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Spécialisation Économie: Là où rien n’est pris pour acquis

Vous êtes de nature curieux? Vous vous questionnez au sujet des fondements des choses et vous ne vous contentez pas de gober les énoncés communément acceptés? La spécialisation économie est là pour vous!

 

On entend quotidiennement les commentateurs de tous acabits attribuer les aléas du monde entier à l’économie. S’il existe une option qui tente d’analyser les fondements des décisions des entités à pratiquement tous les niveaux, c’est bien l’économie. Il y en a pour tous les goûts: des enjeux et tensions internationales aux décisions d’un individu, les étudiants en manque d’analyse devraient sérieusement considérer l’option économie.

 

Selon Robert Gagné, directeur de l’institut d’économie appliquée (IEA), « les étudiants devraient opter pour la spécialisation qu’ils aiment. » Bien que cela puisse sembler simpliste, l’économiste justifie son raisonnement par une dure réalité: « Qu’un étudiant choisisse l’option Économie, Finance ou Marketing, à terme, les différences sur le marché du travail sont minimes. On se doit de garder à l’esprit que les finissants obtiennent un B.A.A, doté selon le cas d’une certaine saveur économique, financière ou autre. On ne doit pas se leurrer, un employeur à la recherche d’un spécialiste de la finance n’engagera pas un bachelier. Il optera d’avantage pour un individu qui détient une maîtrise ou une certification plus avancée. Au baccalauréat, les étudiants devraient normalement choisir une option pour laquelle ils ont des affinités et les choses étant ce qu’elles sont, ils devraient normalement exceller dans l’option qui les intéresse le plus. »

MULTI SUNT VOCATI, PAUCI VERO ELECTI

En 2006, 100% des finnissants du B.A.A. avec option économie appliquée étaient en emploi six mois après avoir gradué. Cependant, l’étudiant en réflexion sur son choix d’option devrait s’attarder à la carrière auquel il aspire. Il demeure vrai qu’un baccalauréat en administration des affaires option économie est rarement suffisant pour exercer un emploi intéressant dans le domaine. Toutefois, l’obligation de détenir une maîtrise dans son champ d’expertise devient graduellement la norme dans la plupart des secteurs. Une fois ce stade achevé, l’étudiant est à même d’analyser plus en profondeur les divers enjeux économiques et dispose de la possibilité d’entrer plus facilement sur le marché du travail. Typiquement, la majorité des emplois disponibles se trouvent au sein des différents ministères, bien que quelques finissants sont embauchés dans des agences de consultants.

Comment s’y reconnaître


Selon Nicolas Vincent, professeur adjoint à HEC Montréal et membre de l’IEA, les économistes sont caractérisés par une pensée rationnelle, dite logique, et ils ont un goût marqué pour l’ordre, la mesure et la structure. On remarque également que, potentiellement à cause d’une déformation professionnelle, les économistes agissent en fonction d’une pensée optimale, constamment à la recherche des décisions qui pourront satisfaire les contraintes et optimiser leurs objectifs. Monsieur Gagné souligne pour sa part à quel point les économistes vont être conscients des coûts de renonciation, alors que le commun des mortels ignore le coût associé à une heure de paresse sur le sofa… Ce-dernier souligne également à quel point les économistes réfléchissent à la marge, soit en fonction des impacts de changements minimes dans les éléments variables sur lesquels on a le contrôle

L’option économie à HEC Montréal se distingue par son approche et ses ressources. HEC Montréal vise à former des économistes, mais aussi des gestionnaires. Cette vision de l’entreprise, elle qui est au centre d’un nombre incalculable de décisions dans la vie de tous les jours, ne quitte jamais l’économiste formé à HEC Montréal et ce la constitue une force. Ainsi, les finissants disposent de cette longueur d’avance, où ils peuvent concrètement appliquer les concepts théoriques, d’où le nom Économie Appliquée.

Récession ou pas récession?

Avec un baril frôlant les 100 dollars américains, les prédictions des analystes, jadis qualifiés d’oiseaux de malheur, se concrétisent. Le prix du baril, avec son incidence sur le prix à la pompe, constitue un des facteurs les plus volatiles au sein du panier de consommation des Nord-Américain. Or, à long terme, quel est la tendance générale, une fois les cendres des PCAA retombées?

Plusieurs experts et journalistes, quidams de l’endettement asphyxiant des consommateurs américains, se sont prononcés à maintes reprises au cours des dernières années au sujet de l’imminence de la récession, hécatombe qui ne s’est toutefois pas concrétisée. En fait, malgré le chute des prix des maisons américaines de 5% en 2007 et les signes contradictoires donnés par l’industrie de la construction, la consommation a continué à croître de 3% en termes réels depuis le début de 2006.

Avec un IPC à 3,5% pour la plus récente période et des estimations à 4% poour janvier 2008, certains analystes américains s’attendent à une hausse marquée de l’inflation, ce qui pourrait donner le coup de grâce à la consommation américaine. L’histoire des 40 dernières années nous montre bien qu’une inflation galopante et un baril de pétrole élevé amplifient les chances de récession, les années 1972 et 1979 en témoignent avec éloquence.

Heureusement pour l’économie canadienne, les années de servitudes à l’endroit de l’économie américaine ne sont plus ce qu’ils étaient. Au cours de la période 2001 à 2006, le Canada a réussi à diversifier son marché d’exportation, en faisant passer sa part d’exportation de biens vers nos voisins du sud de 83,7% à 79,2%, tout en maintenant un croissance de 7% des exportation de biens à l’échelle globale.

De notre côté de la frontière, le contexte ne pourrait être plus clément. Le chômage fracasse des records à la baisse, un creux inégalé en trente ans, et les pétrodollars coulent à flot à l’ouest du pays. Seule ombre au tableau, le taux de change vient grandement nuire au marché d’exportation canadienne, lui qui occupe une place de choix dans l’économie. Le dollar fait mal à un tel point que le Québec et l’Ontario se sont résous à s’accorder sur une burlesque entente de libre-échange interprovinciale, qui relève davantage du législatif que de l’économie.

Bien malin celui qui peut préduire avec conviction l’effet du ralentissement potentiel américain et de l’économie canadienne chauffée à blanc. À ce point-ci, toutes les opinions se valent…