Recevez mes mises à jour!

Entrez votre courriel:

Creative Commons License
Le contenu de ce blog par JPDL est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.5 Canada.

Fâble d’un (nouveau) prof

Je mets une chanson au hasard sur mon iPod: Bring your daughter to the Slaughter, de Iron Maiden. Tiens, c’est une drôle de chansonnette.

J’ai fait mes débuts comme assistant d’enseignement à l’automne dernier. Finance, Microéconomie Intermédiaire, Analyse de Marché: les cours m’intéressaient pas mal, mais le défi en soi était pas mal plus intéressant. Après tout juste un an en Suède, on m’offrait ma chance. Je n’ai pas manqué de travailler de longues journées afin d’en mettre plein la gueule à mes étudiants. J’ai même reçu un email qui disait en gros ceci: Come on Jean, I stayed up all night to do your assignment. I wasn’t expecting this: it’s only Dalarna University…

Et c’est ça le problème. Il y avait originalement que 2-3 universités qui avaient le droit de décerer des doctorats, et depuis que le système a été élargi, les « nouvelles » universités sont vues comme faisant partie d’une seconde classe. Il n’en est toutefois rien. Il y a une grande mobilité entre les institutions, ce qui fait en sorte que je peux choisir dans quelle université je vais suivre tel ou tel cours. Ainsi, les diplôme (et les cours) s’équivalent grandement entre les universités…

Cette session-ci, je suis un vrai de vrai chargé de cours. J’ai mon propre cours, Mathématiques pour Administration des Affaires et Économistes, révision des Maths du CÉGEP. J’enseigne aussi la Microéconomie, comme un grand. Et j’aime ça. Je suis payé (et bien à part de ça) pour délirer devant 100 étudiants un peu blasés, et je dois dire que je pense donner un bon show. Je me suis fait décrire comme étant strict, but fair. Ça fait mon affaire.

Il reste que tout ça est bien drôle. Moi, l’étudiant exécrable, désordonné et insolent, je deviens prof. Je fais avaler les cellulaires aux étudiants qui sonnent, je remets à leur place les étudiants qui me pressent pour avoir une pause et je ris dans ma barbe lorsqu’un étudiant fait le minimum et me blâme parce qu’il ne comprend pas. Je ne suis pas un tiran pour tout autant. Si on était dans un canot, mes étudiats seraient ceux qui rament. Les surfeurs et les nageurs peuvent rester chez eux. Et je crois que ça marche.

Je goûte aussi à des choses dont je ne me serais pas douté. Recevoir des courriels d’admirateur (de nos jours, on ne sait pas le gendre) anonyme, ou encore aider un étudiant à réviser dans son bloc-note et appercevoir des caricatures et des moqueries à mon propos. Il y a très peu de temps, j’étais celui qui faisait les charicatures…

Il reste que c’est probablement ma meilleure job à vie.

Amen.

Le Canada dans la mauvaise direction

Cette semaine, 2000 scientifiques canadiens ont déposé une pétition afin de protester contre les coupures du gouvernement Harper dans le financement de la science.  Mesure idéologique parmi tant d’autres, elle vise a encourager des secteurs spécifiques, comme la recherche dans le domaine des hydrocarbures, plutôt que de supporter la recherche fondamentale. Le problème avec la recherche basée sur les résultats à court terme, c’est que nous nous tirons littéralement dans le pied. Un chercheur qui trouve, on en cherche… mais des chercheurs qui cherchent, on en trouve.

Le propos de ce billet vise à tracer un parralèle avec la Suède. La Suède détient un passé industriel et manufacturier similaire au notre: Bois, Sidérurgie, Énergie, Transport sont parmi les nombreux domaine où de nombreuses innovations et des succes story ont été écrites à la fois au Canada et en Suède.

La récente débâcle de l’industrie du papier au Québec est attribuable à de nombreux facteurs, mais je crois qu’il y a beaucoup à apprendre de cet échec d’une industrie phare. Pendant que les Domtar, Abibiti-Consol et autres barons du papier encaissaient les millions de dollars, peu d’investissement technologiques ont été effectués. Si on jette un regard au progrès importants qui ont été implantés dans l’industrie papetière brésilienne, on comprend pourquoi elle a fini par damer le pion au géants québécois. Même chose pour les fabriques de la rue Chabanel à Montréal: Le fondateur de Blank (vêtements faits à Montréal) nous expliquait en entrevue à l’université à quel point les équipements dans le secteur manufacturier ont durement souffert de leur désuétude, pour finalement devoir renoncer face à l’offre chinoise. Pendant toutes ces années, nous avons suivi une vision à court-terme, profitant bien des profits sans réinvestir dans l’innovation.

Le paralèle entre la recherche fondamentale et les couturières de la rue Chabanel est certes grand, mais il mérite d’être fait. Le fait d’investir dans la recherche sur les hydrocarbures (qui soit dit en passant se place dans la même catégorie que l’accord Asie-Pacifique sur les changements climatiques: un tissu d’hypocrisie qui vise à ne rien sacrifier et au années Bush en terme de recherche sur les carburants) revient au même qu’à ne pas investir dans les autres secteurs de la science: on ne sait tout simplement pas de quoi le monde de demain aura besoin.

La Suède a donné le coup de barre qu’il se doit, si elle veut réussir à long terme dans une économie globale. Elle investit 4% de son PIB en recherche, le plus haut poucentage en Europe. La région où je demeure a été développé grâce aux mines de fer et de cuivre. De nos jours, ils ne produisent plus les mêmes blocs de métal qu’ils avaient l’habitude de produire: cette production est reléguée à la Russie et à l’Ukraine. Ils produisent plutôt des matériaux technologiques à haute valeur ajoutée. Petit quizz: Si cette usine avait été québecoise, elle aurait eu l’air des manufactures de la rue Chabanel?

Chronique Canadienne

Le fait de vivre en Suède ne me guérira définitivement pas de ma douce maladie: news-junkie.

Ma première semaine du haut de mes 23 ans a été prolifique, au Canada du moins. Une coalition Rouge-Bleu-Orange, bref les désunis Anti-Harper, ont failli renverser le gouvernement.

À force de lire les articles du ROC et tout ce qu’il y a de conservateur dans notre beau pays, je me souviens pourquoi est-ce qu’il y a autant de souverainistes dans la belle province. Les paroles douces de Harper au cours des dernières années, qui ont réussis à faire mordre des gros poissons comme la Beauce et la région de Québec, se sont vite envolées cette semaine. Les mots « separatists » and « quebecers » n’avaient plus rien de doux, ils étaient plein de mépris et d’arrogance, comme on connait les héritiers de Manning. La reconnaissance de la Nation, le siège à l’Unesco, tout ça c’est du vent. Quand on commence à parler démocraties, droits humains, concept de société, on frappe un gros noeud. Les Albertains nous prennent pour des bébés gâtés. Avant le boom pétrolier de la province, c’était qui les bébés gâtés? Avec un baril de pétrole à 44$, qui va se pavaner en toute arrogance?

Plutôt que de faire ce que l’on doit faire un période de récession, créer des emplois et investir, les Torries ont préféré mettre de l’avant leur damnée idéologie partisane. Le fait qu’ils aient envoyé des lettres aux détenteurs d’arme à feu m’a fait tomber en bas de ma chaise. Dans quel pays vivons-nous? Est-ce qu’on a déplacé la frontière avec les É-U vers le Nord pendant mon sommeil? Tout cela est plus que ridicule.

Parlant de ridicule, Dion rivalise avec Harper. Harper, accroché à son pouvoir, martelle depuis le début de la semaine que les Canadiens n’ont pas voté pour ce gouvernement de coalition. Si je vote NPD, sachant clairement qu’ils ne seront pas majoritaires, est-ce que cela veut dire que je veux nécessairement qu’ils forment l’opposition? Si les Conservateurs forment une minorité, alors tout le reste ensemble représente la majorité du Canada, non? Dion, quant à lui, est aussi désespérément accroché à son petit bout de pouvoir. Ce nerd qui rêve d’être premier ministre depuis sa tendre enfance sera potentiellement promu premier ministre pour quelques mois. Quelle crédibilité aura-t-il? Autant que Kim Campbell?

Personellement, pour avoir vécu en Allemagne où la coalition Jaune-Vert-Bleu fonctionne, je crois en ce projet. Je crois en la democratie, et si les 3 partis sont assez matures pour travailler vers un compromis, vers un consensus, cela fonctionnera. Et pour ceux qui ont peur que les gens du Bloc ne marchandent tout le temps, j’ai des petites nouvelles pour eux. Qui serait assez fou pour parler de souveraineté pendant la pire crise financière en 70 ans? Comment le Québec pourrait-il survivre? Cela relèverait de l’absurde. Le Bloc est là avant tout pour défendre les intérêts des Québecois, puis pour la Souveraineté.

J’occupe l’échelle sociale suivant le vide total.

Depuis quelques jours, ça n’arrête plus. J’ai même de la misère à suivre le rythme…

Les Suédois ont la réputation d’être des ivrognes et des fêtards: Je confirme le tout. Même pour la maîtrise, on inititie tout le monde ici. C’est très bien compte tenu du fait que la tradition du « frosh week »  n’est pas très répandue en Europe.

Donc, pendant deux semaines, une trentaine de Suédois et Suédoises sont déguisés avec une chienne de mécanicien couverte de « patch », en plus des indispensables verres fumés. Ils crient, sans arrêt, parce que nous sommes des NØllan (Zéros), soit juste après le « Total Vacuum ».

Party tous les jours, bbq avec saucisses à profusion, bière de mauvaise qualité, danses ridicules, bref une vraie initiation. C’est très bien quant à moi, puisque nous faisons la connaissance de beaucoup de gens, surtout de Suédois, puisque nous sommes surtout isolés entre étudiants étrangers. Comme disait Félix, les désunis s’assemblent…

J’ai eu mon premier cours ce matin, Macroéconomie, avec un personnage rigolo comme prof. C’est vraiment exactement le même contenu que les cours que j’ai eu en troisième année à HEC. Je n’aurai donc aucune raison d’être nul…

Samedi, je m’enligne pour une belle balade avec « La rutilante » (ma bécane) jusqu’à Falun (prononcez Faaaaaaaaalun), où demeure une russe de Sibérie dont j’ai fait la connaissance sur Facebook dans le processus de recrutement pour la maîtrise à Högskolan Dalarna. Ce sera donc l’occasion de prendre mon temps, prendre des photos dans la campagne suédoise entre deux coups de pédalier, pour finalement partager une tasse de thé avec quelqu’un qui semble très gentil.

À propos Russie, voici un petit vidéo fantastique de la très talentueuse Regina Spektor:

Quelques photos…

À propos photo… La semaine prochaine j’irai chercher les produits chimiques dont j’ai besoin pour développer mes négatifs dans… ma salle de bain! Comme j’ai hâte!

En trois langues, s.v.p.!

Haha, un comuniqué de presse sur la cohorte trilingue!


C’est avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté que HEC Montréal célèbre aujourd’hui le succès de ses premiers finissants du baccalauréat en administration des affaires (B.A.A.) trilingue, un programme instauré en 2005 qui demeure à ce jour unique en Amérique du Nord. Ce programme a permis à 68 étudiants de se doter de fortes habiletés de
gestion et de mieux comprendre la culture des affaires, et ce, en trois langues, soit le français, l’anglais et l’espagnol. Les voilà fins prêts à prendre d’assaut le marché du travail ou à poursuivre des études supérieures.
« Le B.A.A. trilingue a fait entrer dans nos rangs un groupe d’étudiants curieux, talentueux, ouverts sur le monde qui ont aiguisé leur sens critique et de l’organisation et qui sont plus aptes que jamais à oeuvrer dans un monde pluriculturel », affirme Federico Pasin, directeur du programme de B.A.A.
« Présenter des projets, réaliser des travaux, défendre des idées en français, anglais et en espagnol constituent des défis de taille quand on ne les possède pas autant que sa langue maternelle. Cela exige une flexibilité et une adaptabilité exceptionnelles et affûte le sens de l’humilité. »
« J’ai choisi le B.A.A. trilingue parce que je voulais développer ma compréhension du monde des affaires et j’avais la possibilité de le faire avec une approche différente et plus globale que les programmes traditionnels. » explique Jean-Philippe Deschamps-Laporte, étudiant de la première cohorte.
« Ainsi, j’ai eu l’occasion d’aller étudier un trimestre à Saint-Pétersbourg, en Russie, et dès septembre, je me propose de compléter une maîtrise en économie ou en développement durable en Suède ».
Pour sa part, Catherine Tees s’est retrouvée à l’Université de Bath en Angleterre pour son trimestre d’études à l’étranger. « Cette expérience unique m’a permis de poursuivre ma formation en finance mais a surtout développé ma confiance en moi, mon sens de la débrouillardise et m’a donné plus
d’assurance. Je sais désormais que je pourrai travailler ailleurs, dans un autre pays ».
Enfin, Ilias Benjelloun a entendu parler de la cohorte trilingue alors qu’il étudiait chez lui, au Maroc. La formation en trois langues l’a attiré et il s’est donc joint au groupe d’étudiants avec le goût de découvrir de nouvelles cultures. « L’accueil des étudiants étrangers ici à HEC Montréal et au Québec est extraordinaire. La cohorte trilingue a nourri ma curiosité intellectuelle, m’a donné le goût de m’engager dans la vie associative de l’Ecole et d’aider les autres. J’ai compris que l’autre est aussi riche que soi et que le monde mérite d’être découvert. » Ilias est aussi le nouveau président du Club Action Bénévole Communautaire, un comité étudiant encourageant le bénévolat sur les plans local et international.
Le B.A.A. trilingue confirme le statut de leader de HEC Montréal et s’inscrit parfaitement dans les efforts d’internationalisation de l’Ecole.

Le cheminement de la cohorte trilingue
Durant les trois premiers trimestres du programme, les étudiants du B.A.A. trilingue suivent cinq cours en français, cinq cours en anglais et cinq cours en espagnol. A partir du troisième trimestre, ils poursuivent leurs études à l’étranger, dans une langue autre que leur langue maternelle, par l’entremise du programme d’échanges internationaux de l’Ecole, qui compte 87 établissements partenaires répartis dans 32 pays, dont l’Espagne, l’Argentine, le Chili, le Royaume Uni, Hong-Kong et Singapour. A leur retour, les étudiants reprennent le cheminement normal du programme. Quelque
150 autres étudiants sont inscrits au B.A.A. trilingue en première et deuxième année et le programme continue de gagner en popularité.