encore actif dans les milieu de narcotraficants au nord du Département. Aucune crainte pour nous toutefois… Ayacucho est redevenue la ville tranquille qu´elle était.  Nous irons donc cette semaine visiter le musée d´histoire qui relate les faits entourants le Sendero.

Melvin, justement, est commentateur sportif á la radio Atlantis. Il nous a invité, Nathalie, Gabriel et moi, a assister à un match. Bien que les tribunes étaient vides et que le niveau de jeu était loin d´être excellent, la vue vallait vraiment le déplacement. Le stade et tout le complexe sportif d´Ayacucho ont été offert par le gouvernement vénézulien, dans les annés 70. Selon Melvin, le stade d´Ayacucho est le plus grand du monde, car il n´est jamais plein…

Guaman Poma de Ayala

Hier, après avoir animé une émission à la radio d´Ayacucho (haha!) je suis allé rendre visite à la communauté qui nous accueillera pour tout l´été.

Situé à flanc de montagne, l´air y est pur et le contraste avec la ville d´Ayacucho est poignant. Bien que situé à peu de temps du centre ville, on se croirait ailleurs. Les montagnes vierges déferlent, ce n´est la limite de notre vision que nous empêche de voir davantage des Andes, du coeur de la Sierra. Au loin, on peut apercevoir l´obélisque de la cité Wari, autrefois une communauté indigène imposante dans la région. 

Nous avons, Orlando, Gabriel, Nathalie et moi, rencontré les membres de la communauté afin de finaliser les derniers détails en ce qui concerne l´accueil des stagiaires. Les quelques familles concernés sont venues à notre rencontre dans la salle communautaire. La salle n´était éclairée que par la vive lumière du soleil qui entrait par les portes de fer. On pouvait distinguer les profils des hommes, des enfants et des cholitas, ces femmes indigène portant un chapeau de feutre, de longs cheveux tressés et des tissages très colorés.

Au début, ils semblaient à la fois emballés par notre venue et craintifs face à l´inconnu qui les attend. Ils étaient très curieux de savoir ce que l´on mangerait, de connaître la manière dont on vivrait. J´ai tenté d´être le plus attentif possible et de faire preuve de compréhension et de diplomatie. Ils m´ont questionné sur un grand nombre de sujets, à ma plus grande satisfaction. À un moment donné, une cholita toute timide a parlé en quetchua à sa voisine, qui m´a traduit en espagnol: « Nos lits sont probablement trop petits pour vous! », puisqu´ils trouvent que nous sommes très grands. Je leur ai répondu, en mimant un peu, que nous ne dormions pas dans la position du piquet… Ils s´exclafèrent, ce qui a contribué à détendre l´atmosphère, qui n´était pas tendue à la base.

Le président de la communauté, Eddy, et sa très gentille femme, font preuve d´une humilité extraordinaire et d´une bonté sans borne. Tout cela se voit dans leurs yeux. Ils nous ont reçu dans leur petit commerce, fraîchement construit. Les enfants tourbillonnaient autour de nous, nous chassant du regard. Il faut croire que les invités qui viennent d´aussi loin sont rares pour cette communauté.

J´ai une très bonne impression à l´égard de la communauté et j´ai hâte de voir la chimie qui va se créer entre les stagiaires et les habitants du village. Nous avons une responsabilité encore plus grande, du fait que nous sommes les pionniers dans cette communauté et que plusieurs groupes nous suivrons. Nous devons jeter les bonnes bases afin de mettre l´accent sur la relation que nous établissons avec eux, plus que l´argent ou les relations de dépendance Nord/Sud.