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Après avoir pédalé fort pour se rendre à Rivière-du-Loup, ma cheville faisait un peu mal, mais je me disais que c’était normal après avoir roulé 500km. La situation ne s’améliorant pas, j’ai décidé de prendre une journée de repos à Rivière-du-Loup, question de reposer ma petite patte. J’ai déjà eu la chance de visiter l’auberge de Rivière-du-Loup il y a quelques années, j’en gardais un très bon souvenir. Les choses n’ont pas changé! Cet endroit dégage une ambiance agréable, toujours emplie de gens heureux, employant de jeunes gens fort sympathiques. La bonhommie du Bas du Fleuve habite cet endroit, où tout le monde discute amicalement et échange des conseils de voyage.
J’ai eu la chance de rencontrer plus personellement la majeure partie du staff de l’auberge: Jona et Camille de Belgique, Martin des Alpes Française et Roselyne de Toronto. Un peu de vélo (pas super pour mon rétablissement de jambe, mais bon), du pastis bien frais et des éclats de rire à profusion, la rencontre fut fort agréable. Ils m’ont même fait goûter au night life de Rivière-du-Loup!
Voyant que mon talon d’Achille ne s’améliorait pas (un bonne bosse m’élançait entre le mollet et le tendon et de craquement se font entendre quand je le déplace, je suspecte une myotendinite), malgré les crèmes et anti-inflammatoires, je commençait à me résigner et à penser que les 100km qui me séparaient de Rimouski seraient ardus. Comme Jona et Camille disposaient de 2 jours de congé et d’un envie terrible pour bouger, ils avaient décidé de descendre à Québec dans leur rutilante Lumina Van 1995. Ils m’ont offert une ride jusqu’en basse ville de la capitale, offre à laquelle j’ai réfléchis toute la nuit et que j’ai finalement accepté. Avec du Offspring dans le tapis, nous sommes descendu à Québec sous un soleil canadien. Je n’était pas si déçu de déjà revenir, car le voyage avait eu le temps d’être touchant, spectaculaire et reposant. J’ai gouté au soleil, à la pluie, respiré l’air salin et rencontré des gens chaleureux. C’est tout ce que je voulais.
Distance: 95,6 km
Temps:
Vitesse moyenne: 28km/h
Petit matin avec un soleil timide à St-Jean-Port-joly, ne laissant toutefois pas présager du beau temps: les vents en altitude sont si forts que la température change radicalement d’heure en heure. Le soleil ne fait souvent que passer, laissant sa place aux lourds nuages gris que le ciel emporte depuis l’autre rive du grand St-Laurent.
Pour une deuxième journée, j’ai roulé avec Bruno. Il a tellement de jasette que je me demande si son vélo n’est pas propulsé par la parole. Il est de bonne compagnie et c’est souvent pratique de partager. Il continuera sa route vers Trois-Pistole, alors que je soignerai un talon d’achille mal en point. Une belle journée sous le soleil à compter les vagues et chantonner des bribes de chansons de Felix Leclerc ou Richard Desjardins, pourquoi pas?
La dernière section que nous avons effectuée était absolument splendide, malgré l’incessante pluie. Telle une passagère clandestine qui s’est invitée dans mon périple, j’apprends à l’apprécier plutôt que de perdre mon temps à pester contre elle. À vrai dire, la pluie est devenue une partie intégrante de mon voyage auquel je ne porte plus vraiment attention. Le soleil me semble toujours un peu éphémère, mais je déguste pleinement ses chauds rayons.
Kamouraska a frappé à la porte de mon cœur, avec sa petit côte de la rue Morel, entassée entre les rosiers sauvages, les caps de roche usés et les chaumières pleines d’histoires. Dans une belle mélancholie, le ciel embué laissait fondre un paysage dégarni où la marée avait abandonné quelques voiliers. Enfin, je pouvais respirer cet air salin, celui qui évoque tant de souvenirs chers de mon Charlevoix adoré.
Mon coup de cœur de la journée va à la micro-brasserie Breughel à St-André de Kamouraska. Une famille partage leur maison ancestrale entre la fabrication de bière artisanale et leur demeure. Ils nous ont accueillent dans la cuisine d’été, nous explicant avec amour la passion qui les anime et leurs projets qui les a amenés du Sénégal jusqu’à l’île D’Orléans. J’ai goûté un brune forte pouvant se mesurer sans problème aux Duvel de ce monde. Un incontournable que le vélo m’a permis de découvrir. Disons qu’il fût difficile de rembarquer sur le vélo après 100km, deux bières et une inflammation musculaire…
St-jean Port Joly 21h37
Distance: 86 km *
Temps: 3h14 *
Vitesse moyenne: 26.8 km/h
*: probablement 10 km de plus…
Après un si bon repos chez Karin et Martin, avec un peu d’aide du pharmacien qui m’a donné du Voltaren (fantastique soit dit-en passant), j’étais faim prêt à affronter les pentes de la rive-sud du St-Laurent. J’ai tôt fait de rencontrer Bruno, éducateur spécialisé à Montréal et mordu de vélo sur le traversier de Lévis, maid nous nous sommes laissé aussitôt. Ce n’est qu’à Beaumont qu’il m’a retrouvé, alors que je m’affairais à changer une malheureuse crevaison. Nous avons ensuite roulé à fond de train, flirtant avec les 60km/h et en forçant fort dans les montées. La pluie était évidemment de la partie, ce qui n’a toutefois pas su nous ralentir.
J’ai même retrouvé mes petits gars de PAT en chemin. je trouve ça bien brave de se réaliser ainsi.
St.-Jean est un village majestueux, avec comme première richesse le sang de ses gens si talentueux. Bruno et moi avons rencontré un forgeron artistique, tellement inspirant. il nous a tout montré, tout expliqué avec sa grosse voix pleine de chaleur.
Demain: rivière du loup!
Basse-ville de Québec, 10h02
Distance: 149.7 km
Temps: 7h30
Vitesse Moyenne: 20.0km/h
Première nuit à essayer mon hamac de type Hennessy UltraLite Asym Classic, sur le bord d’un lac avec un vent constant et une pluie sans relâche. J’ai choisi cette « tente » à cause de son aspect compact et son potentiel confort. Or, malgré le temps de merde, je suis resté au sec et le support pour le dos rendait mon sommeil bien agréable. Seul hic, c’est que le double toit n’est définitivement pas conçu pour résister aux grands vents. J’ai donc du endurer un claquage incessant du double-toit sur le hamac toute la nuit. Un matelas de sol est aussi essentiel, sinon le dos est presque directement exposé au vent. Autre aspect auquel il faut s’adapter: on peut normalement se déchausser dans une tente, et entreposer quelques bagages précieux. Avec ce hamac, ce n’est pas vraiment possible. Mais bon, c’est compact, moins cher qu’un bivouac, alors c’a fait mon affaire.
La journée d’hier a été exigeante. Avec 150km à faire, je n’avais vraiment pas besoin que les forces de la nature s’opposent à moi. Ce fût toutefois le cas, avec la pluie qui n’a que rarement cessé. Orages électriques et côtes interminables, j’ai souvent eu envie de planter mon hamac et prendre des forces. Mais j’étais attendu en soirée chez Karin et Martin à Québec, alors je ne devais pas abandonner. Mes jambes étaient en compote et tous mes vêtements détrempés, disons que j’étais très heureux d’être arrivé, surtout qu’il faisait nuit noire à 21h30… Karin et moi sommes allés au Chili en 2004, et ça fait plus de 2 ans que je ne l’avais pas vu. Quel plaisir de renouer avec une amie si paisible!
Mon départ de Pointe-du-Lac s’est fait, sous la pluie, vers 9h30. J’ai tôt fait de m’arrêter à Trois-Rivères, afin de régler mon problème de porte-bagage. Je me devais de trouver une solution à ce moment, parce qu’une fois dans la région des Appalaches, tout ce que je trouverai, ce sera des « patch » pour les chambres à air. Le porte-bagage se pliait et mon pneu frottait contre le porte-bagage à un certain moment. Malgré mes effort pour le retenir avec deux strap-ratchet, il avait tendance à plier. Je pensais me trouver une remorque bon marché rendu à Trois-Rivière. Mais à 450$ pièce, j’ai du renoncer. Plutôt, le gentil commis de chez Laferté Bicycle m’a installé un porte-bagage Axiom conçu pour une roue arrière (similaire à celui que j’ai derrière), mais sur le devant de mon vélo. Avec de nouvelles sacoches Axiom Monsoon, full waterproof, j’étais en mesure de répartir le poids un peu plus répartit et un centre de gravité beaucoup plus bas.
J’ai croisé 3 petits gars de 15-16 ans, parti de Pointe-aux-Trembles en même temps que moi, en route vers Rimouski. Vaillant gaillards, ils étaient arrangés un peu tout croche. Surtout le plus jeune, Henri de son prénom, qui avait oublié d’emporter son casque… J’ai tenté de rouler avec eu un peu, car avec un vent de face, il est bien plus agréable de « couper le vent » en alternance, mais ils trouvaient que je roulais trop vite. À part ces ados, et une dame, je n’ai croisé personne voyageant à vélo.
Aujourd’hui, jour 3, je prends une journée off. J’ai fait le kilométrage d’une journée et demi sous en temps affreux hier, alors je me paye la traite! Poutine chez Ashton et cartes postales pour amis Européens au programme.
Vive la vélorution!
Pointe-du-Lac, 20h36
Distance: 104km
Temps: 3h49
Vitesse moyenne: 27.2 km/h
Je déguste un thé vert sur les rives puantes du Lac St-Pierre. L’eau a laissé sa place à de grandes plages marron, laissant au jour des sédiments accumulés au fil des années de pollution incontrôlée. Je dors ce soir dans une école de voile, où on m’a laissé camper.
Belle journée sous le soleil et truffée de sourires amicaux. D’abord Oncle Dédé et Tante Chrichri à St-Sulpice, puis Serge et France à St-Cuthbert, ma route fût parsemée de gentilles personnes qui me servirent de longues rasades de jus et me gavèrent de bons plats. C’est quand même merveilleux d’être chez soi, de parcourir les campagnes, et de s’arrêter chez les gens qu’on connaît.
Je suis agréablement surpris de ma vitesse de croisière, malgré mes 75 livres de bagages. De Repentigny à Lanoraie, je roulais en moyenne 31km/h, probablement que la brise favorable (et mes jambes encore toutes fraîches) y étaient pour quelque chose. Je prévoyais faire en moyenne de 20 à 25 km/h… Aussi, la route verte est très bien aménagée. J’en suis même surpris de voir à quel point la route est bien indiquée: j’ai rarement à sortir ma carte et je ne me suis pas (encore) perdu.
Mon porte-bagage, de type Axiom Streamliner Road, pourtant conçu pour 110 livres, n’apprécie guère mes 75 livres de matériel. Ça m’énerve au plus haut point! Je ne sais jamais quand il décidera de se tordre définitivement. Je tenterai de résoudre ce problème demain.
Demain sera une grosse journée avec environ 150km à faire. J’espère me rendre à temps chez Karin et Martin, dans la basse-ville de Québec.
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