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РОССИА

J’apprécie déjà franchement mes amis ici, surtout mes amis de « l’est ». Un peu par nostalgie, beaucoup par affinité, je sens que je m’attache peu à peu.

Tout cela me porte à réfléchir sur ce qui m’intéresse dans l’esprit slave, parce que même après avoir quitté la Fédération russe depuis plus d’un an, ce pays me hante toujours profondément. Un jour, assis sur le plancher froid des résidences en Russie, je discutais avec mon confrère et ami Cédric. Il me disait à quel point les gens qui ont la piqure de ce pays développent une relation tout à fait particulière avec cette terre isolée, une relation qui tient de l’amour-haine. Autant comme je repense aux atrocités dont ce pays est capable, autant je ressens la force de caractère et la fougue de ce peuple. Tous les jours, je parle en russe, anglais, allemand, espagnol (et un peu de français) je vis avec ces gens d’un peu partout dans le monde,d ans cet univers sur-réaliste, et ce a quoi je pense, c’est de retourner dans ce pays de fou que j’adore. Je dois sûrement être à l’image de ce pays un peu fou moi-même. Je sais très clairement que même si la situation hautement hypothètique de trouver un emploi clé en Russie se réalisait, je ne pourrais marginalement rien faire bouger dans ce pays millénaire. Non pas parce que ce pays ne veut pays bouger, mais plutôt parce que je ne serai jamais un russe, un vrai. Je me dis parfois que ce qui m’attire au fond, c’est le sentiment que de changer les choses, les mentalités, la société civile, les droits humains, l’environnement en Russie pourrait avoir un impact potentiel tellement important, compte tenu du point de départ. Je crois que c’est ce qui me passionne, le potentiel et la décadence de ce pays, l’aventure au sein de mes valeurs.

Entre temps, si je veu me rendre vivant jusqu’au jour où je retournerai dans ce cher pays, je dois édulcorer mes propos et économiser mes sous… Je me rends compte que je n’ai perdu en rien mon franc parler à l’endroit des russophones, et qu’eux non plus, qu’elle que soit leur origine (du moment qu’ils soient investis par l’âme russe, la fameuse Russkaya Duscha) ne se laissent pas marcher sur les pieds.

PS. Je trouve mes posts tellement plus nuls que ceux que je produisais en Russie… Peut-être parce que je prennais le temps de m’informer davantage sur les sujets de fond… Je vais travailler là-dessus. promis.

Coopérants en culottes courtes

Bon nombre de mes stagiaires se sont sentis molestés lorsque les gens, de 7 à 77 ans, nous ont appellés « gringo ». En fait, ça arrive tous les jours. Ce terme fait référence aux gens de couleur disons… plus pâle. Il porte aussi une connotation négative, au terme de tellement d’ingérance impérialiste dans la grande et petite vie des sud-américains depuis la seconde guerre mondiale.

Encore tous les matins, on voit les hélicoptères géants, chargés de troupes américaines, survoler nos têtes. De nombreux grafitis rappellent aussi la position d’une grande partie de la population: « Fuera de Ayacucho, tropas Norteamericanas! » (Quittez Ayacucho, troupes nord-américaines). On les croise à l’occasion, eux qui dépassent les têtes de tous les péruviens et leur égo encore plus. Une amie était dans un bar l’autre jour et a pu les admirer en train de tenter de ramener des minettes, eux qui sortent dans les bars dans leurs habits de camouflage du désert. Les raids, sous l’égide d’une mission de paix (!?!), vise en fait à éradiquer la culture du coca dans la jungle à quelques centaines de kilomètre d’Ayacucho. Comme quoi la politique active sur le terrain n’a pas vraiment changé et que les temps d’ingérance sont loin d’être terminés.

Donc, nous sommes nord-américains certes, mais nous devons être embarqués dans le même bateau que nos amis les amaricains.

Notre rencontre au sujet du compost a été un franc succès. Beaucoup d’habitants se sont présentés, tellement qu’on a manqué de sceau que nous donnions en cadeau! Mon pessimisme-réaliste doit prendre son trou! Je trouve en fait que notre travail est beaucoup plus proche de l’approche de communication que du travail manuel, ou de « développement international » au sens propre. Je crois d’ailleurs que c’est une grande faille dans notre formation.

Aujourd’hui, c’est dimanche. Pas de seigneur, mais du poisson. J’ai toujours craint le ceviche des andes (le ceviche est un plat de la côte, composé de poisson cru mariné 6 heures dans le jus de lime). Mais aujourd’hui, c’était au menu (en plus du fait qu’il n’ont pas fait mariner le poisson plus de 30 minutes)! À 12 heures de la côte en camion, on mange du poisson cru! À date, je me sens bien, mais il se pourrait que je passe une nuit de bonheur sur ma belle toilette turque sans porte!

Aussi, le dimanche, toutes les familles sortent de la communauté pour profiter des chauds rayons de soleil. Nous sommes allés au zoo. Quelle expérience traumatisante, surtout parce qu’elle a commencé par un puma qui tournait en rond sans arret, témoignant fidèlement que quelque chose ne tournait pas rond justement dans sa tête. Toutes les cages sont vieilles et microscopiques. Des lions, des oiseaux de proies et d’autres prédateurs de grands espaces sont confinés parfois à seulement un mètre cube d’espace, nu et froid.

J’ai particuliérement aimé l’écriteau à l’entrée: Nous travaillons ensemble pour la préservation de la nature.

Libre, la toile?


Démocratie et Technologie

 

Vous désirez connaître l’adresse électronique du premier ministre britannique, Gordon Brown? Rien de plus facile: Gordon.brown@no10.gsi.x.gov.uk. Celle du président Bush? La voici: president@whitehouse.gov. Malgré ces accès privilégiés (en apparence) aux classes dirigeantes, comment la technologie parvient-elle à consolider la société civile, l’état de droit et le contrat social? Un aperçu.

 

Google et la Chine: Don’t be evil

 

À l’aube du boom technologique de 2001, on se croyait dans un vrai roaring 20’s des temps modernes. Tout semblait possible, on comprenait peu à peu la force des réseaux internationaux et on percevait ce nouveau médium comme non censurable, un cyborg à qui on ne peut couper le souffle.

 

Malgré les avancées technologiques et le vent révolutionnaire propulsé par la société de Mountain View, personne ne semble pouvoir échapper à la censure. Le 4 janvier 2006, Google cédait aux pressions du gouvernement chinois: désormais, à partir de Google.cn, les références « Free Tibet », « Tienanmen 89 » et « Falungong » se rapportaient à la position officielle du gouvernement, éclipsant du même coup les sources alternatives. Les dirigeants de Google avaient alors soutenu qu’ils n’avaient que respecté la législation en vigueur dans le pays.

 

La question ne se serait pas posée il y a dix ans, alors que Brin et Page, fondateurs de Google, n’étaient qu’étudiants et que leur idée germait dans le garage familial. À cette époque, les moteurs Altavista, AskJeeves et Yahoo se faisaient doucement la guerre. Maintenant que Google s’accapare des parts de marché toujours plus grandes et que des preuves existent au sujet de la censure de son contenu, les questionnements sont nombreux.

 

Est-ce que si un média traditionnel occupait 70% du marché et que des allégations quant à son indépendance faisaient surface, la réaction du public serait différente? Probablement. Est-ce que le flot incroyable d’information que Google (et autres portails possédant des profils des individus) sert à des fins marchandes? Plus qu’évident. Vous êtes observés, chers amis…

 

Nouveau leader pour les États-Unis: Nouvelles idées, nouveaux moyens

 

Pour la première fois, les campagnes de financement des candidats américains ont totalisé plus sur l’Internet que sur le plancher des vaches. L’heure n’est plus aux rencontres électorales dans les sous-sols d’église, mais bien aux campagnes de marketing viral et à la blogosphère.

 

Une autre première: Youtube se retrouve au centre des élections américaines. Une section du populaire site (youtube.com/youchoose) sert de plate-forme aux citoyens pour poser des questions aux candidats et afin faire valoir leurs opinions. La diaspora électorale américaine se serait-elle rendue à l’évidence que les jeunes se sentent désabusés par la politique et que de nouvelles recettes se font attendre? Espérons.

 

Internet: Arme à double tranchant pour gouvernement croulant

 

La Malaisie, comme beaucoup d’autres nations émergentes, est ivre de croissance technologique. Selon le gouvernement, 60% de la population fait usage de l’Internet. Or, la télévision nationale, dont la propriété est concentrée entre les mains de quelques oligarques et le pouvoir en place, ne laisse qu’une place infime à l’opposition. Le 8 mars dernier, un demi-million de Malais se sont rués vers le site indépendant Malaysiakini, lui qui proclamait déjà la victoire de l’opposition.

 

 

Même à Montréal, Internet sert de voix aux activistes

 

Alors qu’Internet n’était perçue que comme une rumeur ou un nouveau gadget pour geek boutonneux, les réseaux sociaux existaient déjà. Au début des années 90, plusieurs projets hydroélectriques en branle soulevaient les passions des environnementalistes. Toutefois, la rapidité d’organisation de l’opposition laissait Hydro-Québec complètement médusée. Ce n’est qu’après plusieurs mois d’affrontement qu’Hydro-Québec s’est aperçue que les activistes utilisaient des BBS (bulletin board system), soit l’ancêtre du clavardage que nous connaissons maintenant.