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Smile, Cold Coffee and Sweden

Les chevaux sont de retour dans l’enclos près de l’appartement. Un grand enclos avec des herbes hautes et des souches un peu partout sur le terrain accidenté. L’automne est déjà installé confortablement, et la lumière jaune du soleil, qui se couche déjà beaucoup plus tôt, m’a donné un peu de compagnie lors de mes marches en forêt.

Je suis revenu mercredi dernier en Suède. Mon orchidée a survécu la sécheresse de ma négligence et mon appartement était bien mort à mon arrivée. Le calme plat occupe désormais mes journées, de quoi faire tout un changement après mon été de rêve auprès de ceux que j’aime. C’est avec le coeur gros que je suis revenu, un peu à la dérive.

Je ne peux m’empêcher de comparer. Et les contrastes ne sont que plus flagrants. Il y a 3 semaines, je me baladais sur Clark à Montréal, déambulant en fouinant un petit peu. Je me suis arrêté au Café Grazie Mille, au coin de Fairmont, juste en face de Chez Wilensky. Je commande un petit espresso au petit homme rond derrière le comptoir, qui me répond prestement avec toute sa loquacité dans un mélange de français et d’anglais avec des pointes d’idiomes italiens. Puis, une jeune femme aux traits juvéniles entra, avec sa robe longue en coton gris, ses cheveux bouclés et ses yeux de charbon tout ronds. Le tenancier s’est alors empressé de quitter le derrière de son comptoir pour accueillir « sa belle marocaine ». S’en suivi un peu plus tard d’une gentille discussion entre nous trois au sujet de la culture culinaire de Montréal, de l’Italie et de l’art du café. Longtemps après avoir terminé ma toute petite tasse, j’ai repris mon sac et je me suis baladé jusqu’au magasin Dix Mille Villages, juste pour fouiner un peu. Le mercure devait facilement dépasser les trente degrés, en plus de l’humidité qui ne me fait pas chigner du tout. Je me suis fait accueillir par un homme très poli, qui s’est précipité pour m’offrir une grande tasse de café gratuite. Feignant de ne pas avoir chaud et d’avoir bu deux espresso double quelques minutes avant, j’ai accepté le café si gentiment offert. Nous nous sommes mis à discuter de son travail bénévole à la boutique, de son parcours qui a commencé à Kinshasa, pour ensuite l’amener à étudier à la maîtrise en France comme ingénieur agro-alimentaire. Il m’a parlé de la guerre civile, de son travail auprès d’ONG canadiennes au Congo, de l’exclusion qu’il a vécu en France, de son intégration tout à fait correcte à Montréal et des délais interminables d’Immigration Canada pour lui livrer son permis de travail. Le temps passait tellement vite que je ne me suis jamais rendu qu’il était rendu 18h10 et que l’autre employée avait déjà verrouillé la porte du magasin. Nous nous sommes ensuite laissé d’une poignée de main chaleureuse, avant que je ne reprenne mon chemin vers Le Dieu du Ciel, où mon ami Greg et moi avons baptisé la nuit à grands coups de bières aux milles saveurs. J’ai même revu l’Italien du café sur mon chemin, il m’a reconnu depuis sa vieille Hyundai et m’a amicalement envoyé la main. Ca, c’est mon Montréal.

J’arrive ici en Suède, et c’est pire que la steppe mongole. Une sécheresse et une froideur sans nom qui me fait sentir comme le dernier des fantômes. Je me baladais plus tôt aujourd’hui dans les sentiers près d’où j’habite. À mesure que je croisait des promeneurs à qui je tentais de sourire, je me suis mis à répertorier leurs réactions. 9 personnes m’ont strictement ignoré alors que je regardais dans leur direction et que j’envoyais un léger sourire. 1 personne a eu le malheur de croiser mon regard, pour instantanément précipiter son regard vers le sol. Je commence ma quatrième année en Suède, et je devrais pourtant commencer à comprendre, où à me faire à l’idée. Je refuse toutefois de me fondre dans cet individualisme dénué de la chaleur, qui m’est si importante. Je m’obstine à faire preuve d’altruisme, à aider les vieilles dames à entrer dans le train et à maintenir mes bonnes façons envers la jeune caissière turque à l’épicerie. Je dois probablement me donner des moyens de gérer la frustration issu du rejet, ou simplement me motiver en regardant la prochaine date à laquelle je m’évaderai en Finlande, en Allemagne ou au Kenya…

 

JC et Audrey en visite

Après avoir rongé mon frein durant les longs mois d’hiver loin de mes comparses, disons que j’ai été servi. D’abord Tommi et Maiju en compagnie de Santtu et Teppo, le temps d’une fin de semaine à toute allure, puis Jean-Christophe et Audrey quelques jours plus tard.

Je me suis donc envolé vers Copenhague question d’accueillir mes vaillants amis. Une petite journée, le temps d’arpenter les rues tortueuse de la capitale danoise et de déguster d’excellentes microbrasseries danoises. Puis, le soir venu, nous avons sauté dans un train à grande vitesse en direction de Stockholm. Nous avons du affronter le caractère bipolairede la météo suédoise, avec le grand soleil et les nuages qui alternaient à qui mieux mieux. Le 24 juin ne marque pas seulement la fête nationale Québécoise, mais aussi le « midsommar » suédois, fête de l’été. Nous l’avons donc célébré en bonne et due forme, avec de bonnes grillades, du vin à flot et une baignade sous le soleil de minuit. Parce que de ces temps-ci, il ne fait pas noir très longtemps…

Et le beau Jean-Christophe a demandé la main de sa douce! Quel bonheur…

Voici ce qui arrive lorsque Jean-Christophe me demande de prendre une photo à 4 heures du matin avec son iPhone:

 

Petits clichés:

Akademiska Rodden

Petite compétition amicale d’aviron à Uppsala. Suivie du souper gargantuesque et d’une nuit endiablée au son d’un cover band interprétant I will Survive ou les classique de Abba… Beaucoup de plaisir en compagnie de mes confrères et consoeurs d’Uppsala…

Valborg!

Une visite éclair d’Alex, Linda et Morgane (entrecoupée de 6 autres invités dans mon énorme appartement). Merveilleux de pouvoir enfin les revoir, le jour de l’an me paraît déjà si loin.

Luleå

Nice trip to northern Sweden. Forest, wonderful people and lovely archipelago…

A special note for the TreeHotel, fabulous premium constructions made by ambitious architects and a courageous entrepreneur…