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An other day in my swedish paradise

L’automne est bien installé. Les feuilles tombent, la pluie nous surprend lorsqu’elle ne vient pas, le merucre oscille autour des cinq degrés. Les jours racourcissent, les travaux s’empillent, les élections canadiennes approchent…

La vie suit son cours. Mes journées sont bien remplies, entre 200 recettes et 500 cafés, je tente d’être assidu dans mes études, et je passe du bon temps avec mes amis. Les temps de débauche des premières semaines semblent être loin dans ma mémoire, comme quoi je n’ai vraiment pas besoin d’aller trainer dans les (rarissimes) bars de Borlänge pour apprécier ma petite vie tranquille. Serais-je ne train de m’assagir? Sûrement pas…

Saint-Ex remplit ma tête avec sa prose aventurière et poétique, et la popotte remplit ma panse. Je tue le temps comme ça, des biscuits à la tonne (que je ne mange pratiquement pas en fin de compte, mais qui fait le bonheur de mes NOMBREUX voisins), du pain que je pétrit avec Evan, des lasagnes au saumon, des soupes au fruits de mer, et même un pâté chinois! Oh le végétarisme!

Berlin m’attend patiemment. Moins d’un mois! Ce sera l’occasion de renouer avec un ville qui a su m’enhivrer, mais que j’ai eu le malheur de connaître plus une fois la nuit tombée. Et je n’avais que 16 ans… Ce sera cette fois plus les musées et les concerts qui sauront nous captiver.

Autrement, j’apprend à connaître mon patelin plus en profondeur. Ce n’est pas Saint-Pétersbourg, ni Lima, mais j’aime me perdre dans les dédales de sentiers. Hier, je suis partit sur des sentiers de bûcherons et de chasseurs, grimpé tout en haut d’une montagne pour regarder les mille couleurs de l’automne. Une fois les pentes dévalées, le sauna m’a fait suer à grosses gouttes.

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Un peu de culture suédoise….

Surströmming

Si j’avais à résumer ça, je dirais « ignoble ». Evan, quant à lui, tout à fait dans un registre qui lui est propre, à qualifié le tout de « rotten pussy ». C’est un poisson, le harreng, qui est fermenté dans un baril pendant cinq mois, puis mis en conserve pour être vendu et consommé en septembre. À l’origine, ce procédé a été mis de l’avant afin que tous puissent consommer du poisson en automne, alors que la pêche est plus difficile. Il faut vraiment aimer le poisson pour se réduire à manger du poisson moisi. La boîte de conserve que nous avons acheté était tellement bombée qu’on dirait qu’elle était affectée par le botulisme. L’odeur est identique à celle qui reignait dans l’usine de traitement des eaux usées de la ville où nous habitions au Pérou! Smaklig måltid!

Snus

Une petite boulette de tabac sous la lèvre. Équivalent à 7-8 cigarettes selon certains. Je dirais pour ma part que c’est équivalent à 7-8 chaussettes sous la lèvre. Je peux comprendre la plaisir de fumer à l’occasion, maisvraiment pas celui d’avoir la bouche pleine de bave…

Sauna

Nous sommes chanceux aux résidences, car nous en avons deux au deuxième étage. Et ils sont pratiquement inutilisés, du moins nous avons été les seuls utilisateurs moi et mes amis, mis à part cette fois où ils y avait des chinois nus qui écoutaient la télévision dans le sauna (éteint)… Nous le prennons à la façon finlandaise, c’est à dire à environ 85 dégrés celcius, en se fouettant avec les branches d’un bouleau… Que de belles activités à faire, nus, en compagnie de ses amis!

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Des photos…

Örebro is the shit

Je sais… j’ai une innacceptable irrégularité. Que voulez-vous.

J’ai un talent pour me retrouver dans des situations rocambolesques/stupides. Cette fois, on dirait qu’un vent d’aventure et d’errance soufflait sur nous.

Vendredi le 6 septembre, nous sommes partis, Sima (française), Evan (américain), Anna (finlandaise) et moi, pour une jolie petite ville située à 2 heures de notre ville de province. Örebro a tout d’une ville d’Europe, avec son château et ses rues étroites. Nous ne nous sommes toutefois pas déplacés là-bas pour ce genre de charmes, mais bien pour… le ROCK’N ROLL. Sima, qui a des amis musiciens a peu près partout en Europe, nous a invité à se joindre à elle pour assister à un festival (gratuit et en plein-air) de 60-70s Rock. Comment refuser?

Le plan initial consistait à emprunter l’appartement d’un autre musicien partit en tournée aux États-Unis. Simple à première vue. Alors que les bières s’enfilaient dans un pub équestre (?) d’Örebro, un certain Jens est venu nous porter la fameuse clé. Il n’était toutefois pas certain de l’adresse de son fameux amis, il a donc appelé l’opératrice pour connaître son adresse exacte. La soirée a tout bonnement continué en compagnie d’Elvis (son vrai nom) Campbell et son frère Oscar, et tout une ribanbelle de hippies très sympathiques. Evan, étant donné qu’il est américain, au lieu de se faire insulter, s’est fait payer une bonne quantité consommations en tout genre par des inconnus au bar. Les discussions au sujet du vrai goût du hareng fermenté (une spécialité suédoise peu ragoutante) et des influences du rap sur la musique rock moderne s’alternaient, tout comme les bières. Une fois les deux heures sonnées, nous avions déjà volé quelques articles dans le bar (fourchettes, beef-jerky, salières, nappes, cadres, etc.), ce qui annonçait que de tout manière, notre soirée était pas mal finie. Nous ne pouvions pas être plus loin de la vérité!

Nous avions donc en tête de retourner chez Elvis, question de récupérer nos affaires et de filer vers la mystèrieuse demeure de David Kristersson. En route, nous avons été insulté par un grand suédois rasé à la mine fasciste, il voulait définitivement se battre avec nous. Je n’en pas fait grand cas. Un peu après, le temps d’une dernière bière dans la crasseuse pièce qui sert de chambre, de salle de concert et de sèche-linge à l’illustre Elvis, et nous étions déjà en route vers un point très éloignés sur la carte. J’ai alors été nommé Intergalactical Navigator par le trio qui m’accompagnait, à cause de mes qualités de guide…

Après plus d’une heure de pénible marche dans le froid de la nuit très avancée, nous sommes arrivés à un point où il n’y avait même plus de trottoir pour continuer notre quête vers la fameux appart. Nous trainions nos savates depuis si longtemps, le ciel commençait à s’éclaircir doucement, les premières voitures transportaient les travailleurs, nos pizza congelées dans nos sacs à dos n’avaient plus rien de congelées. Malgré notre combat contre l’adversité, en aucun moment nous n’avons perdu patience ou nous nous sommes énervés du fait que nous nous trouvions dans une situation aussi absurde. Nous trouvions plutôt le moyen d’éclater de rire, ou de nous taire simplement. Un excellent test pour l’amitié..

Puis, dans un élan d’épuisement, nous avons fait un petit roupillon sur un banc de parc, mais cela semblait importuner les quelques grand-mères qui étaient éveillées et qui nous observaient dans l’obscurité de l’aube. Nous avons donc convenu de tenter de trouver un bus qui nous ramènerait en ville, car il était hors de question de marcher de nouveau. Nous avons donc fait un autre petit dodo dans un abri-bus, comme en témoigne la photo plus-bas. Quelques cyclistes et automobilistes se retournaient après nous avoir croisé; ils se demandaient probablement ce que cette bande d’idiots venait bien faire dans leur tranquille campagne. Le chauffeur de bus, lui, ne parlait pas un mot d’anglais, mais nous avons toutefois compris qu’il avait pitié de nous.

De retour en ville, nous avons continué de chercher désespérement, quoique dans des éclats de rires, le maudit appartement, selon les souvenirs un peu flous de Sima. Après quelques appels, car le matin était déjà suffisament avancé qu’on peut appeller les gens à cet heure là, nous avons convenu avec je ne sais plus trop qui que nous allions à leur rencontre. Nous sommes revenus sur nos pas, croisant ainsi le château de la ville pour la cinquième fois dans la même nuit, pour tomber sur Oskar et Karin que nous avions brièvement rencontré au bar équestre. Karin nous a donc offert le gîte, le vin à 8h00 du matin, la douche, et BEAUCOUP d’amour… Une fois notre nuit (?) achevée, nous nous sentions mal de la déranger, nous ne voulions pas abuser de sa bonté, et en plus Oskar était couché à côté d’elle dans son lit, alors que nous occupions le sol et le divan, nous pensions donc qu’ils avaient d’autres préoccupations… Jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’elle ne voulait pas qu’on parte et … qu’elle était lesbienne. En fait, Oskar était là, juste parce qu’elle était un peu inquiète du fait d’accueillir 4 chiens errants…

Nous avons donc refait la fête, assisté à un festival de 60s rock sous la pluie, cuisiné des crêpes, un gratin dauphinois et les pizzas maintenant-décongelées, tout ça en compagnie de notre sauveur, Karin Larsson. Elle était un peu tanné que je lui dise « you’re our angel » alors elle m’a demandé de l’appeler Lucifer.

Nous nous sommes donc laissé, complêtement brûlés de deux nuits de rock star, le dimanche à la gare. Elle nous a alors invité pour le week-end suivant, à une partie de langoustine dans les bois. Je croyais vraiment que je n’irais pas… Mais finalement, nous y sommes allés, les 4 mousquetaires solidaires. Encore une belle fin de semaine, dans une cabane chauffée au bois, dans le fin fond de la forêt. Nous en avons profité au maximum, en se goinfrant de langoustines froides et de bières. Sima s’est même mariée sur un barrage au milieu de la nuit avec un viking roux tellement suédois. Le lendemain, question de se rafraîchir les idées, Evan et moi avons sauté dans le lac glacé devant le regard hagard des Suédois…

Donc, depuis cette fin de semaine, nous sommes tous de retour dans notre jolie (et tranquille) Borlänge. On renoue avec les livres, le jogging et la popotte. C’est vraiment super ici.

J’ai déjà hâte à la neige…

Örebro

Stora, dans les bois!