Armé de ma bédaine, de mon chapeau de feutre nouvellement acquis, de ma barbe de cou et de ma pioche, je fais très amish. J’ai alors décidé de rejetter la technologie, les boutons et de ne voyager qu’a cheval.
On a passé la journée à sarcler, amasser des pierres et à niveller la terre dans le but de préparer le terrain pour la construction de la pépinière. On a vraiment beaucoup de pain sur la planche. Le design sera approuvé ce soir, dessiné de ma main d’ingénieur raté. On prévoit un endroit pour la terre, le compost, un magasin pour ranger les outils et les semences, un système d’irigation (goute-à-goute, si le budget nous le permet) et bien évidemment 8 lits pour les milliers de plans qui y seront cultivés. On y fera pousser des roses jaunes, des grenadines, des avocats et d’autres plantes ornementales et fruitiers, comme ces sont ceux qui ont le plus de valeur. Le vrai défi réside dans l’engagement de la communauté à participer, surtout quand nous allons quitter. Ils devront entretenir la pépinière, et surtout aller vendre les plants au marché. La semaine prochaine, on construit une muraille de deux mètres de haut, afin de protéger les plants des esprits malveillants. Donc à la fin de cette semaine, on va aller faire du lèche-vitrine pour se procurer quelques milliers de briques!
Le temps file à la vitesse de l’éclair. Plus le jours s’écoulent, plus les liens s’approfondissent avec la communauté. Je sens que les adieux seront difficiles, plus que lors de mon départ du Chili qui avait été quelque peu morose. Plus qu’à peine 3 semaines pour bien profiter du stage, des montagnes, de macher la coca, de boire la bière au goût de caramel, sans oublier de se gaver de poulet. Je nous considère extrêmement chanceux d’être ici, pour une première année c’est une grande réussite à mon humble avis. Nous avons autant pu tisser de beaux liens avec des gens modernes et urbains, les membres d’Hatun Sacha et nos amies Mirla et Lily, autant qu’avec des gens très traditionels et intègres, comme la mère de famille où je demeure.
J’espère que nous pourrons quitter ce petit coin des andes dans la joie, en ayant préparé le terrain pour 4 années fructueuses de stages Québec Sans Frontières.
Comme j’en parlais dans mon billet sur la St-Jean Baptiste, nous devions rencontrer le maire de la municipalité (l’équivalent d’un arrondissement) de Nazarenas ce matin.
En arrivant un peu d’avance, nous n’avons pas encore appris des coutumes péruviennes. On a du patienter légèrement dans la cour intérieur de la municpalité, qui elle ressemblait davantage à l’entrée d’un garage municipal que d’autre chose. Les travailleurs chargés du ramassage des déchets côtoient en toute indifférence dans ce lieux les conseillers municipaux et les agents de la paix. C’est ce qu’on appelle être en contact avec la base.
Finalement, étant donné l’étroitesse des lieux, on nous a déplaçé à un « back-store » de restaurant qui sert en fait de garderie. Heureusement pour le maire et ses assistants, la garderie était vide et on a laissé les crayons de cire de côté. Se faisant attendre un peu, les minutes continuaient à défiler rapidement, pendant que Katina (la chargée de programme au CRÉDIL en visite à Ayacucho pour une semaine) s’impatientait. Puis, le maire, qui est médecin, nous a reçu dans de nombreuses accollades chaleureuse. Le temps de faire un petit discours, il était toutefois déjà repartit.
On a été bien reçu, surtout du fait que nous avons illustré le lien entre le respect de l’environnement et la santé de la population. En fait, dans notre cas, le lien est plutôt direct. Étant donné que le camion de la collecte de déchets se pointe timidement le nez qu’un seule fois par semaine, ne passant que par la rue prinpale, les habitants de Guaman Poma se résoudent donc à jeter les déchets du haut de la falaise. Avec le temps, les déchets s’accumulent le long des parois et sur le rebord de la falaise. Les enfants, les poules, les moutons et les chiens y circulent donc, au beau milieu des tonnes de déchets. Mes petits frères adorent même aller dénicher des trésors dans les poubelles, pour souvent se les mettre dans la bouche.
J’ai été fier de notre présence, car je crois que nous avons fait bonne impression. Reste à savoir si le tout va s’évaporer discrètement, comme tant de voeux pieux de politiciens.
Eux aussi ils était content de nous recevoir. À 9 heures du maint, ils ont même sortit le Perú Cola et les biscuits sodas pour nous le démontrer.
Le lecteur pourra se demander ce qu’on est venu faire… avec raison.
À date, nous avons construit 6 machines a compost a partir de baril de plastique. Toute une aventure pour trouver tout le matériel. En général, à ma grande surprise, les gens sont réceptifs et curieux à l’égard de notre projet. Demain matin, nous organisons une charla pour discuter avec les gens des avantages du compost et pour leur expliquer le fonctionnement des poubelles a compost.
Prochaine étape: Pépinière! Ça va être toute une job! Nettoyer un grand terrain rocheux, faire des trous à la pioche et à la pelle, transporter des pierres et du sable pour faire du ciment. Encore des belles ampoules a venir dans mes petites mains de pousseux de crayons!
Aujourd´hui, c´était notre dernière journée de pachat. Dès demain, on entre dans nos familles d´accueil, et je sens que notre projet va démarrer pour vrai. Nous sommes allé, d´après les conseil du très aimable Señor Eddy, nous procurer un truck load de biscuits gaufrette et de vin sucré (et infecte) péruvien, pour la fête de demain. Lorsque nous étions à même de choisir la bouteille, la préposée est venu nous offrir de goûter à un des vins. J´ai sourcillé tant il était sucré et dégueux, mais Señor Eddy a prié la dame de nous en apporter un qui soit un peu plus sucré. Miam.
Question de faire plaisir à notre estomac et d´encourager une bonne cause scolaire, nous sommes (encore) allé manger du poulet péruvien ce midi dans une genre de kermesse au Collège où notre collègue Orlando enseigne. Je pense que je vais bientôt peser 500 livres.
Avec le groupe, nous sommes sortis de la ville pour aller visiter le dépotoir municipal. Pas que ce soit très glamour comme activité, nous étions tout de même curieux de voir comment est-ce que ce genre d´enjeu est géré. Pas fort…. Aucun système de traîtement du lixiviat, cheminées d´évacuation du métane trop peu nombreuses, sol poreux, en plus des poulets et des pastèques qui vivent sur le dépotoir. Délicieux, au dire de l´ingénieur de la ville d´Ayacucho. On devrait peut-être faire une analyse toxicologique s´est-il empressé d´ajouter. Je repensais à cette phrases, à notre retour, quand j´ai vu un enfant d´environ 7 ans vivant près du dépotoir, lui qui était assis dans sa chaise roulante avec ses menus membres déformés.
Dans la vie, il faut savoir faire face a l`inconnu. Cette premisse est encore plus vraie au Perou. Pour une raison obscure, il ny a qu`un seul vol ce jeudi, entre Lima et Ayacucho, plutot que deux. Mon groupe de stagiaire doit donc demeurer une journée dans la grande Lima. Je suis donc descendu en catastrophe hier soir, en parcourant des centaines de kilometres en bus, pour une duree de 10h de route. On devait passer des cols pour traverser les Andes, et on montait parfois jusqu`a pres de 5000 metres.
La temperature ici est tellement differente. Ayacucho et Lima ont en commun d`etre toutes deux enrobees de smog perpetuellement, mais la ressemblance s`arrete pas mal la. Deja la difference d`altitude est frappante, on peut s`activer sans sentir que le souffle nous manque, comme si j`avais fume un cartoon de cigarette… Aussi, la côte se fait ressentir, le fond de lair est lourd, gorge d`humidite. Un auteur, dont le nom m`echappe, a deja qualifie Lima de ville la plus triste au monde.
La ville est typiquement colonniale, mais un masque gris vient cacher cette beautee d`hier. La pollution est omnipresente, et cause la mort de plus de 3000 personnes par annee, dans cette megapole de 8 millions d`habitants. Comme l`a deja un de mes prof d`economie, pourtant grand fan de la normativite, l`environnement, c`est un probleme de pays riches.
Je me balladerai ainsi seul dans la ville, jusqu`a ce que tombe la nuit. Apres cela, ce n`est plus un temps a mettre le nez dehors. Je retrouve ici mon pas rapide et mon visage impassible, qui m`ont aide a vivre 6 mois en Russie sans se faire trop deranger.