Je regardais les arbres chez mes parents, parsemés tout autour de la maison familiale. Je pouvais passer des heures à jouer dehors, à me faire « des cabanes », à bricoler des grills en branches pour m’imaginer que je faisait cuire des tranches de pommes. Ces arbres, je les connais. C’est là que je m’asseyais, à regarder les enfants se rendre à l’école, alors que je n’étais pas assez vieux pour y aller. Je les ai soigné alors qu’ils se remettaient difficilement du passage des excavatrices et autres machineries lourdes issues de la construction.
Je les regarde, fiers et droits, et ils sont littéralement devenus énormes. Des chênes, des érables rouges, à Giguère, ils sont partout et en voie de devenir des séquoias. Je les regardais, avec leur sagesse, et je réfléchissais. Je reconnais à peine les arbres que j’ai vu grandir, jour après jour. Un peu à l’image de ma vie montréalaise décousue, je pars et je reviens, mais mon monde n’est pas comme ces arbres. Mes amis qui me sont si chers, je les revois, et rien ne change, malgré mon ingratitude vagabonde. Je ris à gorge déployée, je m’émerveille, ils m’allument.
Pour demeurer dans le thème arboricole, mes racines sont ici, et elles sont profondes. Le chapitre qui s’amorce dans ma vie sera, je l’espère, le dernier à me déraciner. That’s here where I belong.
Encore une petite semaine, et je serai dans l’aéronef qui me transportera vers mon pays d’adoption. Une grosse bouchée arrive, mais je ne me laisse pas abattre.
C’est juste si dur de se faire teaser par sa terre natale, et de repartir, juste quand ça commence à être le fun. Je me baladais cette semaine, tard la nuit, seul, dans Villeray. Probablement avec l’album de Misteur Valaire ou The National, à tue-tête. Et bon sang que je me sentais chez moi. Et il n’y a rien qui puisse égaler ça, le sentiment de se sentir chez soi.
Les grosses chaleurs se sont enfin calmées, pour laisser la place à ce beau temps typique du mois d’août, avec le vent chaud et les après-midi rêveurs.
Semaine chargée, avec le marathon des au-revoir, je cours comme un tête sans poule.
Samedi et dimanche, pur plaisir avec Osheaga. Yeah!
Quelques photos d’une escapade au Marché Jean-Talon avec Myriam, Serge et son superbe gite du passant ainsi qu’un souper entre vieux copains.
Les conservateurs ne cesseront de susciter en moi une vive colère.
Maxime Bernier, libertarien et ancien VP l’IEDM, pousse de petits cris stridents contre « les élites ».
À la lecture de la lettre d’opinion de Maxime Bernier dans La Presse, je ne peux qu’être épaté par son ignorance. En bon soldat, il rapporte les sottises méticuleusement concoctées au Privy Council. Le député Bernier, non-pas sans tache avec l’affaire Julie Couillard qui l’avait démis de ses fonctions de Ministre, soutient qu’il » [n'est pas] justifié de forcer les gens à répondre à des questions importunes sous la menace d’une amende de 500$ ou d’une peine d’emprisonnement de trois mois ». Voilà donc pourquoi, selon lui, nous devrions faire un pas en arrière au point de vue méthodologique et changer le recensement en un questionnaire volontaire. Il évident qu’il ne comprend rien à la société ni à la science. Je serais curieux de connaître le nombre de personnes ayant effectivement reçu une telle sentence en vertu de cette loi. Il ne s’agit là qu’un d’un incitatif plutôt que d’une menace réelle. Si les policiers se mettaient à appliquer toutes les lois, même les plus désuètes (In Arizona, it is illegal for cowboys to walk through a hotel lobby wearing their spurs) ou farfelues (In New York City, it is illegal to open or close an umbrella in the presence of a horse), les coffres des municipalités seraient bien pleins et les policiers auraient beaucoup de pain sur la planche. Or, on demande au policier d’utiliser son jugement. C’est justement ce qui manque dramatiquement à Bernier et sa bande…
Un peu plus loin dans son texte, rédigé comme un composition ratée d’un étudiant du secondaire, il soutient que « Les entreprises et organisations qui souhaitent obtenir de telles données devraient payer elles-mêmes pour des enquêtes qui répondront à leurs besoins au lieu de s’en remettre au pouvoir de coercition du gouvernement pour les obtenir ». Voilà un autre pan de l’idéologie conservatrice, la fameuse « invisible hand » de Smith. Idéologie simpliste, dépassée et ridicule, on laisse « au marché » la tâche de déterminer ce que la société a de besoin, car les gens disposant d’un volonté suffisante pour justifier une certaine production fera en sorte que le marché produira la quantité optimale. C’est bien beau quand on prend un cours de Microéconomie de premier niveau et qu’on discute de pommes et de bananes, mais la vie, ça ne fonctionne pas comme ça. Les entreprises maximisent leurs profits, et rien d’autre. Or, quelle entreprise bénéficierait de disposer d’information sur la pauvreté ou le bilinguisme? Ce sont des intérêts nationaux, qui nous définissent et nous unissent, bien plus que les avions de chasse et les lac artificiels. Encore cette semaine, le Gouvernement annonçait son intention d’abolir les mesures de discrimination positive. Encore une fois, on doit laisser les forces du marché déterminer le nombre d’autochtones dans la fonction publique. Ridicule, myope et rétrograde (je pense rebaptiser mon blogue ainsi).
Puis, Bernier continue sa ridicule tirade au sujet des groupes de pression et des « élites ». Ici, on voit un autre aspect important du Gouvernement de Red-Neck Albertain: aucune dissidence. Autant à l’interne, comme nous le voyons avec le mutisme de toute la haute fonction publique, qu’à l’externe, avec l’abolition du Programme du Fond de Contestation Judicaire, la dissidence est pratiquement interdite. Et comme Bernier le souligne, tous les médias sont contre eux, snif snif. Heureusement que vous avez Péladeau pour démarrer une chaine politico-propagandiste à la Fox News, avec le projet Sun TV News. Il est tout de même hautement absurde de vouloir répliquer un modèle aussi minable et risible que Fox News.
Bernier soutient même que les Québecois sont majoritairement (62%) pour l’abrogation du formulaire long. Il est drôle de voir que l’article de Canada.com duquel émane ces chiffres s’intitule « No Consensus On Census Debate ». Dans le sondage Ipsos, on observe que les chiffres à l’échelle nationale sont clairement divisés avec 49% de la population pour et 51% contre. Or, mes amis les plus éduqués et informés ne sont même pas au fait de l’importance d’un tel formulaire, soulignant ainsi que les opinions en la matière ne sont pas clairement définis. Ceci à été démontré avec une follow-up survey mené par Angus-Reid quelques jours plus tard, alors que seulement 24% des répondants affirmaient que le questionnaire long du resencement est intrusif (comme le soutien le Gouvernement) et qu’on se doit de le modifier. Dans un billet sur son blog, André Pratte souligne que dans le premier sondage, les répondants n’avaient pas le choix de réponse « ne sait pas » ou « indécis », expliquant probablement la grande différence entre les résultats des deux sondages.
Je suis toutefois heureux de savoir que les derniers événements (l’état policier du G20, le recensement, la discrimination positive, les achats de l’armée) semblent avoir affaibli le gouvernement Harper.
Je souhaite de tout coeur le plus grand malheur à ce Gouvernement qui détruit notre pays un peu plus chaque jour, en l’emmenant lentement vers un état libertarien, ou les inégalités règnent et ce qui ne se monnaie pas n’a pas de valeur. Électeurs, à vous de jouer!
Une fois de plus, mon pays s’en va dans la mauvaise direction. Une fois de plus, j’ai peine à croire qu’il sagit d’un gouvernement minoritaire. L’opposition a-t-elle perdu toutes ses dents?
Johannes Gutenberg a inventé la machine d’impression matricielle portative, invention qui a ouvert la porte à la diffusion de la connaissance, non plus réservée aux nobles dotés de fonds suffisants pour s’offrir les services de scribes. Les dirigeants de l’époque n’ont guère apprécié que les masses, le petit peuple, dispose d’outils afin de mieux connaitre le monde qui les entoure, dynamisant par le fait même les revendications et les menaces de révoltuions. Gutenberg a largement contribué à la diffusion de la science en Europe et à l’ascension de la Renaissance. Mark Twain écrivait ces mots à son sujet:
« What the world is today, good and bad, it owes to Gutenberg. Everything can be traced to this source, but we are bound to bring him homage, … for the bad that his colossal invention has brought about is overshadowed a thousand times by the good with which mankind has been favored. »
La connaissance est source de pouvoir et de progrès. Alors, pourquoi quiconque voudrait en savoir moins? C’est pourtant la mesure rétrograde et incompréhensible que Tony Clement a mis de l’avant cette semaine en abrégeant et changeant la nature du recensement canadien. Économistes, scientifiques, sociologues et politiciens (de l’opposition) sont montés aux barricades afin de dénoncer ce geste puant l’idéologie, l’ignorance et l’obscurantisme. Nulle part ai-je lu un observateur ayant applaudi la mesure. Il s’agit là d’une grave erreur de jugement et qui mènera a des conséquences néfastes en terme de représentativité et de connaissance même de la population canadienne. En changeant la nature obligatoire du recensement en un questionnaire volontaire, nous décidons de nous percer les yeux afin de ne plus pouvoir savoir qui sont les Canadiens. Un lien n’a pas été soulevé dans les médias et je tiens à le mentionner. Les républicains américains sont bien connus pour leurs croisades pro-patriotes, pro-liberté et pro-individus. L’année 2009 a été marquée de nombreux événements soulignant la volontée de groupuscules de se libérer de l’emprise soit disant malsaine du recensement américain. La folie s’est même propagée, dans un style tout amércain de mélo-drame, jusqu’à l’élaboration de théories conspiratrices au sujet du recensement américain.
Il est bien connu que Karl Rove, un conservative darling, est une inspiration pronfonde pour Stephen Harper. Même ce dernier s’est porté à la défence du recesenment américain, bien qu’il soit considéré comme un des mastermind les plus influents du temps de l’administration Bush en terme de politiques conservatrices.
Les mesures prises par le gouvernement Harper réduisent à néant la rigueur légendaire des données de Statistiques Canada issues du recensement. Tout comme ils l’ont fait avec Droits et Démocratie ou les mesures de santé des femmes dans le monde en développement, les Conservateurs jouent un jeu mesquin, truffé d’écrans de fumée et d’entourloupette pour faire avaler des couleuvres au peuple canadien.
Et tout ça, c’est sans parler de la tonne d’argent gaspillé sur des avions de chasse… Ce gouvernement n’a pas les bonnes priorités et ne mérite pas de représenter le Canada, car j’ai la conviction profonde qu’une majorité de Canadien ne sont pas représentés par de telles actions.