Tant de choses se sont passees depuis le deuil de la communaute. Le point le plus notable est sans doute notre depart pour la mi-stage.
Avant cela, nous avons eu la chance d’aller visiter les petits diables de la maternelle de Guaman Poma. On portait l’utopie qu’une pièce de théâtre sur le compost intéresserait des enfants de 5 ans. Ce ne fût toutefois pas si mal. La prof sait reconnaître lorsque les enfants sont completemnent ailleurs ou perdus, ce qui nous a passablement aidé.
Depart emouvant d’Ayacucho, tous nos amis y etaient. Les gens d’Hatun Sacha et nos amies les guides sont venus nous dire au revoir. Apres quelques coups de fils, un dernier tour au petit coin, nous etions fins prets a partir pour notre periple de 8 heures qui allaient nous mener dabord a Ica, puis, la ville d’ou j’ecris, Pisco. Le trajet a ete ardu… Le montee atteint 5000 metres, ce qui a tordu l’estomac de plus d’un de mes stagiaires. Moi, fidele a moi-meme, je dormais paisiblement… Je ne me suis meme pas rendu compte qu’une de mes stagiaires renvoyait…
Petite balade á 8 dans un taxi (plus nos gros sac a dos de randonnee) jusuqu’a La Huacachina, le temps d’attendre que le soleil se pointe le nez et nous nous retrouvions au milieu d’une oasis en plein desert. Un paysage magique, des dunes de sable fin a perte de vue, et une lagune boueuse qui ne donne pas le gout du tout d’aller s’y baigner. C’etait vraiment bizzare de se retrouver dans un lieu si touristique, entoure de gringos de notre espece. Ayacucho est si doux pour cela: pas de maudit touriste, ou presque.
Le temps de faire une saucette dans la piscine, monter les dunes de sable et remplir nos bottes de ce fin mineral, de prendre une douche chaude (oui enfin!), que nous etions deja repartis pour Pisco.
L’an dernier, au mois d’Aout, j’ai eu le droit a une bonne frousse lors du tremblement de terre de Pisco, parce que je ne savais pas si ma tres chere amie Karin, alors l’accompagnatrice du projet au perou pour le compte du CREDIL, ete revenue. Je lisais les rapports et les breves dans les journaux, et j’avais la chair de poule. Malgre les 11 mois qui sont passes depuis, la ville est encore loin d’avoir retrouve son eclat. Le paysage est en fait d’une desolation sans nom. Beaucoup de famille on simplement choisi de quitter, alors que d’autres ont pris leur courage a deux mains pour rester malgre tout. Ce n’est vraiment pas facile de voir le visage de la pauvreté ainsi, sous les tentes délavées remises au lendemain de la catastrophe. Depuis, plus rien. Les rues sont remplies de gravats, les édifices tiennent par la peur. On dirait que cette ville a été bombardée. C’est dommage, car on peut appercevoir des ruines, d’art déco ou colonial, de très bon goût.
Nous avons aussi rencontré des Québécois. Beaucoup de Québécois. Je crois que nous en avons rencontrñe 13 en 2 jours. Les plus rigolos étaient sans doute Lyne et Sophie, deux profs de primaire de Brossard. Lyne est partie, armée de sa connaissance pitoyable de l’espagnol, enseigner le français à Cusco. Nous les avons rencontré dans un restaurant sans mur, ni toit, à cause du tremblement de terre. Lyne, avec son rire gras et franc, ne laisse personne indifférent. Lorsque nous nous sommes revus, puis quittés, le lendemain de notre rencontre, elle nous a tous serré très fort et sincèrement, comme si nous nous connaissions depuis longtemps. C’était une belle rencontre chaleurese…
Nous avons aussi visité, suite à un combat de bras de fer (que je pense avoir remporté, yé!) avec l’agence qui organise les visites, les îles Ballestas et le parc national de Paracas. La visite consiste en une balade autour des îles où logent de nombreux animaux marins. Le petit hic, c’est que notre beau bateau qui empestait le gaz a connu de légers avaris de moteurs en haute mer. Nous avons du, mon groupe et moi, laisser derrière nous un groupe de coréens et notre bateau pour aborder un autre bateau qui passait par là. Puis, pour compléter le tout, le bus qui nous ramenait en ville a eu une crevaison à force de rouler sur des pneux usés jusqu¡au métal. Vive le pérou!
Demain déjà, on prend le bus vers Ayacucho. Les petites vacances sont terminées. C’est bien dommage, car je suis fatigué plus sinon autant qu’au début de ce périple. Certaines choses m’épuisent!