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Les conservateurs ne cesseront de susciter en moi une vive colère.
Maxime Bernier, libertarien et ancien VP l’IEDM, pousse de petits cris stridents contre « les élites ».

À la lecture de la lettre d’opinion de Maxime Bernier dans La Presse, je ne peux qu’être épaté par son ignorance. En bon soldat, il rapporte les sottises méticuleusement concoctées au Privy Council. Le député Bernier, non-pas sans tache avec l’affaire Julie Couillard qui l’avait démis de ses fonctions de Ministre, soutient qu’il » [n'est pas] justifié de forcer les gens à répondre à des questions importunes sous la menace d’une amende de 500$ ou d’une peine d’emprisonnement de trois mois ». Voilà donc pourquoi, selon lui, nous devrions faire un pas en arrière au point de vue méthodologique et changer le recensement en un questionnaire volontaire. Il évident qu’il ne comprend rien à la société ni à la science. Je serais curieux de connaître le nombre de personnes ayant effectivement reçu une telle sentence en vertu de cette loi. Il ne s’agit là qu’un d’un incitatif plutôt que d’une menace réelle. Si les policiers se mettaient à appliquer toutes les lois, même les plus désuètes (In Arizona, it is illegal for cowboys to walk through a hotel lobby wearing their spurs) ou farfelues (In New York City, it is illegal to open or close an umbrella in the presence of a horse), les coffres des municipalités seraient bien pleins et les policiers auraient beaucoup de pain sur la planche. Or, on demande au policier d’utiliser son jugement. C’est justement ce qui manque dramatiquement à Bernier et sa bande…

Un peu plus loin dans son texte, rédigé comme un composition ratée d’un étudiant du secondaire, il soutient que « Les entreprises et organisations qui souhaitent obtenir de telles données devraient payer elles-mêmes pour des enquêtes qui répondront à leurs besoins au lieu de s’en remettre au pouvoir de coercition du gouvernement pour les obtenir ». Voilà un autre pan de l’idéologie conservatrice, la fameuse « invisible hand » de Smith. Idéologie simpliste, dépassée et ridicule, on laisse « au marché » la tâche de déterminer ce que la société a de besoin, car les gens disposant d’un volonté suffisante pour justifier une certaine production fera en sorte que le marché produira la quantité optimale. C’est bien beau quand on prend un cours de Microéconomie de premier niveau et qu’on discute de pommes et de bananes, mais la vie, ça ne fonctionne pas comme ça. Les entreprises maximisent leurs profits, et rien d’autre. Or, quelle entreprise bénéficierait de disposer d’information sur la pauvreté ou le bilinguisme? Ce sont des intérêts nationaux, qui nous définissent et nous unissent, bien plus que les avions de chasse et les lac artificiels. Encore cette semaine, le Gouvernement annonçait son intention d’abolir les mesures de discrimination positive. Encore une fois, on doit laisser les forces du marché déterminer le nombre d’autochtones dans la fonction publique. Ridicule, myope et rétrograde (je pense rebaptiser mon blogue ainsi).

Même Harper, alors qu’il était à la Maitrise en Alberta, a utilisé des données issues du formulaire long du recensement. Ironique, non?
Je tiens à souligner la bravoure de Munir Sheik, tête dirigeante de Statistique Canada, qui a démissionné suite aux événements entourant les décisions conservatrices. Il s’est séparé de son devoir de réserve et à clairement fait part des manquements du Gouvernement.
Puis, Bernier continue sa ridicule tirade au sujet des groupes de pression et des « élites ». Ici, on voit un autre aspect important du Gouvernement de Red-Neck Albertain: aucune dissidence. Autant à l’interne, comme nous le voyons avec le mutisme de toute la haute fonction publique, qu’à l’externe, avec l’abolition du Programme du Fond de Contestation Judicaire, la dissidence est pratiquement interdite. Et comme Bernier le souligne, tous les médias sont contre eux, snif snif. Heureusement que vous avez Péladeau pour démarrer une chaine politico-propagandiste à la Fox News, avec le projet Sun TV News. Il est tout de même hautement absurde de vouloir répliquer un modèle aussi minable et risible que Fox News.
Bernier soutient même que les Québecois sont majoritairement (62%) pour l’abrogation du formulaire long. Il est drôle de voir que l’article de Canada.com duquel émane ces chiffres s’intitule « No Consensus On Census Debate ». Dans le sondage Ipsos, on observe que les chiffres à l’échelle nationale sont clairement divisés avec 49% de la population pour et 51% contre. Or, mes amis les plus éduqués et informés ne sont même pas au fait de l’importance d’un tel formulaire, soulignant ainsi que les opinions en la matière ne sont pas clairement définis. Ceci à été démontré avec une follow-up survey mené par Angus-Reid quelques jours plus tard, alors que seulement 24% des répondants affirmaient que le questionnaire long du resencement est intrusif (comme le soutien le Gouvernement) et qu’on se doit de le modifier. Dans un billet sur son blog, André Pratte souligne que dans le premier sondage, les répondants n’avaient pas le choix de réponse « ne sait pas » ou « indécis », expliquant probablement la grande différence entre les résultats des deux sondages.
Je suis toutefois heureux de savoir que les derniers événements (l’état policier du G20, le recensement, la discrimination positive, les achats de l’armée) semblent avoir affaibli le gouvernement Harper.
Je souhaite de tout coeur le plus grand malheur à ce Gouvernement qui détruit notre pays un peu plus chaque jour, en l’emmenant lentement vers un état libertarien, ou les inégalités règnent et ce qui ne se monnaie pas n’a pas de valeur. Électeurs, à vous de jouer!
Les choses ne s’améliorent définitivement pas. Harper, qui recevait le chef de l’État Hébreu, a agit mollement et n’a pas vraiment condamné une attaque qui relève du crime, commandé par l’Israel. Les gens qui ont périt étaient Turcs et les événements se sont produits en eaux internationales. Il est inadmissible que le Canada reste de glace, servant de lavette pour essuyer des bottes tachées de sang.
Les jours passent, et mon pays s’enfonce. Et profondément. Vincent Marissal relate bien les faits dans son article « Un «incident» regrettable« . Harper, comme je l’ai déjà vécu de par une expérience personelle, est désintéressé au plus haut point par les questions diplomatiques. On dirait qu’il se change peu à peu en mercenaire économique, se rangeant ainsi avec des états comme la Chine, l’Iran ou le Brésil en faisant valloir les intérêts économique canadiens avant de faire respecter les lois et les droits humains.
Je n’y comprends sérieusement rien. Comme est-ce que l’opposition au parlement peut-elle demeurée aussi divisée et amorphe, alors que le gouvernement agit en tyran, au moment où le gouvernement est minoritaire? Je m’en désole profondément.
Je m’étais promis de me réjouir de la fin de ma maîtrise. Ce jour est venu, et il ressemble drôlement à celui qui l’a précédé et risque d’inspirer le suivant. Je mentirais si j’osais dire que le fait d’avoir complété mon mémoire ne m’a pas soulagé.
L’été arrive, pas aussi abruptement que dans ma mère patrie, mais sûrement. Les papillons m’emportent un peu plus près du Québec chaque matin, lorsque je marche dans le pré mouillé, pour les quelques centaines de mètres qui séparent mon appart de mon travail.
Parfois je pense à Néruda, à Piter, à Kreuzberg ou à Södermalm, et je voyage à l’intérieur, je vis par procuration. Ça fait presque deux ans que j’habite dans mon bled, je me réjouis d’en être à ma recherche d’un nouvel appart pour acceuillir ma douce, ses animaux poilus et moi, tout près de Stockholm…
Et bien sur, que serait un post sur mon blog sans un commentaire sur Harper. Sérieusement, je n’y comprends rien. Je suis les nouvelles religieusement, et j’enchaîne les gros mots, jour après jour, au sujet de notre premier ministre et sa bande. Jamais je n’aurais cru qu’on en viendrait là. « It’s the economy that counts and the rest is just noise » soutenait récemment Harper, nous relate le Globe and Mail. Sa vision obtus, son application systématique de son agenda idéologique aux programmes et mesures, son mépris pour la démocratie, ses liens étroits avec la droite religieuse (peu importe son allégeance), l’environnement et le rôle du Canada sur la scène internationale: la liste est longue. Je ne comprends pas comment est-ce que les Canadiens peuvent encore accepter une telle bouillie. Et comment les libéraux d’Ignatieff peuvent gaspiller leurs munitions politiques, alors que les manchettes regorgent de faits au sujet des absurdités entourant le gouvernement, Harper et sa garde rapprochée (Ohh Soudas, comme je t’aime). Mon Canada, ou es-tu? Et toi, Harper, qui sers-tu? Les red-neck, religieux, riches et autres apprentis-tea-partiers?
Et tout cela est sans mentionner le désabusement total de la population face à l’avalanche de scandales touchant le provincial et la ville de Montréal. Une chance qu’il nous reste des politiciens terre-à-terre comme Labeaume ou le Maire « là-là » Tremblay.
Quelques photos d’amis et de Stockholm.
Je me retrouve une fois de plus en Finlande. Dire que je considérais initialement me diriger vers Jyväskylä pour mes études de maîtrise, mais j’ai plutôt opté pour la Suède. La réalité finira par me ratrapper.
La neige ne prend que de petit souffles de repos depuis mon arrivée. Un épais duvet couvre tout, absolument tout. Autant de neige est inhabituel pour Helsinki et ça ne pourrait me ravir autant. Les rues sont mal déneigées, période des fêtes oblige. Tout comme en Suède, la grande majorité des voitures sont équipées de pneus à clous. Prochaine étape pour la sécurité routière Québécoise?
Je me gave de bouffe finlandaise; une chance que j’ai les chiens pour me faire sortir deux fois par jour. Je me balade des les champs immobiles, lançant des balles de neige à Tara et Naomi qui se plongent inlassablement dans les immenses congères. J’ai beaucoup de travail à faire pour ma job en Suède, et la damnée noirceur me ralentit tellement. L’an dernier c’est pareil. J’estime ma productivité reduite de 50% par rapport aux mois ensoleillés. J’ai toujours sommeil, malgré les nombreux cafés bien tassés. Je ne suis pas le seul. C’était la même chose en Russie et dans l’ensemble des pays nordiques. La machine roule sur le « idle » de novembre à février, il est socialement accepté d’avoir moins d’entrain. À 1 heure d’ensoleillement moyen pour décembre et janvier, on comprend. Ira a demandé au Père Noël une lampe solaire. Il a sûrement oublié, mais ça viendra. Pour en avoir essayé une, ces lampes égayent vraiment les matins où il semble être 3 heures du matin, mais il est en fait 9h00.
Ma blonde m’a payé la traite: Une soirée de hockey! J’ai pu voir jouer le grand Joonas Nattinen, repêché cette année par nos Glorieux. Les Blues d’Espoo ont finalement perdu 3-2 en prolongation contre le SaiPa de Laperaanta, équipe du fin fond de la division. Jeu rapide, bière interdite dans les estrades (tout comme pour les matchs auquels j’ai assisté en Suède et en Russie) et contact minimal sur la glace, le jeu est un cran plus intelligent que le nôtre, où les Laraque de ce monde n’ont pas leur place.
Nous sommes aussi allé voir A Serious Man, dernier des frères Cohen. Malgré les 8.1/10 d’IMDB, je suis loin d’avoir été impressioné par ce film. Beaucoup avaient douté de Burn After Reading, mais moi, c’est ce film là qui me fait douter. Ennuyant, le film commence par une scène médiévale en yiddish qui n’a aucun lien avec le reste du film. L’histoire tourne autour de ce prof d’université sur qui le sort s’acharne, dans un décor juif tirant sur le satire. Et il n’y a pas de punch. Le film m’a fait penser aux trips auto-masturbatoires d’Almodovar sur sa propre vie. Comme s’il comptait des « inside jokes » avec lui-même…
Parlant de chose qui m’écoeurent: Harper. Je suis religieusement les nouvelles canadiennes et québécoises. La prorogation du parlement est une offence à la démocratie. Les derniers mois ont été horribles pour le Canada: Copenhague (où Harper affirme que nous avons une bonne entente. Quelle entente?), Torture en Afghanistan et Contrôle de armes à feu. Lawrence Cannon a l’audace de dire que les Jeux Olympiques offriront une vitrine fantastique pour le Canada. Une vitrine sur quoi? Un magasin 1 piastre? Vivement la vie dans un pays qui n’est pas dirigé par un ennemi de la démocratie (et d’un lèche-cul appelé Soudas).
Encore une belle semaine en Finlande et je mets ensuite le cap sur l’Allemagne pour quelques jours, question de célébrer l’anniverssaire de ma mère d’accueil Beate.
En attendant, il reste toujours la veillée du jour de l’an ce soir. Nous irons à Töölö dans une soirée « We love Helsinki » pour danser des gigues Finlandaises: jenkka, humppa et tango finlandais au menu!
Bonne année!
Cette semaine, 2000 scientifiques canadiens ont déposé une pétition afin de protester contre les coupures du gouvernement Harper dans le financement de la science. Mesure idéologique parmi tant d’autres, elle vise a encourager des secteurs spécifiques, comme la recherche dans le domaine des hydrocarbures, plutôt que de supporter la recherche fondamentale. Le problème avec la recherche basée sur les résultats à court terme, c’est que nous nous tirons littéralement dans le pied. Un chercheur qui trouve, on en cherche… mais des chercheurs qui cherchent, on en trouve.
Le propos de ce billet vise à tracer un parralèle avec la Suède. La Suède détient un passé industriel et manufacturier similaire au notre: Bois, Sidérurgie, Énergie, Transport sont parmi les nombreux domaine où de nombreuses innovations et des succes story ont été écrites à la fois au Canada et en Suède.
La récente débâcle de l’industrie du papier au Québec est attribuable à de nombreux facteurs, mais je crois qu’il y a beaucoup à apprendre de cet échec d’une industrie phare. Pendant que les Domtar, Abibiti-Consol et autres barons du papier encaissaient les millions de dollars, peu d’investissement technologiques ont été effectués. Si on jette un regard au progrès importants qui ont été implantés dans l’industrie papetière brésilienne, on comprend pourquoi elle a fini par damer le pion au géants québécois. Même chose pour les fabriques de la rue Chabanel à Montréal: Le fondateur de Blank (vêtements faits à Montréal) nous expliquait en entrevue à l’université à quel point les équipements dans le secteur manufacturier ont durement souffert de leur désuétude, pour finalement devoir renoncer face à l’offre chinoise. Pendant toutes ces années, nous avons suivi une vision à court-terme, profitant bien des profits sans réinvestir dans l’innovation.
Le paralèle entre la recherche fondamentale et les couturières de la rue Chabanel est certes grand, mais il mérite d’être fait. Le fait d’investir dans la recherche sur les hydrocarbures (qui soit dit en passant se place dans la même catégorie que l’accord Asie-Pacifique sur les changements climatiques: un tissu d’hypocrisie qui vise à ne rien sacrifier et au années Bush en terme de recherche sur les carburants) revient au même qu’à ne pas investir dans les autres secteurs de la science: on ne sait tout simplement pas de quoi le monde de demain aura besoin.
La Suède a donné le coup de barre qu’il se doit, si elle veut réussir à long terme dans une économie globale. Elle investit 4% de son PIB en recherche, le plus haut poucentage en Europe. La région où je demeure a été développé grâce aux mines de fer et de cuivre. De nos jours, ils ne produisent plus les mêmes blocs de métal qu’ils avaient l’habitude de produire: cette production est reléguée à la Russie et à l’Ukraine. Ils produisent plutôt des matériaux technologiques à haute valeur ajoutée. Petit quizz: Si cette usine avait été québecoise, elle aurait eu l’air des manufactures de la rue Chabanel?
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