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Helsinki est encore mieux que dans mes souvenirs. J’ignore si c’est en fonction d’une conscience sociale ou écologique, mais les rues sont bondées d’antiquaires, de boutiques second hand. J’y passe mes journées, aux côtés d’inconnus sentant un peu trop le patchouli.
Mes retrouvailles avec mes vieux copain Tommi se sont passées à merveille. Il habite un petit (mais grand pour le centre-ville d’Helsinki) appart fonctionnel près du centre. Je marche la ville, à mon rythme. Ce n’est pas très grand et j’ai tout mon temps. Tommi travaille fort (!) de jour, je découvre donc Helsinki par moi-même, en gré des aléas de ma Canon.
Nous avons fini la soirée dans un bar appartenant à Aki Kaurismäki, grand réalisateur finlandais. Un petit trou, inconnu de tous, appelé Moskva. Décoré à la russe, nous sommes entré et c’était plutôt vide, il n’y avait même pas de musique. Les gens prennaient leur bière en silence, dans la mi-noirceur. Puis lentement, les habitués s’y entassaient, au son de hits soviétiques des années 70 que la large serveuse avait choisi de faire entendre. Alors que nous sirotions une de nos dernières bières, un homme en complet est entré et s’est dirigée directement vers l’amie de la copine de Tommi, qui était assise à côté de moi. L’homme de 62 ans, qui allait bientôt nous raconter sa vie de long et en large, lui a offert un drink qu’elle a bien entendu refusé. Il s’est ensuite rendu compte que j’étais le seul non-finnophone. Il s’est mis à radottes plein de trucs, dont le fat qu’il a un ami polonais. Puis, il m’a demandé de où je provenais. Je lui ai répondu Pologne, avec une envie de niaiser le vieux monsieur enhivré. Il s’en est alors suivi un discussion un peu trop longue avec nous, tout en soutenant mon mensonge inutile. J’ai même du leur donner des petites leçons de prononciation polonaise, à la demande de l,homme, qui est en fait haut fonctionnaire au ministère des finances (il nous a tous donné sa carte). En partant, je l’ai salué en finnois et je l’ai prié de bien vouloir nous excuser, et il nous a envoyé promener, probablement parce qu’après une heure de déblatération, il n’avait pas encore terminé de nous raconter sa vie…
Belle finlande!
Je m’imaginais la Suède comme étant un pays très égalitaire. Je m’imaginais les beaux principes humanistes appliqués dans la société de tous les jours. Je voyais déjà cette société s’élever en exemple devant l’Occident.
J’avais tort, mais pas tant que ça.
Au début, quand j’ai commencé à m’intéresser au modèle suédois, je me suis buté à de nombreux critiques (principalement étatsuniens) qui soutenaient que le monde n’est tout simplement pas égalitaire. Certains sont plus riches d’autres plus brillants, ce qui, selon eux, soutient le fait qu’un système sociétaire basé sur une égalité absolue est inefficace.
Or, au fur et à mesure que mon expérience s’enrichie, je vois où le bât blesse.
Aujourd’hui, lors de ma millième tentative de négociation avec l’agence du logement (je désire changer d’appartement), j’en ai eu la flagrante confirmation. En bref, je veux changer d’appart. Un Chinois dans ma cuisine a oublié un poulet pendant plusieurs heures dans le fourneau, ce qui a laissé une odeur terrible dans la cuisine pendant plus de deux semaines. C’en était trop. Si je dois rester ici pour encore 1-2 ans, j’ai bien envie d’avoir un endroit sain et à mon goût. Toutefois, l’agence du logement n’est pas chaude à autoriser les déménagements, parce que ça leur engendre beaucoup de travail (!). Mais je connais au moins deux personnes qui ont été autorisées (dont un Suédois). Je leur ai fait part de ma situation. La dame ne savait pas quoi faire. Elle va m’appeler qu’elle m’a dit. Après plusieurs jours d’attente, je l’appelle. On se jase en suédois, pour finalement conclure qu’elle ne pouvait pas m’aider. Va voir ma boss, qu’elle m’a dit. Ce matin, beau printemps et rayons de soleil, je rencontre la tite madame dans son ti bureau. Elle est ben fine, mais pas plus débrouillarde que l’autre tite madame. Elle sait pas plus quoi faire. Elle va m’appeler demain, parce qu’elle doit parler à sa boss. Croyez-vous que le téléphone sonnera demain? Est-ce que la boss de la boss va savoir quoi faire? La boss de la boss pourrait peut-être appeler la Reine de Suède, pour traiter mon dossier aussi complexe?
La tite madame m’a expliqué comment ça marche: Il y a la règle, et son application, qui tous deux demeurent distincts. Tiens tien, ça me rappelle la Russie tout cela.
Je suis critique, comme toujours, mais il n’en demeure pas moins que je crois que ce modèle maximise le bien-être global de la société, ce qui est le principe fondamental derrière les théories économiques. Je suis conscient que l’énorme bureaucratie que représente l’État est parfois bien amorphe, favorise parfois le nivellement par le bas, mais je la supporte. Le danger toutefois, c’est de perdre son sens critique, d’assumer que l’État sera toujours là, de respecter les limites que lorsqu’on est monitoré.
Tu es bronzé, tu roules tes R, ta face ne me revient pas: c’est bien malheureux, mais tu seras probablement victime de racisme indirect. 12 % des résidents de la Suède sont nés ailleurs. C’est énorme. Les immigrants forment une masse critique, et je crois que les Suédois, aussi tolérants et ouvert soient-ils, se sentent un peu menacés. Un peu comme la Hollande, nation très libérale, qui fait face à des affrontements (comme dans le cas du meurtre de Theo Van Gogh).
La Finlande, pays que je re-re-re-revisiterai dès mercredi, acceuille le plus petit nombre (en pourcentage) d’immigrants de toute l’union Européenne. Avec moins de 5 millions d’habitants, ils sont bien conscients de leur unicité et des défis que représentent l’immigration massive à long terme.
Je suis heureux d’avoir trouvé un boulot. Je brasserai ce département, question d’en tirer son maximum. À date, j’ai toutefois l’impression qu’ils n’aiment pas être brassés. Le conscensus social est nottament basé sur le fait qu’on ne pose pas trop de questions…
Quelques photos printanières:
Après avoir passé d’heureuses fêtes in the Good ol’ Germany, j’ai sauté dans le dernier train en direction d’Hambourg avec l’intention de rejoindre ma douce dans les profondeurs de la Finlande. 3 heures de sommeil dans la vieille ville, interrompus ça et là par les cris de la prostituée en visite dans la chambre adjacente à la mienne, et j’étais déjà en route pour la Lettonie. Depuis Riga j’ai dû prendre un autre vol pour Oulu, la cinquième plus grande ville de Finlande et la capitale mondiale du Air Guitar.
L’avion. Cela faisait déjà un moment que je réfléchissais à cela. Pas au point de me faire du soucis, mais suffisamment pour me préoccuper. Depuis la première fois où j’ai eu la chance de voler, alors que j’avais 12 ou 13 ans, j’ai toujours ressentit un profond sentiment d’excitation à chaque fois que je prenais l’avion. Invariablement, un trépignement interminable qui m’empêchait de trouver le sommeil s’emparait de moi. Habituellement, ce sentiment allait en grandissant en route vers l’aéroport. C’est probablement pourquoi, lorsque j’ai participé au rapatriement des Canadiens du Liban en 2006, je pouvais travailler de longues heures sans arrêt, étant donné que notre poste de travail était situé à quelques centaines de mètres de l’aéroport. Toutefois, ce sentiment semblait s’être éteint. À mon retour du Pérou, je ne savais pas trop sur quel pied danser. 10 jours à la maison, c’est bien peu. Je ne savais pas comment utiliser mon temps. Sans trop savoir quand est-ce que je reviendrai. Puis, lors de mon vol (mouvementé) vers Stockholm depuis la belle province, je me suis senti bien insensible, un peu passif. C’était peut-être ma façon de vivre mon stress, ma façon de vivre ma peur de me lancer vers l’inconnu.
Mais bon, la bonne nouvelle c’est que je ne suis pas blasé, que tout cela a bien fini par passer! Mon vol Riga-Oulu était un pur enchantement, j’étais bien trop occupé à m’émerveiller de la vie et à interpréter la forme des nuages dans le ciel. Je crois que mon moment préféré en avion est lorsqu’on passe à travers des nuages. Je me demande bien quel goût ont les nuages. Probablement sucré.
La plupart des Québécois ont un préjugé favorable à l’endroit de la Finlande. Saku Koivu aidant, j’imagine. Oui, la Finlande est comme on dans nos plus beaux rêves. Il est aussi bien difficile de ne pas comparer la Finlande au Québec, avec tous les bémols qui viennent au passage. 5 millions d’habitants vs. 7 millions d’habitants. Deux peuples d’entrepreneurs. Deux nations qui refusent de mourir, avec une langue bien solitaire. Deux pays du Nord. Deux pays de hockey. La liste est longue… Toutefois, toutes ces ressemblances ne font que souligner les différences. La Finlande a du se battre plusieurs fois durant le dernier siècle, dont une fois contre elle-même (Guerre Civile en 1918). La Winter War qui l’a opposé à la Russie a aussi laissé des traces (majoritairement sur l’ego russe – les Finlandais avaient 10 fois moins d’effectifs que les Russes et ils ont tout de même fat un carnage). Bref, autant de sang pour un petit pays forge les esprits. Ça doit aussi leur avoir endurcit la couenne, comme on dit. La gazon est toujours plus vert chez le voisin me direz vous, mais certains aspects du succès finlandais sont indéniables. Des multinationales (Nokia) et des compagnies a grand succès (Rappala, Suunto) ne frémissent pas devant le taux d’imposition fiscal. Selon l’étude de Pise, la Finlande possède le meilleur système d’éducation au monde (et oh… gratuit!). Les étudiants recoivent aussi une allocation de subsistance (qu’ils ne doivent pas rembourser) équivalent à 750$ canadiens par mois. Les routes, même à une latitude équivalente à la baie d’Ungava, sont en excellent état. Le système de santé est excellent et le nombre de fumeurs et d’alcooliques est parmi les plus bas d’Europe. Les succès sportifs (F1, Hockey, Ski, Biathlon) sont nombreux (ils n’ont pas à endurer les chansons de Jacques Villeneuve). Aussi, je n’arrive pas à diminuer mon étonnement à chaque fois que j’inspecte la notice de fabrication des produits que l’on retrouve dans les magasins: Ils sont presque systématiquement fait ici, en Finlande. Quand avez-vous pour la dernière fois trouvé une cuillère ou une paire de bas faits au Québec? Bref, je me demande bien ce qu’il nous manque, au Québec, pour en arriver là? N’est-ce pas un modèle de société qui peut améliorer le sort de l’ensemble de la collectivité? L’indépendance du Québec nous offrira-t-elle les conditions gagnantes? Renvoyer Harper avec les red necks de l’Alberta sera-t-il suffisant? J’en doute. Nous sommes probablement trop individualistes, trop effrayé de payer des taxes, trop en amour avec les bas prix de tous les jours de chez Wal-Mart.
J’ai reçu un livre pour apprendre le finnois. Je pratique tous les jours. C’est loin d’être facile, mais c’est beaucoup plus loin d’être impossible. Comme c’est ridicule d’apprendre la langue la plus compliquée d’Europe, qui n’a que quelques racines en commun avec le Hongrois et l’Estonien. Peut-être, vous répondrai-je. Je suis toutefois fasciné par cette culture de Gaulois, par cette force qui anime ce peuple si unique. Et bien sur, il y a Anna.
J’ai eu la chance de conduire jusqu’au chalet que nous avons loué près du cercle polaire. La rutilante BMW avalait les montagnes au rythme des mélodies de Sting. Malgré le fait que le cadran n’affichait que 2 heures, le soleil nous a fait faux bond. À ce temps ci, je crois que le soleil ne se pointe le nez qu’entre midi et 13 heures. C’est très peu, et c’est bénéfique contre mon hyperactivité!
Le chalet couvert de neige nous attendait au bord du lac. Pas d’eau courante, bécosse dans la cour, il s’agissait là d’une vraie expérience qui n’avait pas grand chose de dépaysant. Le sauna finlandais chauffé au bois était proprement exquis et valait vraiment le détour. Nous avons passé la semaine à popotter, écouter des films, jouer aux cartes, profiter du grand air et passer du bon temps avec les amis d’Anna. Nous sommes allé skier à Ruka, petite montagne de la taille de Val St-Come, ressemblant à une protubérance volcanique dans la plaine polaire. Le vent devait souffler à pres de 80 km/h au sommet, contribuant ainsi à épaissir la croûte de glace sur toutes les structures se trouvant au sommet. Les couchers de soleil dans le cercle polaire sont absolument merveilleux. L’air froid dissipe la lumière différemment, avec l’horizon entier couvert d,une chaude couleur pêche, tout en contrastant lentement vers le bleu azur du zenith. (Je suis pitoyable, je n’ai pas de photo… Mon appareil n’aurait pas aimé une journée de ski à -20 degrés dans mon sac).
Nous avons regardé le film “Diarios de Motocicleta”, film décrivant l’épopée du Che à travers l’Amérique du Sud. J’ai vu le film plusieurs fois et j’ai même lu les mémoires orignaux du Che qui ont servi à réaliser ce film. Tout en restant on ne peux plus humble, en plus de demeurer critique face aux moyens empruntés par les révolutionnaires à Cuba, je me vois inspiré par cet homme. À ma manière, je pars à la découverte d’un continent aussi. Je désire comprendre ces gens, je désire décrypter ce qui les motive, ce qui les rends différents. Aussi, les aventures du Che me motivent. Ils me motivent à toujours garder la flamme. À toujours croire en ses rêves.
Nous sommes maintenant de retour à Raahe, la ville natale d’Anna, à quelques mètres su Golphe de Botnie. Quelques jours encore ici, et je serai de retour au royaume de Borlänge…
PS. Une heure de soleil par jour, ca ne fait pas beaucoup pour les photos. Pardon!
Bien que je ne considère pas encore mon saut dans les études de second niveau comme épuisant, il est toutefois bienvenue de se laisser aller dans des plans fous d’escapades. Outre Berlin dans moins d’un mois, plusieurs éventualités flottent dans les lymbres de mon esprit. Une vient toutefois d’être cloué à la réalité de la vie.
Letemps des fêtes sera certe loin de ma famille, mais je suis certain de ne pas manquer de chaleur. Dès le lendemain de la fin des classes, je m’envolerai pour Brême, pour aller retrouver ma douce famille d’accueil à Oldenburg en Allemagne. Malgré les sept années qui se sont écoulées depuis mon séjour là-bas, il n’y a pas un mois où nous ne communiquons pas. Ce sera donc le temps de renouer avec les vieux copains, boire de la bonne bière, relaxer au coin du sapin en admirant les chandelles dans l’arbre et bien évidemment, se bourrer la fraise de bouffe hallucinante. Après une semaine dans le hameau allemand, je filerai direction Oulu, pour aller rejoindre Sima, Anna, sa soeur et le copain de la soeur d’Anna. Grâce au talent de pilote de course hivernal d’Anna, nous fonçerons jusqu’à la frontière russe pour aller rejoidnre un mignon petit chalet perdu dans les bois. Une petite semaine dans le grand nord finlandais, sauna et vodka au salmiakki en prime! J’ai hâte!
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OK, tous les mythes sur la gentilesse des Finlandais sont absolument vrais.
Message pour Xavier Gagnon-Raymond (ami en echange au mexique, insulteur compulsif de Saku Koivu): Ton Ribero de mes deux, il ne vaut pas une pinotte finlandaise. J’ai meme vu une marque de biere ‘Saku’, je vais en boire une rien que pour toi.
Mon voyage s’est super bien deroule. J’ai decide de payer 5 euros de plus pour prendre un bus tout neuf, ou le conducteur connaissait les controleurs a la frontiere. Apres avoir ete controle 6 fois, je suis maintenant rendu en Europe! Youhou. Je suis un million de fois moins stresse, c’est vraiment fou.
Je vous tient au courant du reste!
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