La région de Dalarna est peut-être le centre de la Suède et de la Scandinavie, mais c’est loin d’être le centre du monde. Et c’est bien parfait comme ça.
Je dois assumer mes décision, et c’est ce que je fais. J’ai été accepté dans un autre université (Lund), infiniment plus grande, dans le sud de la Suède. Déjà que j’attéris dans un endroit où je ne connais pas un traitre mot de la langue ni personne, je préfère largement un endroit qui soit à portée d’homme, que je puisse bien connaître, où je puisse rencontrer des gens que je connais dans les rues.
Mon étude socio-psychologique de la Suède a avancé d’un (grand) pas dans les derniers jours. Nous sommes sortis deux jours d’affilé dans des discothèques (les seules) de Borlänge. L’attitude des Suédois, particulièrment des Suédoises, me rappelle celle des Finlandais et des Allemands du Nord dans une certaine mesure. Autant comme dans la vie de tous les jours ce sont des gens très sérieux et pognés, autant comme l’alcool les déchaine dans la déchéance…
Et pour ceux qui adorent m’agacer, je désire confirmer le tout. C’est très vrai que la grande majorité des Suédoises (du moins, de ce que j’ai pu voir jusqu’à maintenant) sont grandes, jolies et très blondes. Un genre de blond blanc, assez étrange tant qu’à moi. Je dois admettre que je fais pitié en terme de références à la culture suédoise, qui se limite pratiquement aux joueur de Hockey de la LNH. Donc, oui, je trouve que les filles ressemblent à Mats Sundin, mais avec plus de cheveux.Toutefois, je dois dire en toute humilité que je ne me sens pas attiré outre-mesure par ces beautés du Nord. La sévérité des traits et leur sérieux les rendent innacessibles, voir dures. Enfin. Entre les Français qui jouent la séduction totale, les turques qui font la loi dans la basse cour et les autres, moi, totalement sobre sur la piste de danse où le musique bat au rythme des plus grands hits techno, j’observe la chasse humaine qui a lieu. Les macaques, les gars agitent lamentablement le peu de phéromones qu’ils dégagent. Pendant ce temps, les dames, peintes des pieds à la houppe, tentent de confirmer le fait que les chimpanzés devant eux sont bien des chimpanzés.
En parlant de hit nullissime suédois, en voici un excellent exemple:
J’habite dans un immeuble nommé Locus, au milieu d’un développement urbain nommé Tjärna Ängar. En plus de la quelque centaine d’étudiants étrangers qui y habitent, on y croise de très nombreux immigrants. C’est tout de même un petit choc de croiser des femmes en Burka ou des Soudanais aux membres manquants. Les immeubles (mis à part celui où j’habite) sont tous identiques, et me rappellent vaguement les champs d’édifices dans la campagne polonaise. C’est donc un petit ghetto à part de la ville tout aussi petite.
J’ai hâte d’explorer les environs, nager dans l’eau glaciale des lacs, connaître mes tout petit monde. J’ai surtout hâte de parler suédois, de pouvoir simplement converser avec les gens, et ultimement me trouver un petit boulot…
Bon je sais à quel point c’est décevant, je n’ai même pas encore donné des informations sur mon nouveau chez-moi, je n’ai même pas posté une seule petite photo, et je commence par une nouvelle aussi plate.
Mais je suis fier de mon coup. Ohhh que je suis fier. J’ai gossé toute la journée pour ça, et là, il est 3:03 du matin et j’ai réussi. J’ai malheureusement pour ça déjà une mini-réputation de geek. Je m’explique: Mon silence des derniers jours et mon dernier article à moitié terminé sont dûs au fait que je n’avais simplement pas accès à Internet. Entre-temps, j’ai reçu ma carte magnétique à l’université qui me donne accès à l’autoroute de l’information. Ce n’est toutefois pas suffisant pour moi, qui est pratiquement branché avec un fil d’internet haute vitesse dans le derrière. Il est possible de commander une connection internet aux résidences, mais cela prend du temps et coûte pas mal d’argent. J’ai vu qu’il y avait plusieurs réseaux sans-fil au résidences, qui sont malheureusement tous sécurisés. Mon grand et svelte ami Jean-Christophe m’avait déjà dit qu’il était possible de cracker les réseaux sans-fil. Il ne m’en fallait pas plus pour me donner la détermination pour gosser passablement longtemps pour cracker cette foutue clé WEP d’un de mes voisins.
Et si je peux écrire sur mon blog, c’est que j’ai eu raison de la sécurité du réseau de mon voisin, à l’aide des programmes de la suite Aircracker et de mon fidèle laptop sur Linux. Yééé
Dans un TOUT autre ordre d’idée, je voulais dire que je suis bien rendu dans cette petite ville du nom de Borlänge. C’est vraiment super tranquille, mais c’est parfait pour moi. Première chose qui m’a frappé: Y’a du chinois en criss dans le coin. C’est fou. Le grand Pékin s’étend jusqu’à la compagne suédoise, croyez-moi. Je crois que 70% des étudiants étrangers sont chinois, et 95% des gens avec qui je partage une aile des résidences. Tellement, quand dans la cuisine commune, il n’y a qu’une seule fourchette et une bonne vingtaine de chop-sticks…
Finalement, je n’ai pas encore commencé les cours, mais le tout devrait avoir lieu mardi. Entre temps, on apprend à connaître la petite ville. En terme québecois, la région ressemble au côté typique et préservé de charlevoix, avec les rivières et les lacs du Saguenay Lac-St-Jean. Disons qu’il y a 3 bars, et un d’entre eux était complètement vide tout à l’heure.
Il y a un bon nombre d’étudiants étrangers, qui viennent soit ici pour un échange Érasmus ou pour réaliser l’ensemble de leurs études (comme dans mon cas). Il y a des gens d’un peu partout: Chine, Ukraine, France, Finlande, Allemagne, Espagne, Kazakstan (non, ce n’est pas Borat), un autre canadien en plus de moi, etc. Au sein du programme où j’étudie, il y a une tonne de chinois, Nader (l’autre sympathique Canadien) et Katja, une lethonne. En dehors des activités scolaire et para-scolaires, je me retrouve plus souvent qu’autrement avec ma gang FSU (Former Soviet Union)… On parle un mélange de russe et d’anglais, avec les ukrainiens, lethons, lituaniens, etc… Je ne saurais dire pourquoi est-ce que les choses virent ainsi, puisqu’il y a plein d’autres gens sympas. J’imgine peut-être que leur franchise (et la dureté qui vient avec) me plaît. Ils ne font pas de façon, il est inutile de chercher le couteau sous la politesse. Maudit que j’ai hâte de retourner en Russie.
J’ai encore des tonnes de choses (bénignes) à raconter, mais je suis crevé. Je dois aller dormir avant que le soleil ne se lève…
Après des adieux difficiles, au terme de plusieurs au-revoir tout en sachant vaguement le moment où je reviendrai (et c’est à savoir si eux, seront là), je suis parti.
Peu de gens semblent vraiment bien me comprendre à travers ce nouveau projet. Quand ce n’est pas un oncle qui me dit que c’est pour les Suédoises, une connaissance qui ne comprend pas l’utilité d’apprendre le suédois et un prof qui me questionne sur la réputation des universités de Suède, je me sens un peu seul. Je ne suis toutefois pas vraiment inquiet, car au milieu des désunis, je serai roi.
Ce fût donc une course folle pour se rendre en Suède. J’écris ces lignes dans le terminal 2F de l’aéroport Charles de Gaule, en attendant mon vol pour Stockholm. Originalement, je devais prendre un vol de Montréal vers Newark, puis vers Stockholm (avec Malaysia Airlines, juste pour faire exotique). Finalement, le maudit avion qui devait partir de ma belle ville se faisait largement attendre. Puis, vint l’orage qui clouat les aéronefs au sol pendant de longues minutes, Finalement, une fois l’avion arrivé, ils ont découvert un problème mécanique qui devait être réparé sur le champ. Quatre belles heures s’étaient déjà écoulées depuis l’heure où l’on devait normalement s’embarquer pour Newark, et cela faisait en sorte qu’il était impossible que j’arrive à temps pour mon vol pour Stockholm. Au terme de nombreuses discussions avec le personnel, où je faisais valser la diplomatie et la violence (c’est une blague, je ne ferais jamais ça!), j’ai finalement pu changer sans frais mon billet pour rejoindre Stockholm. J’ai donc hérité d’une belle place à bord d’Air France, en passant par CDG, à mon plus grand plaisir. Le service est impécable et les appareils sont à l’heure! Bon vin en prime…
Je suis heureux de repartir, malgré tous les déchirements que cela impose. J’apprécie vraiment les gens qui m’entourent et je donnerais tout au monde pour ne pas les perdre. Toutefois, j’ai une flamme intérieur, un appel qui me motive à foncer, car le jour où je ferai mon nid, je devrai m’occuper de mes marmots. Je veux me réaliser, j’ai soif de vivre.
Le but de tout cela n’est pas d’avoir LA grosse job, gros salaire, grosse cabane, grosse bagnole. Ceux qui me connaissent savent que je n’attache aucune importance au luxe, peut-être juste un peu à des collections hétéroclites tel que de vieux vélos ou les appareils photo en plastique ou soviétiques. Plutôt, je rêve du jour où je pourrai discuter, rencontrer de nouvelles personnes, sans les juger. C’est l’ethnocentrisme, c’est le fait d’être incapable de vivre à travers la vision de l’autre qui nous rendent aussi bornés et racistes. Parce que Oh oui nous sommes tous racistes, moi le premier. Pas raciste dans le sens que j’insulteras les gens d’origine autre que la mienne, loin de là. Plutôt, c’est le fait d’attribuer les différences de comportement à l’origine ou la couleur. Certains le dissimulent plus que d’autres, mais secrètement, nous jugeons tous un peu en silence. Les récents événements de Montréal-Nord m’ont captivé, me clouant au téléviseur jusqu’à 3 heures du matin. Je demeure persuadé qui si les petits bums de Montréal-Nord avaient été blancs, les grosses polices n’auraient pas été si vites sur la gachette. C’est tellement évident, la voix raciste en eux est si mal dissimulée que je l’entends jusqu’ici. On assiste à un sanglant combat à terminer entre deux factions qui semblent toutes deux vouloir jouer au tough. Je peux comprendre les jeunes dominicains et haitien, partit de zéro (même -10, dans les cas de discrimination). Devoir quitter son pays au bord du gouffre et avec la société en haillons, on ne le fait pas pour le plaisir mais bien par dépit. Du côté de la police, je ne peux pas m’exprimer étant donné mon ignorance des processus de formation, des ateliers sur les aspects muliculturels et de tout le processsus d’éducation pour devenir une grosse police.
J’ai peine à réaliser que l’aventure se termine vraiment. Notre quotidien ne sera plus le même. Les rues, le quechua mélangé à l’espagnol, les 10 000 visages du Pérou ne seront que du passé. ll faut savoir vivre les choses pleinement, et reconnaître que ce genre d’immersion ont une fin. C’est bien beau à dire, mais c’est moins facile à vivre.
Les derniers jours sont durs, non seulement au niveau des adieux, mais bien au niveau du groupe. Nous avons roulé la pédale au plancher pendant de nombreuses semaines, pour finalement ouvrir la soupape quelques jours avant notre retour. Les petits bobos ressortent, qu’ils soient intérieurs ou physiques.
Nous avons tout de même beaucoup de chance de relaxer ici, à Huaraz. Nous avons longuement hésité entre plusieurs destinations (Cusco, Arequipa) pour finalement opter pour ce camp de base d’une longue cordilière enneigée. Bons restos (végé!) et douches chaudes nous font le plus grand bien.
Pour ma part, j’ai hâte de retrouver les miens, de profiter du lac au chalet, en plus de penser fort à mes jouets qui m’attendent à la maison (une FED-3, un posemètre Gossen Luna-Lux, sans oublier mon Eeepc!)