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Anti-Tourisme

Je fais absolument l’opposé du circuit touristique: Sieste sur les quais de Kallio, paresse dans un champ peuplé de grillons, cidre anglais devant une lecture politique…. J’adore Helsinki!

An other day in Paradise

Le soleil continue de briller sur la capitale… en voici les conséquences:

Une belle découverte, gracieusement offert par Tommi Ekstrand: The Nationals

Sun

C’est sur la pointe d’une île, elles sont nombreuses dans l’archipel, que j’écris ces mots. Le soleil disperse sa chaleur, pendant qu’une brise régulière repousse mon toupet toujours dans la même direction. C’est Xavier Dolan qui serait désemparé.

Je pense à tous ces gens. Tous ceux que j’ai laissé dernière moi, à Montréal ou ailleurs. Toutes celles que j’ai aimé, tous ceux que je rencontre tous les jours, le temps d’une sourire ou de mille bières, et je souris. Je m’exalte tellement devant la vie, je n’en reviens pas. Les Finlandais que je côtoie ici m’en ont glissé mot: Can’t you just stop loving everything and everybody? À la blague, bien entendu. Je crois en fait qu’on récolte ce que l’on sème, car les gens sont si bons avec moi. Si généreux. Et j’ai juste le goût de renchérir.

C’est ça le bonheur. Discuter de littérature avec la vieille dame de la section pour enfants, discuter de design de téléphones suédois des années 60 avec un vendeur bedonnant de marché aux puces alors qu’il mâchouille une cure-dents, entretenir 12 000 correspondances partout à travers le monde. J’aime ça.

Mais j’ai peur. Que ferais-je après ces études? Du 9 à 5 dans un bureau de comptable? Hahaha, vous me retrouverez en bas du pont Jacques-Cartier, c,est pas mal certain…

Je rembarque sur ma bécane pour d’autre clichés….

Day 1 in Hell

Helsinki est encore mieux que dans mes souvenirs. J’ignore si c’est en fonction d’une conscience sociale ou écologique, mais les rues sont bondées d’antiquaires, de boutiques second hand. J’y passe mes journées, aux côtés d’inconnus sentant un peu trop le patchouli.

Mes retrouvailles avec mes vieux copain Tommi se sont passées à merveille. Il habite  un petit (mais grand pour le centre-ville d’Helsinki) appart fonctionnel près du centre. Je marche la ville, à mon rythme. Ce n’est pas très grand et j’ai tout mon temps. Tommi travaille fort (!) de jour, je découvre donc Helsinki par moi-même, en gré des aléas de ma Canon.

Nous avons fini la soirée dans un bar appartenant à Aki Kaurismäki, grand réalisateur finlandais. Un petit trou, inconnu de tous, appelé Moskva. Décoré à la russe, nous sommes entré et c’était plutôt vide, il n’y avait même pas de musique. Les gens prennaient leur bière en silence, dans la mi-noirceur. Puis lentement, les habitués s’y entassaient, au son de hits soviétiques des années 70 que la large serveuse avait choisi de faire entendre. Alors que nous sirotions une de nos dernières bières, un homme en complet est entré et s’est dirigée directement vers l’amie de la copine de Tommi, qui était assise à côté de moi. L’homme de 62 ans, qui allait bientôt nous raconter sa vie de long et en large, lui a offert un drink qu’elle a bien entendu refusé. Il s’est ensuite rendu compte que j’étais le seul non-finnophone. Il s’est mis à radottes plein de trucs, dont le fat qu’il a un ami polonais. Puis, il m’a demandé de où je provenais. Je lui ai répondu Pologne, avec une envie de niaiser le vieux monsieur enhivré. Il s’en est alors suivi un discussion un peu trop longue avec nous, tout en soutenant mon mensonge inutile. J’ai même du leur donner des petites leçons de prononciation polonaise, à la demande de l,homme, qui est en fait haut fonctionnaire au ministère des finances (il nous a tous donné sa carte). En partant, je l’ai salué en finnois et je l’ai prié de bien vouloir nous excuser, et il nous a envoyé promener, probablement parce qu’après une heure de déblatération, il n’avait pas encore terminé de nous raconter sa vie…

Belle finlande!

Ôde aux survivants

À la lecture de l’archipel du Goulag, d’Alexandre Solzhenitsyn, j’ai eu une petite révélation.

Certaines connections se font dans mon esprit, sans que je ne sache pourquoi. Puis, le raisonnement vient parfois. Parfois pas. Cette fois, c’est comme si j’avais trouvé une certaine ligne directrice dans mes intérêts. Je suis fasciné par les survivants.

Les Russes. Leningrad, 1933. Un quart de la ville a été purgé, pour des raisons aussi bénignes que de posséder des parents à l’étranger. 1945. La ville a été assiègée pendant 3 ans. Rien n’en sortait, rien n’y entrait. Des milliers de personnes ont péri. Et c’est exactement là que je me trouvais en 2007 et en 2009. Comment ces gens ont-ils survécu un tel calvaire, une telle dose d’inhumanité. Voilà ce qui me fascine. Comment mes amis, eux qui ont le cuir si dur et un coeur si tendre, ont-ils été éducqués dans un tel contexte?

Même chose pour l’expérience du Pérou. Le sentier lumineux, aux intentions louables mais aux fins destructrices, a été mise responsible de la mort de 70 000 personnes au coeur du berceau de la civilization inca. Ceux qui survivent à un tel masacre, aussi recent, sont marqués pour la vie. Comment est-ce que cela influence l’âme d’un peuple?

Fascinant tant qu’à moi.

Qui sommes nous pour les regarder de haut?