Non, je ne ferai pas hommage à l‘émission animée par Gildor Roy, mais plutôt au message des Conservateurs.

L’image ci-dessus est un word cloud. C’est une analyse pondérée des mots utilisées en Chambre par les Conservateurs depuis 2006. L’image a été crée à partir d’un algorythme généré par deux sites fascinants, contactyourmp.ca et openparliament.ca. Je trouve cette représentation captivante. Elle symbolise tout à fait le genre de rhétorique utilisée par notre gouvernement, où la peur s’inscrit dans un discour tout à fait non-canadien.
Ce n’est pas surprenant. Harper tient en adoration les années Bush. Pour preuve, il a engagé un de ses conseillers pour l’aider dans les démarches médiatiques. Puis, un membre de l’entourage d’Harper a quitté son poste pour joindre PKP dans une croisade afin de créer un « Fox New North », en Sun TV Media. Harper ne pouvait s’empêcher d’obstruer le travail du CRTC, évidemment, en nommant un VP à son allégeance. Tout ca alors que Kenney soutient que « Radio-Canada ment tout le temps »…
Tout ceci n’est pas nouveau, donc rien pour faire bouger l’opinion publique à ce moment-ci.
Ce qui me renverse, c’est de voir à quel point les Conservateurs mentaient au sujet du coût des F-35 que le Gouvernement planifie d’acheter (sans appel d’offres). D’une part, ils soutenaient que le coût des appareils serait de 16 milliards de dollars, avec d’importantes retombées économiques. Puis l’opposition s’est emparée du sujet, dénoncant le coût prohibitif de la mesure. Baird n’a pas tardé à monter au créneau, en soutenant que l‘annulation du contrat entrainerait des coût d’un milliard de dollars. Messieurs « Petit-Gouvernement », « Baisse du Déficit » et autres sottises conservatrices, voulez-vous vraiment sabrer dans les programmes sociaux au profit de dépenses militaires colossales?
Or, un rapport du comité parlementaire sur le budget vient de réviser les prédictions de coûts à près de 30 milliards (sans compter le coût pour la transformation des bases militaires)! En plus, le directeur du comité s’est permis de préciser que d’une part aucune retombée économique canadienne n’était garantie, et d’autre part que le Canada n’avait encore signé aucun contrat, donc l’annulation du-dit contrat n’entrainerait aucun coût. Tout ca, dans un cadre où les dépenses militaires du Canada n’ont jamais été aussi élevées en 60 ans. Sommes-nous en guerre? Contre qui?
La question, et elle est de taille, est: Pourquoi avons-nous besoin de tels appareils? Mon intention est aucunement de justifier que le Canada puisse resquiller sur les capacités de l’OTAN. Les (petites) forces Canadiennes ont été appelées à jouer un rôle important en Corée et au Kosovo, et plus récemment en Afghanistan. Autrement, le rôle du Canada a été essentiellement de jouer un rôle politique. C’était vrai jusqu’à ce qu’Harper prenne le pouvoir et démontre un désintérêt total pour la politique internationale. Les forces armées du Canada sont petites et se doivent d’être adaptées aux missions du Canada. Les combats en Afghanistan, les éventuelles opérations en Lybie et dans un futur rapproché au Pakistan, ne sont pas des missions pour des CF-35. Harper, paradoxalement au désir d’appauvrir les populations du Nord Canadien, tient une rhétorique patriotique et insensée à propos de l’Arctique. Elle soutient que les Russes et les Danois veulent nous soustirer des territoires. D’où la justification d’acheter des CF-35. Allons nous vraiment négocier avec le Danmark et la Russie en jouant les gros bras?
Le Gouvernement répète jour après jour les même bêtises concernant la sécurité des Canadiens. Il espère que la stratégie de l’ère Bush finira par faire son chemin dans l’esprit de mes concitoyens. Pourquoi sommes-nous en danger? L’immigration illégale, les tensions au Moyen-Orient, comme d’habitude.
Micheal Scheuer, ancien chef de l’unité de la CIA chargée de traquer Osama Bin Laden, vient tout juste de publier un livre sur Osama Bin Laden. Dans son livre, il soutient qu’Osama n’a pas bombardé le WTC et l’ambassade au Kenya parc’il détestait l’American Way of Life, mais bien pour l’exécrable politique étrangère des États-Unis. Le support de dictateurs dans le monde Arabe et ailleurs, le support indéfectible d’Israël et la négligence dans ses opérations à l’étranger a su alimenter l’extrémisme dirigé contre les États-Unis. Or, Harper emprunter la même exacte pente glissante. Récemment, Harper donnait son support total à Israël, quoi qu’elle fasse. L’extrait est ci-dessous, c’est poignant:
Quel autre pays le Canada serait prêt à supporter inconditionnellement? J’ai beaucoup de respect pour les Israëliens, tout comme j’en ai pour mes nombreux amis Iraniens, cela n’empêche pas mon désaccord total face à ces Gouvernement. La politique de colonisation de la Palestine et les affront aux droits humains qui y sont perpétrés sont des crimes et se doivent d’êtres punis, non pas supportés inconditionnellement.
La politique du gouvernement Harper forme sa logique: Support indéfectible pour Israël, négligence du monde arabe et de la politique étrangère en général, donc besoin de plus grandes forces armées afin de nous protéger. Logique destructrice si elle est une, ce n’est définitivement pas l’héritage de Lester B. Pearson que nous avons là.
