Quoi de mieux pour se sentir à la maison qu’une bonne soirée en excellente compagnie à écouter de la musique traditionelle?
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Mon recul face à notre nation me porte à réflexion. J’observe avec désolation les coupures de journaux qui, sur une base quasi-quotidienne, nous offrent de nouvelles allégations de collusion, de corruption et de simple manque de rectitude politique. La Commission Bastarache, les scandales, les chicacanes PQ-Lib, est-ce vraiment ce qui nous permettra de bâtir le Québec de demain? Je trouve que le débat actuel est insipide et exempt de toute vision. Récemment, un peu partout dans le monde, la droite s’est vu accorder une plus grande part du lion en politique nationale. Le parti SD (Sverige Demokraterna, ex-nazi) en Suède, le Folkspartiet au Danemark, l’extrême droite en Hollande et maintenant les républicains aux États-Unis, les dirigistes de la droite font souvent choux gras en temps de ralentissement économique, avec leur approche paternaliste envers ceux qui réclament une société égalitaire et empreinte d’ambition. Tout cela vient sans mentionner les projets de parti de Francois Legault et Joseph Facal, qui tend aussi à pointer vers la droite sur l’échiquier politique. Or, la resurgence de cette droite additionnée au profond malaise provoqué par les allégations de corruption et le manque de vision de notre gouvernement provincial, tout cela me fait réfléchir. Voilà pourquoi j’ai décidé d’écrire cette chronique, question de plancher sur des idées pour notre Québec de demain. N.B. J’ai l’habitude d’écrire sur la politique fédérale, mais ma désolation profonde face à l’apathie collective des Canadiens, l’habileté de mes compatriotes à avaler n’importe quelle sottise qu’Harper et ses sbires entendent nous servir, tout cela me laisse pantois. C’est donc une abdication partielle de ma part de ne pas me permettre d’imaginer les réformes ci-bas à l’échelle nationale – je ne crois toutefois pas à l’indépendance dans un avenir rapproché – et il n’en reste pas moins que le momentum nécessaire serait plus facile à obtenir chez nous, entre nous. Je pense aux grands projets de René Lévesque, de Parizeau (pré-années 90), et je me permets de rêver à un Québec moderne. L’État Les dépenses L’appareil étatique est une merveilleuse et gigantesque machine qui se doit de ne pas rouiller et de demeurer en grande forme. J’ai été en contact avec l’appareil étatique à maintes reprises dans ma vie, sois comme employé de société d’état ou comme acteur au sein de la société civile, et je suis resté estomaqué par les dépenses incroyables – et souvent futiles – générées par les fonctionnaires et les employés de sociétés d’État. La Loi sur l’accès à l’information est une bonne chose – quand elle fonctionne (combien de fois aie-je été témoin de cas problématiques destinés à être étouffés?). C’est toutefois loin d’être suffisant pour que nous, les Québécois moyens, ayons accès au dessous du capot de cette voiture qui nous appartient. N’est-ce pas un peu paradoxal que les bobos ne soient dévoilés que par les journalistes d’enquête, souvent plusieurs années après les faits? C’est comme si un patient se présentait chez le médecin et que le médecin devait demander au patient « As-tu mal aux doigts? As-tu mal au bras? » et ainsi de suite. Le médecin aurait mieux fait de passer une batterie de test visant à monitorer l’état de santé du patient. Ce genre de rayon-X de l’état, nous en avons pas. Je prône personnellement une approche comme celle qui prévaut en Suède. Un régime minceur en toute transparence. Les dépenses des élus sont entièrement répertoriées dans un système de base de données, accessible à tous. Ces dépenses sont chez nous de toute manière entrées dans des systèmes de comptabilité opaques, il ne manquerait que peux d’étapes pour les répertorier dans un système central. Je ferais de même pour les dépenses non-reliéees à la rémunération des fonctionnaires. Je ne crois pas, par exemple, qu’il n’y ait une raison quelconque pour que du porto et du fois gras soit servit sur les vols d’Hydro vers la Baie-James. Je ne crois pas non plus que les ministères aient le besoin d’avoir des running bills dans les restaurants les plus chics du Vieux-Montréal pour les lunchs. Les lobbys Les récents problèmes révélés dans le cadre des scandales sur l’industrie de la construction et du génie-conseil ne sont que la pointe de l’isberg en ce qui concerne la collusion. Pour avoir été moi-même proche de procédures d’appel d’offre dans l’appareil étatique, les dés sont très souvent pipés. Je commencerait par renforcer les systèmes déjà en place pour répertorier les lobbyistes officiels et rendre officiel les compte-rendus. Dans la même veine, je rendrais publique l’agenda des ministres et des sous-ministres, question de démontrer qu’ils ont pate blanche (si tel est le cas…). L’éducation Pour avoir été la cible des attaques abrasives de mes confrères de classe au CÉGEP, je sais plus que quiconque que la question de l’éducation est épineuse. Au niveau du curriculum comme tel, je ne suis vraiment pas un adepte de la réforme du renouveau pédagogique. L’approche axée sur les compétences plutôt que les connaissances, est un échec. Il est un peu étrange que la réforme ait-été basée sur l’approche suisse (qui à l’époque de son adoption au Québec n’avait pas fait ses preuves, et qui s’avère maintenant à être un échec là-bas aussi), tout ca alors que la Suisse a toujours moins bien performé que le Canada en éducation (Voir l’étude PISA de l’OCDE). Pourquoi ne pas baser nos réformes sur des systèmes gagnants, comme celui de la Finlande? Ceci impliquerait de couper les subventions aux écoles privées, redorer le blason des écoles publiques, investir dans les infrastructures éducationnelles, exiger de meilleures compétences de la part du corps professoral, réformer l’école primaire pour faire en sorte que les élèves aient le même enseignant tout au long de leur parcours, plus de sport à l’école, moins d’élitisme et plus de dépassement de soi. Un apercu du système Finlandais par la BBC. Fiscalité Je lisais récemment une étude (Les riches assument plus que leur part du fardeau fiscal) de l’ignoble IEDM au sujet du fardeau fiscal des Québécois. Je me désole de voir à quel point les taxes sont percues comme un mal en Amérique du Nord, plutôt qu’un moyen à en venir à une société juste et d’avant-garde. Cela est partiellement attribuable à l’influence libertaire américaine (avec la clique à Harper comme figure de proue au Canada), et à un profond mécontentement des Québecois face à l’appareil gouvernemental. La récente baisse de la taxe à la consommation n’augure rien de bon pour nos finances publiques criblées de dette. Le débat sur l’âge de la retraite se doit d’être un enjeu au Québec, avec une espérance de vie au-delà de 80 ans pour ma génération. Dans un effort concerté, la SAQ, la LCBO et les autres agences canadiennes se devraient aussi d’augmenter les taxes sur les vins et spiritueux, tout comme les taxes sur la cigarette et le jeux. Coercion et environnement Le gouvernement Québécois a récemment asséné une gifle en règle au Gouvernement fédéral en ce qui concerne les émissions de GES et les normes environnementales. Ceci constitue exactement la voie à emprunter en ce qui concerne la vision et la coercion nécessaire en terme d’environnement. Nous nous devons d’introduire les inspections systématique des voitures, comme cela est la norme dans plusieurs pays européens. Cela contribuera à réduire les émissions de GES et à améliorer la sécurité automobile. Le Gouvernement se devra aussi d’offrir des « dents » aux inspecteurs du MDDEP (ex-Ministère de l’Environnement) en augmentant les effectifs et en augmentant drastiquement les amendes pour les contrevenants. Hydro-Québec, dans un effort encore plus prononcé, se doit d’augmenter de manière importante ses tarifs, tout en offrant les outils nécessaire pour épargner les foyers à revenu réduit. Cela passe par des normes d’isolation plus strictes, une ouverture à l’autogénération et la géothermie, et des programmes agressifs de rénovation en isolement. Transport Nos infrastructures sont désolantes. Après les dégâts de l’échangeur Turcot, le nouveau pont de la 25 et les incompréhensibles ratés du métro de Montréal, nous nous devons de tourner la page sur ce chapitre noir des infrastructures de transport. Cela passe par des ponts payants, de nouveaux autoroutes modernes à péage, un train rapide Windsor-Québec (suspendu?) et Montréal-New York, un agrandissement du métro de Montréal, une réhabilitation du train Montréal-Sherbrooke et une modernisation des trains de banlieue. Il est trop peu dispendieux de se balader en voiture au Québec, et trop lent et non-efficace de s’entasser dans les transports publics. Et je ne veux pas entendre d’arguments en faveur de l’automobile brandissant notre faible densité démographique. La Suède a fait le pari, en condition similaires, et il s’est révélé gagnant. Nous avons besoin de visionnaires, de Richard Bergeron, d’Amir Khadir, de Thomas Mulcair et de René Lévesque. Moins de Tony Tomassi, de John Baird et de Christian Paradis. Nous aurons, un jour, notre État prospère et moderne. |
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