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Fascinante Finlande

Après avoir passé d’heureuses fêtes in the Good ol’ Germany, j’ai sauté dans le dernier train en direction d’Hambourg avec l’intention de rejoindre ma douce dans les profondeurs de la Finlande. 3 heures de sommeil dans la vieille ville, interrompus ça et là par les cris de la prostituée en visite dans la chambre adjacente à la mienne, et j’étais déjà en route pour la Lettonie. Depuis Riga j’ai dû prendre un autre vol pour Oulu, la cinquième plus grande ville de Finlande et la capitale mondiale du Air Guitar.

 

L’avion. Cela faisait déjà un moment que je réfléchissais à cela. Pas au point de me faire du soucis, mais suffisamment pour me préoccuper. Depuis la première fois où j’ai eu la chance de voler, alors que j’avais 12 ou 13 ans, j’ai toujours ressentit un profond sentiment d’excitation à chaque fois que je prenais l’avion. Invariablement, un trépignement interminable qui m’empêchait de trouver le sommeil s’emparait de moi. Habituellement, ce sentiment allait en grandissant en route vers l’aéroport. C’est probablement pourquoi, lorsque j’ai participé au rapatriement des Canadiens du Liban en 2006, je pouvais travailler de longues heures sans arrêt, étant donné que notre poste de travail était situé à quelques centaines de mètres de l’aéroport. Toutefois, ce sentiment semblait s’être éteint. À mon retour du Pérou, je ne savais pas trop sur quel pied danser. 10 jours à la maison, c’est bien peu. Je ne savais pas comment utiliser mon temps. Sans trop savoir quand est-ce que je reviendrai. Puis, lors de mon vol (mouvementé) vers Stockholm depuis la belle province, je me suis senti bien insensible, un peu passif. C’était peut-être ma façon de vivre mon stress, ma façon de vivre ma peur de me lancer vers l’inconnu.

 

Mais bon, la bonne nouvelle c’est que je ne suis pas blasé, que tout cela a bien fini par passer! Mon vol Riga-Oulu était un pur enchantement, j’étais bien trop occupé à m’émerveiller de la vie et à interpréter la forme des nuages dans le ciel. Je crois que mon moment préféré en avion est lorsqu’on passe à travers des nuages. Je me demande bien quel goût ont les nuages. Probablement sucré.

 

La plupart des Québécois ont un préjugé favorable à l’endroit de la Finlande. Saku Koivu aidant, j’imagine. Oui, la Finlande est comme on dans nos plus beaux rêves. Il est aussi bien difficile de ne pas comparer la Finlande au Québec, avec tous les bémols qui viennent au passage. 5 millions d’habitants vs. 7 millions d’habitants. Deux peuples d’entrepreneurs. Deux nations qui refusent de mourir, avec une langue bien solitaire. Deux pays du Nord. Deux pays de hockey. La liste est longue… Toutefois, toutes ces ressemblances ne font que souligner les différences. La Finlande a du se battre plusieurs fois durant le dernier siècle, dont une fois contre elle-même (Guerre Civile en 1918). La Winter War qui l’a opposé à la Russie a aussi laissé des traces (majoritairement sur l’ego russe – les Finlandais avaient 10 fois moins d’effectifs que les Russes et ils ont tout de même fat un carnage). Bref, autant de sang pour un petit pays forge les esprits. Ça doit aussi leur avoir endurcit la couenne, comme on dit. La gazon est toujours plus vert chez le voisin me direz vous, mais certains aspects du succès finlandais sont indéniables. Des multinationales (Nokia) et des compagnies a grand succès (Rappala, Suunto) ne frémissent pas devant le taux d’imposition fiscal. Selon l’étude de Pise, la Finlande possède le meilleur système d’éducation au monde (et oh… gratuit!). Les étudiants recoivent aussi une allocation de subsistance (qu’ils ne doivent pas rembourser) équivalent à 750$ canadiens par mois. Les routes, même à une latitude équivalente à la baie d’Ungava, sont en excellent état. Le système de santé est excellent et le nombre de fumeurs et d’alcooliques est parmi les plus bas d’Europe. Les succès sportifs (F1, Hockey, Ski, Biathlon) sont nombreux (ils n’ont pas à endurer les chansons de Jacques Villeneuve). Aussi, je n’arrive pas à diminuer mon étonnement à chaque fois que j’inspecte la notice de fabrication des produits que l’on retrouve dans les magasins: Ils sont presque systématiquement fait ici, en Finlande. Quand avez-vous pour la dernière fois trouvé une cuillère ou une paire de bas faits au Québec? Bref, je me demande bien ce qu’il nous manque, au Québec, pour en arriver là? N’est-ce pas un modèle de société qui peut améliorer le sort de l’ensemble de la collectivité? L’indépendance du Québec nous offrira-t-elle les conditions gagnantes? Renvoyer Harper avec les red necks de l’Alberta sera-t-il suffisant? J’en doute. Nous sommes probablement trop individualistes, trop effrayé de payer des taxes, trop en amour avec les bas prix de tous les jours de chez Wal-Mart.

 

J’ai reçu un livre pour apprendre le finnois. Je pratique tous les jours. C’est loin d’être facile, mais c’est beaucoup plus loin d’être impossible. Comme c’est ridicule d’apprendre la langue la plus compliquée d’Europe, qui n’a que quelques racines en commun avec le Hongrois et l’Estonien. Peut-être, vous répondrai-je. Je suis toutefois fasciné par cette culture de Gaulois, par cette force qui anime ce peuple si unique. Et bien sur, il y a Anna.

 

J’ai eu la chance de conduire jusqu’au chalet que nous avons loué près du cercle polaire. La rutilante BMW avalait les montagnes au rythme des mélodies de Sting. Malgré le fait que le cadran n’affichait que 2 heures, le soleil nous a fait faux bond. À ce temps ci, je crois que le soleil ne se pointe le nez qu’entre midi et 13 heures. C’est très peu, et c’est bénéfique contre mon hyperactivité!

 

Le chalet couvert de neige nous attendait au bord du lac. Pas d’eau courante, bécosse dans la cour, il s’agissait là d’une vraie expérience qui n’avait pas grand chose de dépaysant. Le sauna finlandais chauffé au bois était proprement exquis et valait vraiment le détour. Nous avons passé la semaine à popotter, écouter des films, jouer aux cartes, profiter du grand air et passer du bon temps avec les amis d’Anna. Nous sommes allé skier à Ruka, petite montagne de la taille de Val St-Come, ressemblant à une protubérance volcanique dans la plaine polaire. Le vent devait souffler à pres de 80 km/h au sommet, contribuant ainsi à épaissir la croûte de glace sur toutes les structures se trouvant au sommet. Les couchers de soleil dans le cercle polaire sont absolument merveilleux. L’air froid dissipe la lumière différemment, avec l’horizon entier couvert d,une chaude couleur pêche, tout en contrastant lentement vers le bleu azur du zenith. (Je suis pitoyable, je n’ai pas de photo… Mon appareil n’aurait pas aimé une journée de ski à -20 degrés dans mon sac).

 

Nous avons regardé le film “Diarios de Motocicleta”, film décrivant l’épopée du Che à travers l’Amérique du Sud. J’ai vu le film plusieurs fois et j’ai même lu les mémoires orignaux du Che qui ont servi à réaliser ce film. Tout en restant on ne peux plus humble, en plus de demeurer critique face aux moyens empruntés par les révolutionnaires à Cuba, je me vois inspiré par cet homme. À ma manière, je pars à la découverte d’un continent aussi. Je désire comprendre ces gens, je désire décrypter ce qui les motive, ce qui les rends différents. Aussi, les aventures du Che me motivent. Ils me motivent à toujours garder la flamme. À toujours croire en ses rêves.

 

Nous sommes maintenant de retour à Raahe, la ville natale d’Anna, à quelques mètres su Golphe de Botnie. Quelques jours encore ici, et je serai de retour au royaume de Borlänge…

PS. Une heure de soleil par jour, ca ne fait pas beaucoup pour les photos. Pardon!

Örebro is the shit

Je sais… j’ai une innacceptable irrégularité. Que voulez-vous.

J’ai un talent pour me retrouver dans des situations rocambolesques/stupides. Cette fois, on dirait qu’un vent d’aventure et d’errance soufflait sur nous.

Vendredi le 6 septembre, nous sommes partis, Sima (française), Evan (américain), Anna (finlandaise) et moi, pour une jolie petite ville située à 2 heures de notre ville de province. Örebro a tout d’une ville d’Europe, avec son château et ses rues étroites. Nous ne nous sommes toutefois pas déplacés là-bas pour ce genre de charmes, mais bien pour… le ROCK’N ROLL. Sima, qui a des amis musiciens a peu près partout en Europe, nous a invité à se joindre à elle pour assister à un festival (gratuit et en plein-air) de 60-70s Rock. Comment refuser?

Le plan initial consistait à emprunter l’appartement d’un autre musicien partit en tournée aux États-Unis. Simple à première vue. Alors que les bières s’enfilaient dans un pub équestre (?) d’Örebro, un certain Jens est venu nous porter la fameuse clé. Il n’était toutefois pas certain de l’adresse de son fameux amis, il a donc appelé l’opératrice pour connaître son adresse exacte. La soirée a tout bonnement continué en compagnie d’Elvis (son vrai nom) Campbell et son frère Oscar, et tout une ribanbelle de hippies très sympathiques. Evan, étant donné qu’il est américain, au lieu de se faire insulter, s’est fait payer une bonne quantité consommations en tout genre par des inconnus au bar. Les discussions au sujet du vrai goût du hareng fermenté (une spécialité suédoise peu ragoutante) et des influences du rap sur la musique rock moderne s’alternaient, tout comme les bières. Une fois les deux heures sonnées, nous avions déjà volé quelques articles dans le bar (fourchettes, beef-jerky, salières, nappes, cadres, etc.), ce qui annonçait que de tout manière, notre soirée était pas mal finie. Nous ne pouvions pas être plus loin de la vérité!

Nous avions donc en tête de retourner chez Elvis, question de récupérer nos affaires et de filer vers la mystèrieuse demeure de David Kristersson. En route, nous avons été insulté par un grand suédois rasé à la mine fasciste, il voulait définitivement se battre avec nous. Je n’en pas fait grand cas. Un peu après, le temps d’une dernière bière dans la crasseuse pièce qui sert de chambre, de salle de concert et de sèche-linge à l’illustre Elvis, et nous étions déjà en route vers un point très éloignés sur la carte. J’ai alors été nommé Intergalactical Navigator par le trio qui m’accompagnait, à cause de mes qualités de guide…

Après plus d’une heure de pénible marche dans le froid de la nuit très avancée, nous sommes arrivés à un point où il n’y avait même plus de trottoir pour continuer notre quête vers la fameux appart. Nous trainions nos savates depuis si longtemps, le ciel commençait à s’éclaircir doucement, les premières voitures transportaient les travailleurs, nos pizza congelées dans nos sacs à dos n’avaient plus rien de congelées. Malgré notre combat contre l’adversité, en aucun moment nous n’avons perdu patience ou nous nous sommes énervés du fait que nous nous trouvions dans une situation aussi absurde. Nous trouvions plutôt le moyen d’éclater de rire, ou de nous taire simplement. Un excellent test pour l’amitié..

Puis, dans un élan d’épuisement, nous avons fait un petit roupillon sur un banc de parc, mais cela semblait importuner les quelques grand-mères qui étaient éveillées et qui nous observaient dans l’obscurité de l’aube. Nous avons donc convenu de tenter de trouver un bus qui nous ramènerait en ville, car il était hors de question de marcher de nouveau. Nous avons donc fait un autre petit dodo dans un abri-bus, comme en témoigne la photo plus-bas. Quelques cyclistes et automobilistes se retournaient après nous avoir croisé; ils se demandaient probablement ce que cette bande d’idiots venait bien faire dans leur tranquille campagne. Le chauffeur de bus, lui, ne parlait pas un mot d’anglais, mais nous avons toutefois compris qu’il avait pitié de nous.

De retour en ville, nous avons continué de chercher désespérement, quoique dans des éclats de rires, le maudit appartement, selon les souvenirs un peu flous de Sima. Après quelques appels, car le matin était déjà suffisament avancé qu’on peut appeller les gens à cet heure là, nous avons convenu avec je ne sais plus trop qui que nous allions à leur rencontre. Nous sommes revenus sur nos pas, croisant ainsi le château de la ville pour la cinquième fois dans la même nuit, pour tomber sur Oskar et Karin que nous avions brièvement rencontré au bar équestre. Karin nous a donc offert le gîte, le vin à 8h00 du matin, la douche, et BEAUCOUP d’amour… Une fois notre nuit (?) achevée, nous nous sentions mal de la déranger, nous ne voulions pas abuser de sa bonté, et en plus Oskar était couché à côté d’elle dans son lit, alors que nous occupions le sol et le divan, nous pensions donc qu’ils avaient d’autres préoccupations… Jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’elle ne voulait pas qu’on parte et … qu’elle était lesbienne. En fait, Oskar était là, juste parce qu’elle était un peu inquiète du fait d’accueillir 4 chiens errants…

Nous avons donc refait la fête, assisté à un festival de 60s rock sous la pluie, cuisiné des crêpes, un gratin dauphinois et les pizzas maintenant-décongelées, tout ça en compagnie de notre sauveur, Karin Larsson. Elle était un peu tanné que je lui dise « you’re our angel » alors elle m’a demandé de l’appeler Lucifer.

Nous nous sommes donc laissé, complêtement brûlés de deux nuits de rock star, le dimanche à la gare. Elle nous a alors invité pour le week-end suivant, à une partie de langoustine dans les bois. Je croyais vraiment que je n’irais pas… Mais finalement, nous y sommes allés, les 4 mousquetaires solidaires. Encore une belle fin de semaine, dans une cabane chauffée au bois, dans le fin fond de la forêt. Nous en avons profité au maximum, en se goinfrant de langoustines froides et de bières. Sima s’est même mariée sur un barrage au milieu de la nuit avec un viking roux tellement suédois. Le lendemain, question de se rafraîchir les idées, Evan et moi avons sauté dans le lac glacé devant le regard hagard des Suédois…

Donc, depuis cette fin de semaine, nous sommes tous de retour dans notre jolie (et tranquille) Borlänge. On renoue avec les livres, le jogging et la popotte. C’est vraiment super ici.

J’ai déjà hâte à la neige…

Örebro

Stora, dans les bois!