Apres avoir ete debout pres de 35 heures, je me suis assoupi hier devant un match important, opposant l´équipe feminine argentine et les Pays-Bas, dans une partie sans mercie de… hockey sur gazon. J´aurais donc du apporter mon gilet du CH.
Dans un autre registre, je suis fasciné par cette ville. Hernando de Soto, lui-même péruvien, soulignait à quel point les économies du Sud ne sont pas celles du Nord, et que nos modèles de développement ne pouvaient donc pas ètre calqués. L´économie est on ne peut plus informelle, tout est à la fois chaotique et organisé. Il n´y a pas d´arrêt d´autobus, pas de circuits, mais le transport urbain est à la fois plus efficace et meilleur marché, toutes proportions gardées. Cette organisation organique de la société est solide et a sa valeur, bien que nos référentiels culturels et sociétaires la regardent de bien haut.
Les gens sont curieux. Autant comme il est implictement mal vu d´aborder les gens et des les observer chez nous, autant comme je sens que les gens autour de moi ici savent faire preuve de curiosité avec respect. J´ai eu la chance de discuter avec plusieurs personnes de notre projet, et je trouve qu´ils sont fiers de notre présence et notre intérêt. Un agent de sécurité à Lima avec qui je bavassais était franchement surpris de notre volonté à se donner autant de trouble pour mener notre projet. Il m´a demandé: Allez-vous manger ce que les paysans magent? Bien sur, lui ai-je répondu.
Les feux femmes de ménage de l´hòtel m´ont aussi demandé la raison de notre long voyage. Après leur avoir expliqué, elles m´ont demandé si je parle quetcha. Le quetchua est la langue traditionnelle, celle des premières nations. Elle occupe une place important dans la culture, l´histoire et la vie quotidienne des habitants d´Ayacucho. Bref, je leur ai répondu que non, je ne la parlais pas, mais que j´adore les langues. Elles m´ont alors offert un pacte: je leur apprend les bases du français et elles m´apprennent les bases du quetchua.

