Recevez mes mises à jour!

Entrez votre courriel:

Creative Commons License
Le contenu de ce blog par JPDL est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.5 Canada.

Coopérants en culottes courtes

Bon nombre de mes stagiaires se sont sentis molestés lorsque les gens, de 7 à 77 ans, nous ont appellés « gringo ». En fait, ça arrive tous les jours. Ce terme fait référence aux gens de couleur disons… plus pâle. Il porte aussi une connotation négative, au terme de tellement d’ingérance impérialiste dans la grande et petite vie des sud-américains depuis la seconde guerre mondiale.

Encore tous les matins, on voit les hélicoptères géants, chargés de troupes américaines, survoler nos têtes. De nombreux grafitis rappellent aussi la position d’une grande partie de la population: « Fuera de Ayacucho, tropas Norteamericanas! » (Quittez Ayacucho, troupes nord-américaines). On les croise à l’occasion, eux qui dépassent les têtes de tous les péruviens et leur égo encore plus. Une amie était dans un bar l’autre jour et a pu les admirer en train de tenter de ramener des minettes, eux qui sortent dans les bars dans leurs habits de camouflage du désert. Les raids, sous l’égide d’une mission de paix (!?!), vise en fait à éradiquer la culture du coca dans la jungle à quelques centaines de kilomètre d’Ayacucho. Comme quoi la politique active sur le terrain n’a pas vraiment changé et que les temps d’ingérance sont loin d’être terminés.

Donc, nous sommes nord-américains certes, mais nous devons être embarqués dans le même bateau que nos amis les amaricains.

Notre rencontre au sujet du compost a été un franc succès. Beaucoup d’habitants se sont présentés, tellement qu’on a manqué de sceau que nous donnions en cadeau! Mon pessimisme-réaliste doit prendre son trou! Je trouve en fait que notre travail est beaucoup plus proche de l’approche de communication que du travail manuel, ou de « développement international » au sens propre. Je crois d’ailleurs que c’est une grande faille dans notre formation.

Aujourd’hui, c’est dimanche. Pas de seigneur, mais du poisson. J’ai toujours craint le ceviche des andes (le ceviche est un plat de la côte, composé de poisson cru mariné 6 heures dans le jus de lime). Mais aujourd’hui, c’était au menu (en plus du fait qu’il n’ont pas fait mariner le poisson plus de 30 minutes)! À 12 heures de la côte en camion, on mange du poisson cru! À date, je me sens bien, mais il se pourrait que je passe une nuit de bonheur sur ma belle toilette turque sans porte!

Aussi, le dimanche, toutes les familles sortent de la communauté pour profiter des chauds rayons de soleil. Nous sommes allés au zoo. Quelle expérience traumatisante, surtout parce qu’elle a commencé par un puma qui tournait en rond sans arret, témoignant fidèlement que quelque chose ne tournait pas rond justement dans sa tête. Toutes les cages sont vieilles et microscopiques. Des lions, des oiseaux de proies et d’autres prédateurs de grands espaces sont confinés parfois à seulement un mètre cube d’espace, nu et froid.

J’ai particuliérement aimé l’écriteau à l’entrée: Nous travaillons ensemble pour la préservation de la nature.

Un jour de plus…

Le lecteur pourra se demander ce qu’on est venu faire… avec raison.

À date, nous avons construit 6 machines a compost a partir de baril de plastique. Toute une aventure pour trouver tout le matériel. En général, à ma grande surprise, les gens sont réceptifs et curieux à l’égard de notre projet. Demain matin, nous organisons une charla pour discuter avec les gens des avantages du compost et pour leur expliquer le fonctionnement des poubelles a compost.

Prochaine étape: Pépinière! Ça va être toute une job! Nettoyer un grand terrain rocheux, faire des trous à la pioche et à la pelle, transporter des pierres et du sable pour faire du ciment. Encore des belles ampoules a venir dans mes petites mains de pousseux de crayons!

Wari et Quinoa

Dans une autre expression du génie des civilizations pré-incas, nous avons pu admirer les vestiges de la civilization Wari, qui couvrait toute la partie de la côte et des Andes du Pérou, vers l’an 1000.

Toute une ride de bus à flanc de montagne, pour accéder à ce lieu chargé d’histoire. Heureusement, on avait nos guides Lili et Mirla pour nous entertainer et nous informer durant le voyage d’une heure. En plus de leur connaissance de la pachamama (terre mère en Quechua), leurs connaissance en ingéniérie et en médecine m’ont vachement impressionné. Ils utilisaient de la pierre volcanique extraite sur le dessus d’une montagne de 5200 mètres afin de construire leurs acqueducs qui parcouraient des dizaines de kilomètres. Et tout ça, en l’an 1000…

Un peu plus loin, il y a le monument de Wari, érigé en 1974 en l’honneur de la bataille d’Ayacucho, remportée par les forces indépendentistes. Ces-derniers comptaient sur une seule pièce d’artillerie et 600 hommes, contre 14 pièces d’artillerie et 9000 hommes.

Les Incas, la coca

Stigmatisée pour ses effets dévastateurs dans le monde de « l’ouest », la coca revet une importance capitale et ce, depuis le temps de la civilization Inca.

Ici, les gens « chackcha ». Cela signifie en quechua l’action de mâcher la feuille de coca et contribue à stimuler le corps humain, autant que 3-4 bonnes tasses de café le matin. Je l’ai essayé une fois, un matin où j’étais pas mal sur le petit boeuf. C’est vrai que c’est stimulant et que le souffle ne te coupe pas comme il a l’habitude de le faire, quand je cours à près de 3000m. d’altitdude.

La mère où j’habite me fascine. Elle « lit la coca ». Cela veut dire qu’elle lit dans le futur. Elle a aussi des visions la nuit. Elle m’a dit de prendre soin de moi, et de me méfier du grand soleil, car il pourrait me faire du mal. Je ne crois pas nécessairement en ces bonnesaventures, mais j’ai toutefois beaucoup de respect pour les connaissances ancestrales qu’elle possède, sur les plantes, le corps humain et la nature humaine. Les incas ne possédaient peut-être pas la roue et la poudre, mais connaissaient le temps, le corps humain et la nature 1000 fois plus que les espagnols. À leur arrivée, ils ont tué 50% des gens simplement en leur transmettant leurs maladie, et prirent le soin d’anéantir la grande partie du reste avec l’eau de vie, le sucre et les mines. On jetta dans les profondeurs des mines les sculpteurs, médecins et architectes, ne faisant aucune distinction entre les maestros et les paysans. On estime que la population allant du Mexique jusqu’à la pointe de l’Argentine totalisait 70 millions de personnes avant l’arrivée des espagnols, soit plus que l’Europe à ce moment là.

Les incas avaient trois principes de base, qui transpirent encore dans la vie des peuples indigènes: Tu ne voleras pas, tu ne mentiras pas et tu ne seras pas paresseux.

Photos variées

Le manque de temps au Café Internet me force à être plus-que bref…

En gros, ce sont les photos du projet: machine à compost! (La dernière photo montre un taxi avec 6 gros barils de 120 litres et Vanessa et Nadine empilées à côté du chauffeur ventripotant…) On construira aussi une pépinière sous peu. J’ai vraiment hâte!

Je me reconnecte sous peu. Promis