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On travaille fort sous le chaud soleil des Andes

Quelques mots pour parler du projet qui avance, pas à pas. On pioche, pelte, sarcle et racle toute la journée, au plus grand dam de nos coups de soleil. Il nous reste à peine 16 jours dans la communauté, il est grand temps de se grouiller le derrière.

Mardi et mercredi dernier, une grève nationale a paralysé le pays. Les gens d’Ayacucho étaient particulièrement fâchés au sujet des soldats américains. Des Finlandaises que nous avons rencontré se sont fait menacer de mort. Nous, en bons Amish, nous somme fait écoeurés par des morons en moto. Ce n’est pas grave, parce que je les ai menacé en retour avec mon rateau. En plus, je sais qu’ils vont brûler en enfer, pendant que notre vie pure nous mènera au paradis (haha).

Je dois aussi prendre mes deux jours de vacances. Je ne sais juste pas quand!

Amish Paradise



Amish Paradise – video powered by Metacafe

Armé de ma bédaine, de mon chapeau de feutre nouvellement acquis, de ma barbe de cou et de ma pioche, je fais très amish. J’ai alors décidé de rejetter la technologie, les boutons et de ne voyager qu’a cheval.

On a passé la journée à sarcler, amasser des pierres et à niveller la terre dans le but de préparer le terrain pour la construction de la pépinière. On a vraiment beaucoup de pain sur la planche. Le design sera approuvé ce soir, dessiné de ma main d’ingénieur raté. On prévoit un endroit pour la terre, le compost, un magasin pour ranger les outils et les semences, un système d’irigation (goute-à-goute, si le budget nous le permet) et bien évidemment 8 lits pour les milliers de plans qui y seront cultivés. On y fera pousser des roses jaunes, des grenadines, des avocats et d’autres plantes ornementales et fruitiers, comme ces sont ceux qui ont le plus de valeur. Le vrai défi réside dans l’engagement de la communauté à participer, surtout quand nous allons quitter. Ils devront entretenir la pépinière, et surtout aller vendre les plants au marché. La semaine prochaine, on construit une muraille de deux mètres de haut, afin de protéger les plants des esprits malveillants. Donc à la fin de cette semaine, on va aller faire du lèche-vitrine pour se procurer quelques milliers de briques!

Le temps file à la vitesse de l’éclair. Plus le jours s’écoulent, plus les liens s’approfondissent avec la communauté. Je sens que les adieux seront difficiles, plus que lors de mon départ du Chili qui avait été quelque peu morose. Plus qu’à peine 3 semaines pour bien profiter du stage, des montagnes, de macher la coca, de boire la bière au goût de caramel, sans oublier de se gaver de poulet. Je nous considère extrêmement chanceux d’être ici, pour une première année c’est une grande réussite à mon humble avis. Nous avons autant pu tisser de beaux liens avec des gens modernes et urbains, les membres d’Hatun Sacha et nos amies Mirla et Lily, autant qu’avec des gens très traditionels et intègres, comme la mère de famille où je demeure.

J’espère que nous pourrons quitter ce petit coin des andes dans la joie, en ayant préparé le terrain pour 4 années fructueuses de stages Québec Sans Frontières.

Un peu de pub

Pour ceux qui aurait envie de vivre une expérience extraordinaire:

STAGES QUÉBEC SANS FRONTIÈRES 2008-2009
Nous recrutons présentement DES STAGIAIRES (18 – 35 ans)
ainsi que DES ACCOMPAGNATEURS (21 ans et plus)

Relevez le défi !

Venez vous enrichir d’une expérience inoubliable d’initiation à la coopération internationale: découvrir d’autres horizons, connaître de nouvelles cultures, partager des valeurs humanitaires, etc.

Le CRÉDIL, en collaboration avec Québec sans frontières, offre quatre projets en 2008-2009 :

« Alternativas ecológicas en los Andes » au Pérou
« Aux portes de l’Amazonie » en Bolivie
« D’un fleuve à l’autre » au Niger
« Aux portes du Sahel » au Mali

Ce sont des séjours de 75 jours qui auront lieu à l’hiver 2009 (Niger et Mali) et à l’été 2009 (Pérou et Bolivie).
La date limite d’inscription est le 8 septembre 2008, minuit.

Pour connaître tous les détails ainsi que les conditions d’inscription, communiquez avec Maude Beauregard au (450) 756-0011 poste 226 ou par courriel à : stagiaire-oci@credil.qc.ca.

C’est eeeeeeen revenant de Ica

Tant de choses se sont passees depuis le deuil de la communaute. Le point le plus notable est sans doute notre depart pour la mi-stage.

Avant cela, nous avons eu la chance d’aller visiter les petits diables de la maternelle de Guaman Poma. On portait l’utopie qu’une pièce de théâtre sur le compost intéresserait des enfants de 5 ans. Ce ne fût toutefois pas si mal. La prof sait reconnaître lorsque les enfants sont completemnent ailleurs ou perdus, ce qui nous a passablement aidé.

Depart emouvant d’Ayacucho, tous nos amis y etaient. Les gens d’Hatun Sacha et nos amies les guides sont venus nous dire au revoir. Apres quelques coups de fils, un dernier tour au petit coin, nous etions fins prets a partir pour notre periple de 8 heures qui allaient nous mener dabord a Ica, puis, la ville d’ou j’ecris, Pisco. Le trajet a ete ardu… Le montee atteint 5000 metres, ce qui a tordu l’estomac de plus d’un de mes stagiaires. Moi, fidele a moi-meme, je dormais paisiblement… Je ne me suis meme pas rendu compte qu’une de mes stagiaires renvoyait…

Petite balade á 8 dans un taxi (plus nos gros sac a dos de randonnee) jusuqu’a La Huacachina, le temps d’attendre que le soleil se pointe le nez et nous nous retrouvions au milieu d’une oasis en plein desert. Un paysage magique, des dunes de sable fin a perte de vue, et une lagune boueuse qui ne donne pas le gout du tout d’aller s’y baigner. C’etait vraiment bizzare de se retrouver dans un lieu si touristique, entoure de gringos de notre espece. Ayacucho est si doux pour cela: pas de maudit touriste, ou presque.

Le temps de faire une saucette dans la piscine, monter les dunes de sable et remplir nos bottes de ce fin mineral, de prendre une douche chaude (oui enfin!), que nous etions deja repartis pour Pisco.

L’an dernier, au mois d’Aout, j’ai eu le droit a une bonne frousse lors du tremblement de terre de Pisco, parce que je ne savais pas si ma tres chere amie Karin, alors l’accompagnatrice du projet au perou pour le compte du CREDIL, ete revenue. Je lisais les rapports et les breves dans les journaux, et j’avais la chair de poule. Malgre les 11 mois qui sont passes depuis, la ville est encore loin d’avoir retrouve son eclat. Le paysage est en fait d’une desolation sans nom. Beaucoup de famille on simplement choisi de quitter, alors que d’autres ont pris leur courage a deux mains pour rester malgre tout. Ce n’est vraiment pas facile de voir le visage de la pauvreté ainsi, sous les tentes délavées remises au lendemain de la catastrophe. Depuis, plus rien. Les rues sont remplies de gravats, les édifices tiennent par la peur. On dirait que cette ville a été bombardée. C’est dommage, car on peut appercevoir des ruines, d’art déco ou colonial, de très bon goût.

Nous avons aussi rencontré des Québécois. Beaucoup de Québécois. Je crois que nous en avons rencontrñe 13 en 2 jours. Les plus rigolos étaient sans doute Lyne et Sophie, deux profs de primaire de Brossard. Lyne est partie, armée de sa connaissance pitoyable de l’espagnol, enseigner le français à Cusco. Nous les avons rencontré dans un restaurant sans mur, ni toit, à cause du tremblement de terre. Lyne, avec son rire gras et franc, ne laisse personne indifférent. Lorsque nous nous sommes revus, puis quittés, le lendemain de notre rencontre, elle nous a tous serré très fort et sincèrement, comme si nous nous connaissions depuis longtemps. C’était une belle rencontre chaleurese…

Nous avons aussi visité, suite à un combat de bras de fer (que je pense avoir remporté, yé!) avec l’agence qui organise les visites, les îles Ballestas et le parc national de Paracas. La visite consiste en une balade autour des îles où logent de nombreux animaux marins. Le petit hic, c’est que notre beau bateau qui empestait le gaz a connu de légers avaris de moteurs en haute mer. Nous avons du, mon groupe et moi, laisser derrière nous un groupe de coréens et notre bateau pour aborder un autre bateau qui passait par là. Puis, pour compléter le tout, le bus qui nous ramenait en ville a eu une crevaison à force de rouler sur des pneux usés jusqu¡au métal. Vive le pérou!

Demain déjà, on prend le bus vers Ayacucho. Les petites vacances sont terminées. C’est bien dommage, car je suis fatigué plus sinon autant qu’au début de ce périple. Certaines choses m’épuisent!