Distance: 95,6 km
Temps:
Vitesse moyenne: 28km/h
Petit matin avec un soleil timide à St-Jean-Port-joly, ne laissant toutefois pas présager du beau temps: les vents en altitude sont si forts que la température change radicalement d’heure en heure. Le soleil ne fait souvent que passer, laissant sa place aux lourds nuages gris que le ciel emporte depuis l’autre rive du grand St-Laurent.
Pour une deuxième journée, j’ai roulé avec Bruno. Il a tellement de jasette que je me demande si son vélo n’est pas propulsé par la parole. Il est de bonne compagnie et c’est souvent pratique de partager. Il continuera sa route vers Trois-Pistole, alors que je soignerai un talon d’achille mal en point. Une belle journée sous le soleil à compter les vagues et chantonner des bribes de chansons de Felix Leclerc ou Richard Desjardins, pourquoi pas?
La dernière section que nous avons effectuée était absolument splendide, malgré l’incessante pluie. Telle une passagère clandestine qui s’est invitée dans mon périple, j’apprends à l’apprécier plutôt que de perdre mon temps à pester contre elle. À vrai dire, la pluie est devenue une partie intégrante de mon voyage auquel je ne porte plus vraiment attention. Le soleil me semble toujours un peu éphémère, mais je déguste pleinement ses chauds rayons.
Kamouraska a frappé à la porte de mon cœur, avec sa petit côte de la rue Morel, entassée entre les rosiers sauvages, les caps de roche usés et les chaumières pleines d’histoires. Dans une belle mélancholie, le ciel embué laissait fondre un paysage dégarni où la marée avait abandonné quelques voiliers. Enfin, je pouvais respirer cet air salin, celui qui évoque tant de souvenirs chers de mon Charlevoix adoré.
Mon coup de cœur de la journée va à la micro-brasserie Breughel à St-André de Kamouraska. Une famille partage leur maison ancestrale entre la fabrication de bière artisanale et leur demeure. Ils nous ont accueillent dans la cuisine d’été, nous explicant avec amour la passion qui les anime et leurs projets qui les a amenés du Sénégal jusqu’à l’île D’Orléans. J’ai goûté un brune forte pouvant se mesurer sans problème aux Duvel de ce monde. Un incontournable que le vélo m’a permis de découvrir. Disons qu’il fût difficile de rembarquer sur le vélo après 100km, deux bières et une inflammation musculaire…