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Lors d’une petite réunion pénarde samedi soir, je reçois un appel. C’est la petite panique au village. Le père, Felixiano, dans la famille qui accueillait Tanya est décédé. Cammionneur de profession, il devait quotidiennement affronter les vallées et les chemins tortueux des montagnes. Il est tombé dans un ravin, avec son gros camion. Malgré l’autopsie, nous ne savons pas encore s’il s’agissait d’un ennui mécanique. L’événement s’est produit près de Vilcashuaman, une ville inca située à 3400 mètres d’altitude, à 120km (mais 4heures!) d’Ayacucho.
Donc, je reviens en trombe au village pour m’assurer que tout va bien avec ma gang et les gens de la communauté. La mortalité, surtout dans des circonstances similaires, est toujours extrêmement éprouvante pour une petite communauté comme la nôtre. La nuit de samedi a été remplie de chants et de pleurs; la petite chambre de prière de la famille de Felixiano était beaucoup plus agitée qu’à l’habitude. Les femmes pleuraient le mort, pendant que les badaux suçottaient des bonbons à l’extérieur de la modeste demeure.
Le lendemain matin, je me suis levé à la première heure pour aller chercher une grande couronne de fleur. Après une heure et demi d’attente, je retraverse la village devant les passants se demandant bien ce que je faisais là.
Dimanche soir, le défunt était arrivé. Derrière une petite vitre, on pouvait voir l’homme amoché, le nez croche et la tête perçée d’un large trou au niveau de la tempe.
Le drame est surtout qu’il était le seul revenu de la famille. Le plus vieux étudie dans un institut préparatoire pour entrer dans l’armée et la cadette a à peine un an. La mère est analphabète, sans travail, et n’a que les séances de foi évangélique pour s’accrocher à la vie. Nous avons contribué un peu, à raison de quelques bûches pour les aider à cuisiner…
Le plsu étrange et malheureux, c’est qu’en moins de deux semaines, dans une communauté d’à peine 100 âmes, 3 personnes sont mortes. Une vieille dame, de vieillesse probablement. Et une petit garçon aussi, dans des circonstances effroyables, en tombant du deuxième étage.
J’espère seulement qu’ils ne croiront pas que nous sommes reliés à une genre de malédiction qui s’abat sur la pauvre communauté…
Comme j’en parlais dans mon billet sur la St-Jean Baptiste, nous devions rencontrer le maire de la municipalité (l’équivalent d’un arrondissement) de Nazarenas ce matin.
En arrivant un peu d’avance, nous n’avons pas encore appris des coutumes péruviennes. On a du patienter légèrement dans la cour intérieur de la municpalité, qui elle ressemblait davantage à l’entrée d’un garage municipal que d’autre chose. Les travailleurs chargés du ramassage des déchets côtoient en toute indifférence dans ce lieux les conseillers municipaux et les agents de la paix. C’est ce qu’on appelle être en contact avec la base.
Finalement, étant donné l’étroitesse des lieux, on nous a déplaçé à un « back-store » de restaurant qui sert en fait de garderie. Heureusement pour le maire et ses assistants, la garderie était vide et on a laissé les crayons de cire de côté. Se faisant attendre un peu, les minutes continuaient à défiler rapidement, pendant que Katina (la chargée de programme au CRÉDIL en visite à Ayacucho pour une semaine) s’impatientait. Puis, le maire, qui est médecin, nous a reçu dans de nombreuses accollades chaleureuse. Le temps de faire un petit discours, il était toutefois déjà repartit.
On a été bien reçu, surtout du fait que nous avons illustré le lien entre le respect de l’environnement et la santé de la population. En fait, dans notre cas, le lien est plutôt direct. Étant donné que le camion de la collecte de déchets se pointe timidement le nez qu’un seule fois par semaine, ne passant que par la rue prinpale, les habitants de Guaman Poma se résoudent donc à jeter les déchets du haut de la falaise. Avec le temps, les déchets s’accumulent le long des parois et sur le rebord de la falaise. Les enfants, les poules, les moutons et les chiens y circulent donc, au beau milieu des tonnes de déchets. Mes petits frères adorent même aller dénicher des trésors dans les poubelles, pour souvent se les mettre dans la bouche.
J’ai été fier de notre présence, car je crois que nous avons fait bonne impression. Reste à savoir si le tout va s’évaporer discrètement, comme tant de voeux pieux de politiciens.
Eux aussi ils était content de nous recevoir. À 9 heures du maint, ils ont même sortit le Perú Cola et les biscuits sodas pour nous le démontrer.

J’ai refait le beau circuit touristique de Ayacucho avec mon groupe. Une belle journée ensoleillée pour rencontrer les différents artisants de la ville.
Je me suis même acheté un oeuf en marbre! Quel beau souvenir, hahaha.
La St-Jean Baptiste est une fête colorée pour nous, et elle l’est tout autant pour les péruviens. La tradition remonte au temps des incas, où ils célébraient la Inti Raymi (Fête du Soleil, l’une des deux puissance à vénérer) dans une grande fête de joie. C’est un peu l’équivalent du Thanksgiving.
On ne pouvait donc pas se coucher à 21 heures, comme nous le faisons à l’habitude. Lundi, je me suis levé aux aurores pour aller acheter 300 maïs au marché où tous les petits commerces s’approvisionnent. Les gens se demandaient bien ce que le gringo faisait avec son sac immense chargé sur son dos, à 5 heures du matin en pleine noirceur. Ce marché est fascinant: les pièces de viandes plus grandes que moi tapissent les étroites allés, les marchands sommeillent en attendant les clients, près de leurs vieilles balances à contre-poids. Les troncs d’eucalyptus soutiennent les rares fils électriques et les tôles ondulées du toit.
J’ai donc eu le plaisir de concocté une petit repas de fête pour plus de 100 personnes, dont plusieurs amis d’une école secondaire de Berthierville. C’était vraiment joyeux, on a même chanté Aaaaaagaaaadou-dou-dou. Les gigues suivaient les dances traditionnelles ayacuchanaises, tout cela arrosé d’un punch de feuille de coca, d’anis, de lime et d’alcool de cane à sucre. Je suis allé acheté ce 3 litres de cet d’alcool qui aurait pu nous rendre aveugle (je blague) à 10 heures du matin. La dame avait vraiment envie de me faire sortir à 4 pates tellement elle voulait me faire essayer toutes les sortes. Disons qu’avec le temps, les critères d’hygiène deviennent plus flexibles. L’alcool en question est servie depuis de grands barils qui sont habituellement utilisés pour l’irigation agricole ou pour bloquer les rues de ville. Puis, elle a eu la gentillesse de me remettre les 3 litres d’alcool distillés dans un 3 litres de Coca cola vide. C’était tout de même très bon! Hahaha.
On a aussi eu une visite surprise. Le maire de la municipalité est au courant que nous sommes en ville, m’a-t-on raconté. Il a donc décidé de se pointer, étant donné que quelqu’un l’a invité… Arianne s’est chargé de saoûler ses gardes du corps et le maire lui même au passage, pendant que ses secrétaires personelles s’intéressaient particulièrement à Alex, Jérémie et moi-même. Elles nous ont invité à aller au Karaoké, je doute toutefois que cela ne se réalise! Une fois le maire bien ramoli, nous avons convenu d’une rencontre vendredi matin. C’est dans la poche!
Moi qui est un junkie des nouvelles, je les écoutais jusqu’à 6 fois par jour à Montréal, c’est la dissette ici.
Bien que je me rassasie à l’occasion avec la lecture de La República (quotidien de centre-gauche péruvien), le fait de ne pas disposer de recyclage et de marcher 40 minutes pour aller chercher ce petit feuillet m’embête un peu.
J’ai donc décidé de me munir d’une petite radio à ondes courtes. Petite boite grise fonctionnant à piles (rechargeables), je croyais bien pouvoir écouter enfin CKOI.
Jour et nuit, dans mes moments libres, je balaie frénétiquement les fréquences à la recherche de stations étrangères. Les péruviens ne sont en effet pas très intéressés par les nouvelles internationales, ce qui me limite un peu avec le sources nationales. Ils ont en fai 2 sports nationaux: le soccer et détester le Chili. D’un point de vue extérieur, le mien disons, on pourrait croire que deux peuples pour qui les frontières ont été tracés par l’envahisseur espagnol devraient se ressembler, se sentir uni par les racines. C’est en fait tout le contraire. Ils se détestent avec passion et il n’y a pas une manchette quotidienne qui n’aille pas ailleurs que dans ce sens. Quand ce n’est pas une débat (puéril) sur l’origine vérédique de la pomme de terre, c’est du commérage sur le budget militaire du voisin. En fait, c’est la Guerre du Pacifique, qui a prit fin en 1884, qui est la source de toute cette haine encore très actuelle. Le Pérou et la Bolivie avaient alors perdu de large territoires riches en ressources naturelles (et en sable).
Donc, ma belle petite boite qui griche me permettrait de me renseigner. Le plus drôle en fait, c’est que j’ai cru voyager dans le temps avec celle-ci. Mon oreille s’excite à toute autre langue que celle de Cervantes lors que je syntonise, ce qui me cause des rencontres surprenantes. Radio Havane Cuba, une station qui diffuse, en français s’il vous plaît, depuis 1961 les « vrais informations » au sujet de Cuba. Le ton et le style reflètent totalement ce que j’aurais pu m’imaginer de l’asceptisisme de l’information communiste. Aussi, j’ai pu attraper La Voix de la Russie, une radio diffusant directement de Moscou. Finallement, j’ai écouté une radio anglophone chinoise non-identifiée faisant l’éloge de l’empire du milieu de toutes les manières possibles. Commes quoi les empires communistes d’hier et d’aujourd’hui ne veulent pas renoncer à leur rayonnement international!
Et quand la nuit tombe, nous nous réunissons dans une maisonnette abandonnée, nous allumons des chandelles et nous partageons la bière bon marché péruvienne pour nous affronter dans un tournoi de « trou-de-cul » sans merci, tout cela au son de ma petite radio pimpante diffusant les hits ringuards péruviens.
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