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La dette publique du Québec

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La dette est un réel problème. Peu de pays ne sont pas endettés, faisant de cette situation une quasi-norme. Le service de la dette occupe déjà une place importante du budget annuel du Gouvernement du Québec.

Cette manchette m’a particulièrement fâché. 35 milliards! Non mais! C’est ridicule. Je comprends que notre marine est un peu mal en point. Je comprends que nous nous devons de protéger nos côtes. Je comprends que nous sommes actifs un peu partout sur la planète. Mais de là à investir 35 milliards? Entre se préparer à botter des culs au Yémen ou en Lybie en 2020 et investir afin de stabiliser, enrichir et développer de meilleurs liens avec ces pays, le choix semble simple? On investit maintenant et on récolte les fruits en 2020? Ces 35 milliards, ils seront empruntés. On achète un criss de gros gun, sur la carte de crédit.

La dette totale totalisait 52% du PIB du Québec en 1998 et l’objectif est de la réduire à 25% en 2025. Pratique, alors que les Charest et Marois de ce monde seront probablement en train de siroter un daiquiri au fraise en attendant leurs prochain chéque de pension.

Quand on se compare, on se console… Voici un aperçu des 20 pays les plus endettés.

Je me moque parfois des objectifs politiques irréalistes. La Suède n’est pas bien différente. Elle vise à être un pays exempt de drogues en 2020. Mes collègues qui travaillent à l’institut de recherche sur les transports (VTI) planchent sur les objectifs gouvernementaux visant à atteindre un niveau « accident-zéro » sur les routes – éliminer tous les accidents. Ambitieux ou naif?

Peut-être auront-ils besoin de cette voiture.

*Ce compteur comptabilise la dette publique totale, qui est une mesure différente des tableaux et pourcetages présentés ensuite. Les figures présentées dans le texte représente la dette nette nationale.

Le rôle du Canada, les OMDs et la dette

Voici un article paru en 2005, mais qui est toujours d’actualité. Je l’avais écrit à l’époque après avoir assisté à une allocution de Ed Broadbent.

Rights & Democracy Network National Mingler 2005

By Jean-Philippe Deschamps-Laporte,
Délégation HEC Montréal (QC)

Ed Broadbent, ex-chef du NPD, commentait récemment l’attitude des pays donateurs : « Quand il est question de la dignité humaine, l’aide internationale ne doit pas être vue comme de la charité, mais comme une responsabilité sociale. Nous nous devons également de posséder et de développer un système de lois et de régulations qui soutient cette même responsabilité. »

L’heure est actuellement aux mobilisations massives des populations face aux calamités qui frappent notre monde; les médias ont montré et remontré les enfants et les adultes décimés par les guerres, les catastrophes naturelles et les famines. Au-delà de ces images choc se trouvent des maux qui déchirent les nations en développement, desquels découlent les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à atteindre d’ici 2015. De l’accès à l’eau à l’éducation des femmes, ces objectifs visent à éradiquer cette pauvreté qui gangrène une très grande partie de la population mondiale. Pas Tout en respectant que les pays en développement sont les premiers responsables de leur développement, le Canada se doit de prendre la place qui lui revient sur l’échiquier de l’aide internationale au développement.

Le Canada est le seul pays du G8 à posséder la « santé budgétaire » dont messieurs Martin et Goodale sont si fiers : de larges surplus et un équilibre budgétaires en sont les principales caractéristiques. Cependant, les États-Unis et le Canada sont également les seuls renégats à ne disposer d’aucun échéancier visant à l’effacement de la dette des pays du tiers-monde. L’espoir de voir les niveaux de scolarisation, de santé et de sécurité augmenter dans les pays en développement apparaît futile lorsque le fardeau imposé par les pays de l’Ouest oblige les plus pauvres à se priver afin de repayer une dette devenue plus qu’absurde. D’un côté fusent les bonnes nouvelles, comme celle de 2000 où l’UNICEF présentait en grande pompe la gratuité et l’universalité de l’éducation pour tous en Afrique, et de l’autre côté, des organismes prétendument voués au développement des pays du tiers-monde, le FMI et la Banque Mondiale, imposent les Programmes d’Ajustement Structurel (P.A.S.) ayant comme conséquence la privatisation de l’éducation, de la santé et des services de base. Afin de dévaler la pente du développement économique effréné, le Canada est très timide lorsque vient le temps de passer aux actes, une fois les sommets et les promesses oubliés. Ces propositions visant l’effacement total de la dette des pays du tiers-monde, adoptées en 2000 et soutenues par les gouvernements Blair et Chrétien, ont vite été éclipsées par la montée du terrorisme, ce mal beaucoup plus facilement exploitable médiatiquement. Des sommes colossales ont été investies afin de prévenir le terrorisme, alors que l’endettement des pays du Sud contribue plus fortement à leur enlisement. Stephen Lewis, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la crise du SIDA en Afrique, rappelle la contribution de 0,7 % du PIB proposée par Lester B. Pearson comme seuil significatif : le Canada a perdu sa place de leader mondial.