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Si un jour vous avez une décision importante à prendre, ne me consultez pas.

Je suis un idiot (bis). En fait, j’ai appris quelque chose d’important aujourd’hui. Si les locals ne font pas quelque chose, il y a probablement une raison qui explique cela.

À cause du fait que je ne connais pas vraiment de Suédois, j’ai du prendre la décision d’aller à Falun en vélo en regardant… google maps. Ça me semblait facile. En plus, je me suis dit que les villes de Borlänge et Falun sont tellement unies, et que les Suédois en général sont tellement sportifs, qu’il devait bien y avoir un chemin qui unisse facile par vélo ces deux villes… Belle supposition.

Une fois que les environs de Borlänge quittés, je me contentais de suivre les indication pour Falun, jusqu’à ce que je me retrouve face à l’autoroute… Je trouve finalement une petite pancarte annonçant la piste cyclable, que je me suis empressé d’emprunter. Quelques kilomètres plus loin, à force de ne pas voir d’autres fameuses petites pancartes, j’ai du arrêter un des rares cycliste pour lui demander ma route. Avant de me répondre, avec le même regard du charmeur dans un bar, le gars a regardé de bas en haut… mon vélo. Puis, il m’a demandé pourquoi est-ce que je voulais aller à Falun, étant donné qu’il y a des bus et des trains. Pour le plaisir lui ai-je répondu… Il a alors rétorqué que je devrai faire 25 kilomètres dans les montagnes, dans la gravel, bref dans des conditions pas super pour un vélo sans vitesse. Avant de se laisser, il m’a dit qu’il espérait que je ne comptais pas revenir ce soir, car j’en avais pour un bon 3 heures…

J’ai donc été un peu enthousiaste avec cette histoire de vélo. Mais je me suis rendu! Et plus important, je suis revenu! (Donc 50 km de montagnes avec un maudit vieux vélo, hourra!) Très bucolique, le paysage est très naturel, la fraicheur des bois me rappelle fortement la belle province.

Le chemin du retour a été encore plus ardu, car je n’arrive plus à retrouver ma route. Je demandais à tout le monde que je pouvais, je suis même allé jusqu’à faire la file dans un supermarché pour demander à la caissière (qui fût ma foi très surprise de mon plan). Personne ne fait ce trajet en vélo, ce qui engendre donc la situation où personne ne connaît la maudite route! J’ai même arrêté des voitures sur ma route, pour leur demander mon chemin. Il doutaient un peu de moi, comme si j’étais un psychopathe du fond des bois…

La ride a toutefois valu la peine. Nadezda et moi avons cuisiné un petit gâteau aux pommes et avons refait le monde autour d’une tasse de thé.

Et juste pour mon père, je partage avec vous, très chers lecteurs, une merveille suédoise (je blague tout de même). Ce hit fait tout un tabac en Europe depuis un long moment (Ce clip compte plus de 12 000 000 de visionnements sur Youtube…). J’aime particulièrement la passe de mIRC et surtout le pédalo. Enjoy!

Pourquoi la Suède?

Question simple, faisant partie inévitablement partie de toute bonne partie de small talk, mais qui s’avère importante.

Il y a plusieurs mois, dans mon processus de préparation, une personne d’origine pakistanaise (il me semble) m’avait envoyé un message (demi-missive) sur un forum de discussion, protestant contre le fait que quelqu’un qui soit citoyen d’un pays développé n’ait pas vraiment besoin d’aller en Suède afin de recevoir une bonne éducation.

Aussi, à quoi bon laisser un monde que j’aime et qui me traite bien? Pourquoi se projetter dans le vide?

Je sais que c’est un peu dur à concevoir, mais c’est essentiellement parce que ce pays me fascine.

Je discutais avec un « Maas » (le groupe de fous qui nous initie présentement), parce que je voulais savoir comment est-ce que les Suédois nous perçoivent. On est toute une gang de free-riders au fond, et ça me tracasse. On utilise des infrastructures de première qualité, nous étudions à l’université pour techniquement pas un sous… Essentiellement, je paye les taxes à la consommation (22% je crois), mais ce ne sera jamais suffisant pour couvrir le coût des services que j’utilise. Je connais des girouettes au Québec qui grimperaient dans les rideaux à voir ce que la société suédoise est prêt à assumer culturellement et financièrement. J’ai envie de tirer mes propres conclusions de ce pays, j’ai envie de pouvoir l’analyser.

Le sommeil m’appelle avec un porte-voix géant… Il faut toutefois savoir que je me suis couché et les gens partaient travailler ce matin…

Sur une note musicale (scandinave, bien entendu), le merveilleux Erlend Øye (Norvège) et son comparse, qui forment le groupe Kings of Convenience…

J’occupe l’échelle sociale suivant le vide total.

Depuis quelques jours, ça n’arrête plus. J’ai même de la misère à suivre le rythme…

Les Suédois ont la réputation d’être des ivrognes et des fêtards: Je confirme le tout. Même pour la maîtrise, on inititie tout le monde ici. C’est très bien compte tenu du fait que la tradition du « frosh week »  n’est pas très répandue en Europe.

Donc, pendant deux semaines, une trentaine de Suédois et Suédoises sont déguisés avec une chienne de mécanicien couverte de « patch », en plus des indispensables verres fumés. Ils crient, sans arrêt, parce que nous sommes des NØllan (Zéros), soit juste après le « Total Vacuum ».

Party tous les jours, bbq avec saucisses à profusion, bière de mauvaise qualité, danses ridicules, bref une vraie initiation. C’est très bien quant à moi, puisque nous faisons la connaissance de beaucoup de gens, surtout de Suédois, puisque nous sommes surtout isolés entre étudiants étrangers. Comme disait Félix, les désunis s’assemblent…

J’ai eu mon premier cours ce matin, Macroéconomie, avec un personnage rigolo comme prof. C’est vraiment exactement le même contenu que les cours que j’ai eu en troisième année à HEC. Je n’aurai donc aucune raison d’être nul…

Samedi, je m’enligne pour une belle balade avec « La rutilante » (ma bécane) jusqu’à Falun (prononcez Faaaaaaaaalun), où demeure une russe de Sibérie dont j’ai fait la connaissance sur Facebook dans le processus de recrutement pour la maîtrise à Högskolan Dalarna. Ce sera donc l’occasion de prendre mon temps, prendre des photos dans la campagne suédoise entre deux coups de pédalier, pour finalement partager une tasse de thé avec quelqu’un qui semble très gentil.

À propos Russie, voici un petit vidéo fantastique de la très talentueuse Regina Spektor:

Quelques photos…

À propos photo… La semaine prochaine j’irai chercher les produits chimiques dont j’ai besoin pour développer mes négatifs dans… ma salle de bain! Comme j’ai hâte!

Liberté

À Montréal, de la fonte des neiges jusqu’au retour des glaces, il n’y a pas une journée où je n’enfourche pas ma bécane pour sillonner toute la grande île. Plus rapide que le métro, bon pour la santé et pour l’environnement, c’est bien difficile de trouver des aspects négatifs à ma vieille féraille qui a déjà appartenu à mon grand-père maternel.

Je regardais donc avec beaucoup d’envie tous ces gens qui me dépaissaient au volant de leurs vaillantes montures. Je me trainais les savates, en pensant à quel point on avance trop lentement en marchant. Ce temps est révolu mes amis! Ohhh que oui.

Après avoir fait le tour des magasins et d’avoir observé des prix abusifs (donc suédois) pour des vélos neufs de qualité très moyenne, je me suis résolu à trouver une alternative. Blocket.se est l’équivalent suédois de Craigslist.org, qui permet de trouver des petites annonces par région et ce sans frais pour qui que ce soit. J’ai trouvé une petite annonce qui me convenait, une vieille bécane à un prix raisonable pour la Suède (1000 couronnes, soit 160$). J’appelle le gars, un certain Roger (?!?), il ne parle pratiquement que le suédois, pour finalement comprendre que les vélos qu’il annoncait sur Internet sont déjà vendus mais qu’il pourrait possiblement en avoir un autre. Il me rappelle 10 minutes plus tard pour me dire qu’il est en route vers chez moi…! Je patiente donc un peu sous la pluie pour finalement le rencontrer dans sa vieille Volvo rouge. Tellement, mais tellement typique! Gros gras, tatoué jusque dans le cou, de type Heavy Métal Scandinave, qui n’a pas tellement l’air d’un passionné de vélo… Au risque d’être accusé de recel, j’ai quand même acheté la vieille bécane. Lorsque je lui ai remis les billets, il a regardé furtivement aux alentours et il a vite quitté à bord de sa bagnole…

Je suis donc le fier proprio d’un vélo de type hollandais, sans vitesses, avec freins à rétropédalage avec la sonnette qui vient en équipement de série…

JE SUIS TELLEMENT CONTENT!

РОССИА

J’apprécie déjà franchement mes amis ici, surtout mes amis de « l’est ». Un peu par nostalgie, beaucoup par affinité, je sens que je m’attache peu à peu.

Tout cela me porte à réfléchir sur ce qui m’intéresse dans l’esprit slave, parce que même après avoir quitté la Fédération russe depuis plus d’un an, ce pays me hante toujours profondément. Un jour, assis sur le plancher froid des résidences en Russie, je discutais avec mon confrère et ami Cédric. Il me disait à quel point les gens qui ont la piqure de ce pays développent une relation tout à fait particulière avec cette terre isolée, une relation qui tient de l’amour-haine. Autant comme je repense aux atrocités dont ce pays est capable, autant je ressens la force de caractère et la fougue de ce peuple. Tous les jours, je parle en russe, anglais, allemand, espagnol (et un peu de français) je vis avec ces gens d’un peu partout dans le monde,d ans cet univers sur-réaliste, et ce a quoi je pense, c’est de retourner dans ce pays de fou que j’adore. Je dois sûrement être à l’image de ce pays un peu fou moi-même. Je sais très clairement que même si la situation hautement hypothètique de trouver un emploi clé en Russie se réalisait, je ne pourrais marginalement rien faire bouger dans ce pays millénaire. Non pas parce que ce pays ne veut pays bouger, mais plutôt parce que je ne serai jamais un russe, un vrai. Je me dis parfois que ce qui m’attire au fond, c’est le sentiment que de changer les choses, les mentalités, la société civile, les droits humains, l’environnement en Russie pourrait avoir un impact potentiel tellement important, compte tenu du point de départ. Je crois que c’est ce qui me passionne, le potentiel et la décadence de ce pays, l’aventure au sein de mes valeurs.

Entre temps, si je veu me rendre vivant jusqu’au jour où je retournerai dans ce cher pays, je dois édulcorer mes propos et économiser mes sous… Je me rends compte que je n’ai perdu en rien mon franc parler à l’endroit des russophones, et qu’eux non plus, qu’elle que soit leur origine (du moment qu’ils soient investis par l’âme russe, la fameuse Russkaya Duscha) ne se laissent pas marcher sur les pieds.

PS. Je trouve mes posts tellement plus nuls que ceux que je produisais en Russie… Peut-être parce que je prennais le temps de m’informer davantage sur les sujets de fond… Je vais travailler là-dessus. promis.