Recevez mes mises à jour!

Entrez votre courriel:

Mon nouvel appart!

Ce ne fût pas un gros déménagement. Habituellement, les gens déménagent avec un panier d’épicerie, parce que tous les apparts se trouvent dans le même pâté de maison. En fait, 90% des immeubles d’habitation locative sont gérées par la compagnie publique du comté, Tunabyggen. J’habite dans une excroissance de Borlänge, bâtie tout d’un coup dans les années 70, où on y empile depuis les réfugiés, étudiants d’échange et autre guenilles sales. On peut reconnaître l’origine des enfants par l’époque où ils sont arrivés: Turcs (80s), Bosniaques et Kosovars (90s) ainsi que les plus nombreux, les Soudanais (2000s). C’est très multicuturel. Et pauvre. Et comme pauvreté rime souvent avec marginalisation, le crime et l’économie souterraine s’en donnent à coeur joie. La police vient souvent faire son tour. Mais ce n’est jamais rien de grave. Il y a bien eu quelques meurtres, agressions et des filles qui se font dire des cochonneries, mais on est loin de la catastrophe. Le problème, selon moi, c’est que ces immigrants sont entassés dans un petit coin, en campagne. Où travailleront-ils? Où parleront-ils suédois? À l’épicerie, où la caissière gentille mais blasée les juge par son regard si lourd?

Je me demande si ces questions ont été adressées lorsque les plans démographiques ont été conçus.

Mais il y a beaucoup d’espoir. Quand je vois des enfants de toutes origines jouer dans le parc devant chez moi, se criant des trucs dans un suédois pas possible, je me dis qu’il y a de l’espoir. Je me dis qu’à terme, ça ira.

Voici donc quelques photos de mon appart adoré. Plein de plantes et de l’espace en masse pour cuisiner et recevoir les amis. Que demander de plus?

Petite « plug » pour le CRÉDIL

LE CRÉDIL RECRUTE POUR LES STAGES QUÉBEC SANS FRONTIÈRES!  MALI, NIGER, PÉROU…

Depuis 14 ans, le CRÉDIL, en lien avec le programme Québec Sans Frontières du Ministère des relations internationales du Québec, offre des stages aux jeunes de 18 à 35 ans.  Les stages d’initiation à la coopération internationale sont une occasion de vivre une expérience de solidarité internationale en Afrique francophone ou en Amérique latine.

Cette année, le CRÉDIL, est heureux d’offrir les 3 stages suivants :

Niger : D’un fleuve à l’autre
Thématique du stage : environnement et agriculture.  Séjour à l’étranger : fin janvier au début avril
Mali : Aux portes du Sahel
Thématique du stage : environnement et agriculture.  Séjour à l’étranger : fin janvier au début avril
Pérou : Alternativas ecologicas in los Andes
Thématique du stage : environnement. Séjour à l’étranger : fin mai au début août

Ces stages offrent la possibilité de vivre une expérience unique en contribuant aux efforts de développement des communautés du Sud tout en découvrant une nouvelle culture. Les stages demandent idéalement une connaissance et/ou de l’expérience et/ou un fort intérêt pour les thématiques ciblées.  La date limite pour s’inscrire est le 30 août 2009 pour les accompagnateurs et le 7 septembre 2009 pour les stagiaires.

Pour information et inscription :
www.credil.qc.ca
Arianne Bédard ou Audrey-Paule Ledoux, Adjointes au programme Québec sans frontières
(450) 756-0011, poste 226 et stagiaire-oci@credil.qc.ca

Auto-dérision, belles suédoises et autres retours au bercail

Swedish Guys Look Gay

Source: Finest.se

Swedish Men look gay

Les Suédois ont l’air efféminés Pas dans le sens « Gay ol’ time », mais bien dans le sens de moumoune. Ce n’est certainement pas le cas de tous les gars, mais je n’ai jamais vu autant de gars avec de l’auto-bronzant et du fond de teint.

Une note d’auto-dérision: Ma blonde me dit que c’est bien beau les puffy shirts et autres housses à Barbecue, mais ici c’est l’Europe, et on ne s’habille pas en bonhomme carnaval. Avant de la rencontrer, je ne savais pas exactement ce qu’était un cardigan. Maintenant, en plus de savoir c’est quoi, j’en possède trois! Je ne suis toutefois pas rendu au niveau suédois de moumounerie, mais je dois admettre que j’apprécie que ma peau soit douce grâce a ces petites merveilles de crème pour hommes. ;)

Pour ce qui est des filles… elles sont très belles, je l’admets. Les Finlandaises n’ont toutefois rien à envier à ces-dernières…

Pour les gars:

11728729485

Source: finest.se

Deux clips humoristiques (partie 1 et 2), diffusé aux États-Unis face aux changements effectués par l’administration Obama.

Is America becoming like Sweden?!?

Le compte à rebours est officiellement en marche. Plus que deux semaines et je serai de retour au Québec. J’ai ce sentiment bizzare qui m’a déjà envahi par le passé: Après avoir vécu dans un certain pays pour un moment, je ne suis ni Suédois, mais un peu moins Québécois (ou Canadien, selon vos orientations). Ca me tue vraiment de chercher mes mots en francais. Je peux passer une semaine sans parler francais… Montréal me fera du bien. Les bagels, les micro-brasseries, le vélo sous les grands arbres du Parc Lafontaine.

Quelques photos d’une escapade à Stockholm:


La Chine

Il serait bien difficile de passer une année et demi avec autant de Chinois sans faire leur connaissance. Quoique difficiles d’approche a priori, après 7-8 mois où nous nous sommes vus à tous les jours, il fallait bien faire un raprochement.

C’est Dexter, jeune pékinois aux side-burns duveteux, adepte de la guitare électrique, qui a démaré le bal. On se l’imagine, Dexter n’est pas son vrai nom. C’est assez rigolo d’entendre les noms « anglophones » que les chinois se donnent: Jackie, Dexter, Vickie, Amy, etc. J’aimerais bien m’auto-baptiser aussi. Enfin.

J’ai lu quelque part qu’un adage chinois soutient que les Chinois percoivent la majorité des étrangers soit comme des génies, ou des triples andouilles. Ils sont silencieux et semblent réfléchir très fort, ca donne l’impression qu’ils croient que nous faisons partie de la deuxième catégorie. Les choses tournent tout de même rondement avec eux. Au cours du souper commun qui réunissait des Francais, des Chinois et tout plein d’autres nationalités, je me suis assis dans un coin avec Yang Yang, Pingye Li (alias Dexter) et une autre demoiselle de l’empire du milieu. Dexter, tel que présenté plus tôt, est le cool guy, Yang Yang est la jeune chinoise hip très girlie et l’autre est plus mainstream. Alors que je discutais tout bonnement de tout et de rien avec la demoiselle anonyme et que Yang et Li discutaient entre eux, j’ai décidé de vérifier à quel point ils étaient informés sur leur Chine. Sans le crier à tue tête, j’ai abordé le sujet du Falun Gong. Instantanément, Dexter et Yang ont cessé de converser en mandarin et se sont retrounés vers moi. Le Falun Gong est percu comme un mouvement terroriste en Chine, grâce à la propagande du gouvernement central. Aux yeux des plus informés en Chine, et ceux qui s’intéressent au sujet ailleurs, le Falun Gong est un mouvement issu des traditions centenaires du qigong (méditation et introspection), avec un accent particulier sur la moralité et les aspects sociétaires de la vie. Ce n’est ni un mouvement, ni une religion, (il n’y a pas de leader, pas de liste de « membres »). La raison pour laquelle le régime a démonisé cette pratique est que la proportion de Chinois pratiquant ce type de méditation a pris des proportions alarmantes au cours des années 90. Marx soutenait que « la religion est l’opium du peuple ». Sous cette prémice se cache quelque chose d’autre: un peuple sans religion, sans véritables syndicat, sans mouvement, sans liberté d’association est beaucoup facile à manipuler, les révoltes sont plus faciles à mater. Dans ce contexte, le gouvernement central chinois a statué en 1999 que le Falun Gong (aussi appelé Falun Dafa) serait dorénavant illégal. Tout ceux qui ont tenté de défendre le mouvement ont été torturés violament. Un rapport publié en 2004 par l’ONU fait état des atrocités commises par les autorités à l’endroits des supporters du Falun Gong. Même Google a été accusé de collusion avec la propagande du gouvernement chinois. Une recherche sur Google.cn au sujet du Falun Gong donnait des résultat qui suivait la ligne du parti central.

Bref, une fois ce sujet abordé, mes nouveaux amis chinois se sont mis à regretter un peu d’être devenus mes amis. Un malaise les a envahis, et les critiques ont vite fait surface. « Je ne suis pas informé », « Je ne suis jamais allé en Chine », « Je ne parle pas Mandarin », etc. etc. Toutes ces critiques, quoi que fondées, constituent des négations bien mal armées. Cela peut sembler loufouque, à l’heure de la société d’information et à l’accès quasi-universel d’internet, qu’un Gouvernement ait l’ambition de censurer l’Internet. C’est bel et bien le cas en Chine. Et la propagande prend la place laissée en plan par l’information manquante. Dexter et Yang soutenaient que les adeptes du Falun Gong sont des tueurs, qu’ils s’immollent en public et blablabla. Mais bon, ce n’est pas à moi de leur apporter la vérité, mais peut-être de semer le doute dans leur océan de vérités acquises.

Puis, bien entendu, nous ne pouvions pas nous enfuir de cette discussion sans aborder le sujet du Dalai Lama. Ils n’étaient même pas au courant que le Dalai Lama avait changé sa position au sujet du Tibet. En 2006, il a laissé tombé sa position indépendantiste pour une plus modérée, celle de l’autonomisme (Bonjour Mario Dumont!). Mes nouveaux amis soutenaient que le Dalai Lama avait tué des gens dans son jeune âge et que tout ce qu’il cherchait, c’est la guerre. J’étais bien médusé…

Puis, soudainement, Yang s’est exprimée: « Est-ce qu’on peut arrêter de parler de ces sujets? Est-ce qu’on peut parler de mode? » Oui, oui, répondis-je.

 

Quelques photos d’un autre souper, celui où nous étions tous ensemble pour une dernière fois. Evan et Kristi nous ont quitté cette semaine.

Le revers de la médaille

J’ai mis le cap sur la Suède pour comprendre. Objectif flou et ambitieux, j’y arrive peu à peu, moins vite que je le croyais.

Aujourd’hui, Johnny le Bangladeshi me demande: “Vous n’avez pas de bonnes écoles au Canada? Pourquoi es-tu venu en Suède?” Pour un gars qui semble être venu profiter des ressources du pays, un gars qui fait partie de l’infime élite d’un des pays les plus pauvres de la terre, mes considérations paraissent bien futiles. Comprendre?

Mon assiduité à l’écriture est pitoyable. Ce doit être relié au fait que je suis dans ma séquence la plus studieuse de ma vie, probablement. Borlänge est très asceptisé en terme de culture et de distractions, tenant donc les démons de la réflexion bien loin de moi.

Mes caméras ramassent la poussière aussi. C’est bien dommage… Mes lentilles ne rouilleront pas longtemps, puisque quelques jours me séparent de voyages qui m’apporteront ma maman, jusqu’en Russie, en passant par le Danemark. Je ferai un petit coucou a la maison de Gagliano. Donc, la Russie sous peu. Source intarissable de paradoxes, moteur même de mon amour-haine pour ce pays damné, je sens que j’aurai le stylo qui chauffe.

Ce n’est pas la nostalgie, ni le blues, ni le mal du pays, mais ce putain d’hiver n’en finit plus. On n’est juste en Février. Pas de trois-ski, pas de patins, pas de tire sur la neige. L’hiver à Borlänge perd tout son sens.

On entend dire tellement de gens “Ah oui, la Suède, c’est si beau. Mais vous devriez venir en été”. Donc oui, dans un pays ou le sport est roi, ou les sentiers dans les bois sont pris d’assaut par tout le monde, l’hiver est une période d’hibernation sociale.

Parlant de social, je me suis mis a réfléchir l’autre jour, lorsque nous étions à Stockholm. Les pays nordiques (Scandinavie + Finlande) pétent des scores dans tous les palmarès: éducation, santé, sport, belles femmes :) , environnement, business, développement international, etc etc. Comment donc expliquer un nombre abnormal de suicides? Et ces tueries dans les écoles finlandaises? Ces jeunes qui, bravant le mur que représente les taxes, passent leurs journées à boire et à doucement s’effacer?

Le sujet serait adéquat pour un thèse universitaire, mais je me lance tout de même. Dans un pays où tout est littéralement possible, cette liberté est profondément angoissante. Le fait de réaliser que tout est ouvert, que 1000 portes s’offrent à nous et que nous n’avons pas le temps de toutes les essayer, il faut s’en remettre partiellement au hasard de la vie et à certaines intuitions. Dans certains autres coins du monde, tu nais ouvrier, tu mouriras ouvrier. Ici, tu peux devenir astronaute si cela te chante. OK, me direz-vous. En quoi cela est-il différent de chez nous, où tout est potentiellement possible? La différence, c’est le ramoneur et le docteur. Au Québec du moins, nous sommes coincés dans cette vieille mentalité pourrie, sortie directement de Séraphin: les kings ce sont l’avocat, le docteur et le maire (il y avait le prêtre autrefois, mais on l’a flushé dans les années 60). On voue au vocations classiques, particulièrement aux medecins, un statut de demi-dieu, de quasi-noblesse. Et avec tout haut, il y a un bas. Le revers de la médaille c’est que certaines vocation sont vues comme des petits métiers. Notre société se devra de poser un regard nouveau sur les formations non-classiques, pour l’avancement de l’ensemble de la population. Dans plusieurs pays européens, les ramoneurs doivent suivre une formation spécifique, équivalent à un préuniversitaire. Ils ont des responsabilités équivalentes aux pompiers, puisqu’ils sont chargés de l’inspection (systématique) préventif des système de chauffage résidentiel. Quel regard pose-t-on sur les ramoneurs chez nous? Combien de jeunes ont ce métier comme premier choix dans la belle province?

J’entends déjà certains avancer que de ne pas suffisamment valoriser les vocations classiques, de ne pas mettre de l’avant un système d’éducation qui mette l’accent sur les mathématiques et la rationalité stricte revienne à niveler par le bas, à ne pas pousser les futures générations à donner le meilleur d’eux-mêmes. J’y répond tout de suite que ce genre de moule n’est simplement pas fait pour tout le monde. Si tellement de jeunes tombent « en dehors du moule », hors du système, c’est probablement parce qu’il y a un problème avec le moule, pas les jeunes.

Donc oui, le système nordique est plein de qualités, mais laisse les jeunes face à un nombre incroyable de possibilités, ce qui génère une profonde angoisse que je crois avoir reconnu chez beaucoup de mes pairs.

Je vous tiendrai au courant ;)