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Lors de mon séjour au Pérou, nous avons eu la chance de recevoir la visite d’une équipe de tournage. C’était celle du documentaire Mission Fraternité.
Mission Fraternité, c’est deux pompiers, habitués de l’adrénaline et de l’empathie, catapultés dans un contexte de coopération internationale. Nous avons eu la chance immense de recevoir Richard Perras, captaine de caserne à Chateauguay. Quelle belle rencontre, quelle homme humain et sensible!
J’ai eu la chance d’écouter le documentaire, où je fais des apparitions maladroites armé de mon ignogle barbe d’amish (pourquoi personne ne m’a-t-il dit que j’avais l’air aussi ridicule???). Je dois être honnête, j’ai braillé comme un veau tellement c’était beau, tellement c’était vrai.
On y voit aussi mes amis de la Casa Hogar Los Gorriones. Gil Van der Berg et feu son épouse ont démarrer ce projet il y a plus de 8 ans en adoptant Ruth-Karina, enfant paralysé, hémathomes au cerveau, couvert de brûlures, trouvée dans les poubelles d’une petite ville de la jungle péruvienne. L’amour qu’ils ont pour les autres est renversant. Je suis couvert de frissons à l’écriture de ces mots. Je ne suis pas un fervent de religion, ni d’idoles, ni d’étiquettes. Mais si vous me demandez le nom d’une personne que j’admire profondémment, au sens fondamental et humain, je vous dirai Gil. Avec son doux sourire de compassion, je ne peux que l’admirer, le supporter et l’encourager. Il prend soin maintenant (du moins lors de mon passage) de 27 enfants, dont 13 lourdement handicapés. Il compte sur le support des voisins et de coopérants internationaux de passage. Et sa maison se trouve dans le quartier le plus pauvre (El Cerro), de la ville la plus pauvre (Huamanga), de la province la plus pauvre (Ayacucho), du pays le plus pauvre d’Amérique du Sud (Pérou). Là-bas, il n’y a pas de filet social. Après la maison de Papa Gil, c’est le néant. Rien.
Le lancement du documentaire aura lieu à l’automne dans un cinéma du centre-ville de Montréal. Je vous tiendrai au courant lorsque j’aurai plus d’info.
Diffuseur: Canal D
Production: Orbi-XXI
Produit grâce à: ACDI
Samedi après-midi, Huaraz.
J’ai peine à réaliser que l’aventure se termine vraiment. Notre quotidien ne sera plus le même. Les rues, le quechua mélangé à l’espagnol, les 10 000 visages du Pérou ne seront que du passé. ll faut savoir vivre les choses pleinement, et reconnaître que ce genre d’immersion ont une fin. C’est bien beau à dire, mais c’est moins facile à vivre.
Les derniers jours sont durs, non seulement au niveau des adieux, mais bien au niveau du groupe. Nous avons roulé la pédale au plancher pendant de nombreuses semaines, pour finalement ouvrir la soupape quelques jours avant notre retour. Les petits bobos ressortent, qu’ils soient intérieurs ou physiques.
Nous avons tout de même beaucoup de chance de relaxer ici, à Huaraz. Nous avons longuement hésité entre plusieurs destinations (Cusco, Arequipa) pour finalement opter pour ce camp de base d’une longue cordilière enneigée. Bons restos (végé!) et douches chaudes nous font le plus grand bien.
Pour ma part, j’ai hâte de retrouver les miens, de profiter du lac au chalet, en plus de penser fort à mes jouets qui m’attendent à la maison (une FED-3, un posemètre Gossen Luna-Lux, sans oublier mon Eeepc!)
Beaucoup de jours se sont écoulés depuis mon dernier article. Disons que le sprint final a été pas mal long.
Vendredi dernier, j’ai eu droit a une situation plutôt cocasse. Alors que nous nous regroupions pour nous rendre à l’hôtel de ville du district, un homme m’a interpelé. Il m’a emmené dans la petite épicerie du coin, pour me faire signer un papier. Me pressant, pour ne pas que je ne prenne le temps de lire le papier en question, il voulait absoluemtn que je signe le document rapidement. J’ai toutefois pris le temps de le lire. Il s’agissait en fait d’un avis de paralysation de travaux, au sujet de la pépinière. Nous n’avons en effet pas solicité les autorisations nécessaire pour construire les murs de la pépinière aussi proche de la route. Le document expliquait que je m’expose à une amende de 330 soles (120 dolars CAN) et la démolition de la pépinière… Tout ça, alors que nous étions en route pour nous rendre à la municipalité, où on nous a fait fils prédilecte (titre honorifique le plus élevé, visant à souligner un accomplissement extraordinaire) et citoyen d’honneur! On nous a remis médailles et cadeaux, dans un bel atmosphère amical.
La même journée, on est allé casser la baraque, avec nos amis de l’ONG partenaire, jusqu’aux petites heures du matin. Bière cheap, danses latines et musique ringarde étaient au menu!
Puis, vint le fatidique dimanche, où la communauté nous disait officiellement au revoir. Ils nous ont préparé des surprises, des danses et des costumes traditionels. C’était un moment très émouvant. Je n’aurais pas cru que je m’attacherais autant à ces gens au coeur énorme et au foyer si accueillant. Lundi, alors que nous sommes partis pour de bon, je n’ai pu m’empêcher d’éclater en sanglots. J’ai pris le petit Ivan, le fils de Feli « ma soeur », nous nous sommes serrés très fort dans nos bras dans un moment où le temps de défilait plus, je lui ai dit que je l’aimais et que je reviendrais le voir un jour. Durant ces quelques mois, j’étais tout comme son papa. Je le bordais le soir, je le consollais et on jouait ensemble jusqu’à l’épuisement. Le simple fait d’écrire ces lignes me remplit les yeux d’eau…
J’ai du aussi dire au revoir à la Señora Elodia, cette dame si accueillante, si gentille et ricaneuse. J’ai beaucoup apris d’elle, en peu de discussions. Les regards, les petites attentions ont chargé mon coeur d’amour pour cette famille.
Tous nos amis sont venus au terminal d’autobus, afin de nous dire un dernier au revoir. Le coeur gros, nous nous sommes vraiment dit au revoir, non pas adieu. J’aime tellement cet endroit que je doit revenir, je n’ai pas le choix.
Après plus de 18 heures d’autobus (sans compter l’escale a Lima), nous sommes maintenant au coeur de Huaraz, entre la cordilière blanche et la cordilière noire. Un peu de repos, une bonne douche chaude (après 11 jours sans se doucher!), du lavage et le rapport de fin de stage rempliront les jours qui nous séparent de notre retour, le 5 aout a 13h10 en provenance de Toronto.
Ouf!
Quand je ne ne peux pas aller sur internet pendant plusieurs jours d’affilé, c’est que ça veut dire que je suis vraiment occupé. Pas que je suis accro, mais presque.
Il nous reste 5 jours, top chrono dans la communauté. C’est déjà demain.
Le concept de vacances est large ici. J’étais loin d’être au bord du burn-out, mais ça fait quand même du bien. Je n’avais jamais imaginé que manger de la pizza et boire du café pouvait me faire autant de bien.
Ça me donne aussi le temps de faire le point sur mon experience personnelle, entre une réunion, une autre urgence et de la chamaille (je dois parfois sauter à bras racourcis sur ceux qui ont des mauvais caractère, car mon groupe n’est pas très combatif en ce sens…). Je suis très fier de ma gang, je suis heureux de voir où est-ce que nous en sommes, à environ une semaine de la fin. Je suis toutefois pronfondément déçu du partenaire. Quand il n’arrive pas 2 heures en retard, il n’arrive tout simplement pas. Je suis conscient des différences cutlturelles et loin de moi l’idée de vouloir juger leur travail avec mes grosses bottes de gringo. Toutefois, n’importe quel Péruvien pourrait également juger qu’ils sont pas mal à côté de la track, me donnant 10 fois plus de travail au passage. Ils sont experts en poussage de crayon, et nous avons du poussage de rateau à faire ici. Tout de même, je prends ça cool et mon groupe déborde d’une belle énergie positive qui m’encourage beaucoup.
Je fais aussi le point sur les gens d’ici. Incroyablement attachants, ouverts, simples, honnêtes: c’est comme cela que j’aurais tendance à les décrire. Encore hier, en attendant mes amis ayacuchanois (?), un vieil homme, comme beaucoup de gens le font à mon égard, m’a gentillement salué. Hola papa, à la façon d’Ayachucho, lui ai-je répondu. Puis, après quelques pas, il s’est retourné, et a commencé à me piquer une belle petite jasette. Il m’a parlé de P-E Trudeau, du socialisme, bref c’était super. Bien que depuis la grève nationale, qui a paralisé tout le pays le 8 et 9 juillet, les gens sont plus agressifs à notre égard, car ils croient que nous sommes des États-Uniens.
Pour avoir connu le Chili et d’autres endroits au Pérou, j’apprécie particulièrement l’accueil des gens d’Ayachucho, dans un mélange de curiosité et de timidité.
Une grosse semaine nous attend, avec l’équipe de documentaristes de Production Orbi et les dernières étapes du projet. Et après, finalement nous n’irons pas à Cusco, mais bien à Arequipa, question de gouter aux eaux thermales et de voir l’immense Cañon del Colca!
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