C’est ainsi que la vie continue. Les posts sur mon blog se font rare, tout comme la lumière dans mon hiver suédois. Mais les journées allongent, l’énergie revient, les journées sont plus faciles.
Dans un mois jour pour jour Ira et moi serons au Québec. Vision presque surréaliste, nous visiterons mon patelin, profiterons des amis et des amis, nous nous prélasserons au chalet. Escapade bien méritée après ces semaines de 6 jours, s’étirant du matin jusqu’èa tard le soir, interminable préparation de cours et rédaction de thèse. Le tout m’enchante toutefois, ponctuant mes jours de travail ardu pour finalement m’envoler vers la Finlande tous les 10 jours.
Si ce n’était que de son éloignement et de sa petitesse, Borlänge a ses charmes. J’appécie les gentillesse des gens, la bonté de mon patron, les grandes forêts pour déconnecter. Ira est toute chanceuse sur cet aspect, le condo qu’elle a acheté se situe à la limite de la ville et de la campagne, offrant le meilleur des deux mondes.
Pour la première fois de ma vie, je me sens vieillir. Oui oui, 24 ans et toutes mes dents, je sens que les années de l’adolescence sont bien loin, que je ne peux manger une pizza entière pour déjeuner, que l’hiver m’enrobe un peu plus, que les geules de bois (si peu fréquentes! Sans farce…) sont plus misérables. Je gagne en sérieux aussi. Bonne blague me direz-vous, mais je vois une certaine différence avec le passé, où je pouvais dormir 3 heures par nuit tel Grégory Charles et performer comme jamais. Cette semaine, alors que j’avais passé 23 heures debout tout en sautant des repas et en ne dormant que bien peu, je me suis senti faillir alors que j’enseignais. Des étudiants m’ont dit que je suis devenu tout blême…
Le temps qui s’écoule me subvertit. J’ai accordé une entrevue à la radio nationale, Svenska Radio, sur la discussion d’exiger des frais de scolarité pour les citoyens hors-UE. Durant cet entrevue, j’ai dû utiliser 3 fois le mot « efficience », 4 fois le mot « compétitivité », tout au poivrant le tout des mots « abus » et « amélioration de la qualité ». Je suis toujours de gauche, mais mon vocabulaire devient tellement celui d’un économiste… Autre aspect de ma subversion: mon panier d’épicerie. À mes débuts ici, je tentais de manger comme j’y étais habitué (tofu, tartinades variées, humus, legumes et fromages a profusion). Or, en plus de ma coûter un bras et une jambe, soit que les légumes avait l’air du diable ou que je n’arrivais simplement pas à trouver mes ingrédients. Je me souviens aussi d’avoir chialé sans borne contre cette masse brune et dure qu’ils nomment le pain.Hé bien, à quoi il ressemble mon panier d’épicerie après 19 mois en Suède? Poissons marinés en quantité (le hareng à la moutarde est mon dada actuel), concombre à déguster en fine tranche en guise de substitut à la laitue et craquelins aux formes diverses. J’ai même poussé l’audace jusqu’à enfreindre mes convictions oenologiques: j’ai acheté mon premier vinier (boite de vin) hier. Les Suédois en raffolent, spécialement à cause de son prix plus bas. Oh misère…
Je saurai sous peu (mardi en fait) si je me dirigerai vers la Finlande pour un moment, afin de réaliser un stage auprès du Finnish Forest Research Institute. Projet en communications Web, j’espère vraiment l’obtenir.
Sur ce, je pars marcher au travers des champs pour aller rejoindre mon pote Nono. Il a acheté le jeu NHL 2009, je me ferai donc un plaisir de lui casser les reins à ce jeu fantastique.
Cheers!