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Merveilleuse Finlande

Je me retrouve une fois de plus en Finlande. Dire que je considérais initialement me diriger vers Jyväskylä pour mes études de maîtrise, mais j’ai plutôt opté pour la Suède. La réalité finira par me ratrapper.

La neige ne prend que de petit souffles de repos depuis mon arrivée. Un épais duvet couvre tout, absolument tout. Autant de neige est inhabituel pour Helsinki et ça ne pourrait me ravir autant. Les rues sont mal déneigées, période des fêtes oblige. Tout comme en Suède, la grande majorité des voitures sont équipées de pneus à clous. Prochaine étape pour la sécurité routière Québécoise?

Je me gave de bouffe finlandaise; une chance que j’ai les chiens pour me faire sortir deux fois par jour. Je me balade des les champs immobiles, lançant des balles de neige à Tara et Naomi qui se plongent inlassablement dans les immenses congères. J’ai beaucoup de travail à faire pour ma job en Suède, et la damnée noirceur me ralentit tellement. L’an dernier c’est pareil. J’estime ma productivité reduite de 50% par rapport aux mois ensoleillés. J’ai toujours sommeil, malgré les nombreux cafés bien tassés. Je ne suis pas le seul. C’était la même chose en Russie et dans l’ensemble des pays nordiques. La machine roule sur le « idle » de novembre à février, il est socialement accepté d’avoir moins d’entrain. À 1 heure d’ensoleillement moyen pour décembre et janvier, on comprend. Ira a demandé au Père Noël une lampe solaire. Il a sûrement oublié, mais ça viendra. Pour en avoir essayé une, ces lampes égayent vraiment les matins où il semble être 3 heures du matin, mais il est en fait 9h00.

Ma blonde m’a payé la traite: Une soirée de hockey! J’ai pu voir jouer le grand Joonas Nattinen, repêché cette année par nos Glorieux. Les Blues d’Espoo ont finalement perdu 3-2 en prolongation contre le SaiPa de Laperaanta, équipe du fin fond de la division. Jeu rapide, bière interdite dans les estrades (tout comme pour les matchs auquels j’ai assisté en Suède et en Russie) et contact minimal sur la glace, le jeu est un cran plus intelligent que le nôtre, où les Laraque de ce monde n’ont pas leur place.

Nous sommes aussi allé voir A Serious Man, dernier des frères Cohen. Malgré les 8.1/10 d’IMDB, je suis loin d’avoir été impressioné par ce film. Beaucoup avaient douté de Burn After Reading, mais moi, c’est ce film là qui me fait douter. Ennuyant, le film commence par une scène médiévale en yiddish qui n’a aucun lien avec le reste du film. L’histoire tourne autour de ce prof d’université sur qui le sort s’acharne, dans un décor juif tirant sur le satire. Et il n’y a pas de punch. Le film m’a fait penser aux trips auto-masturbatoires d’Almodovar sur sa propre vie. Comme s’il comptait des « inside jokes » avec lui-même…

Parlant de chose qui m’écoeurent: Harper. Je suis religieusement les nouvelles canadiennes et québécoises. La prorogation du parlement est une offence à la démocratie. Les derniers mois ont été horribles pour le Canada: Copenhague (où Harper affirme que nous avons une bonne entente. Quelle entente?), Torture en Afghanistan et Contrôle de armes à feu. Lawrence Cannon a l’audace de dire que les Jeux Olympiques offriront une vitrine fantastique pour le Canada. Une vitrine sur quoi? Un magasin 1 piastre? Vivement la vie dans un pays qui n’est pas dirigé par un ennemi de la démocratie (et d’un lèche-cul appelé Soudas).

Encore une belle semaine en Finlande et je mets ensuite le cap sur l’Allemagne pour quelques jours, question de célébrer l’anniverssaire de ma mère d’accueil Beate.

En attendant, il reste toujours la veillée du jour de l’an ce soir. Nous irons à Töölö dans une soirée « We love Helsinki » pour danser des gigues Finlandaises: jenkka, humppa et tango finlandais au menu!

Bonne année!

Le Canada dans la mauvaise direction

Cette semaine, 2000 scientifiques canadiens ont déposé une pétition afin de protester contre les coupures du gouvernement Harper dans le financement de la science.  Mesure idéologique parmi tant d’autres, elle vise a encourager des secteurs spécifiques, comme la recherche dans le domaine des hydrocarbures, plutôt que de supporter la recherche fondamentale. Le problème avec la recherche basée sur les résultats à court terme, c’est que nous nous tirons littéralement dans le pied. Un chercheur qui trouve, on en cherche… mais des chercheurs qui cherchent, on en trouve.

Le propos de ce billet vise à tracer un parralèle avec la Suède. La Suède détient un passé industriel et manufacturier similaire au notre: Bois, Sidérurgie, Énergie, Transport sont parmi les nombreux domaine où de nombreuses innovations et des succes story ont été écrites à la fois au Canada et en Suède.

La récente débâcle de l’industrie du papier au Québec est attribuable à de nombreux facteurs, mais je crois qu’il y a beaucoup à apprendre de cet échec d’une industrie phare. Pendant que les Domtar, Abibiti-Consol et autres barons du papier encaissaient les millions de dollars, peu d’investissement technologiques ont été effectués. Si on jette un regard au progrès importants qui ont été implantés dans l’industrie papetière brésilienne, on comprend pourquoi elle a fini par damer le pion au géants québécois. Même chose pour les fabriques de la rue Chabanel à Montréal: Le fondateur de Blank (vêtements faits à Montréal) nous expliquait en entrevue à l’université à quel point les équipements dans le secteur manufacturier ont durement souffert de leur désuétude, pour finalement devoir renoncer face à l’offre chinoise. Pendant toutes ces années, nous avons suivi une vision à court-terme, profitant bien des profits sans réinvestir dans l’innovation.

Le paralèle entre la recherche fondamentale et les couturières de la rue Chabanel est certes grand, mais il mérite d’être fait. Le fait d’investir dans la recherche sur les hydrocarbures (qui soit dit en passant se place dans la même catégorie que l’accord Asie-Pacifique sur les changements climatiques: un tissu d’hypocrisie qui vise à ne rien sacrifier et au années Bush en terme de recherche sur les carburants) revient au même qu’à ne pas investir dans les autres secteurs de la science: on ne sait tout simplement pas de quoi le monde de demain aura besoin.

La Suède a donné le coup de barre qu’il se doit, si elle veut réussir à long terme dans une économie globale. Elle investit 4% de son PIB en recherche, le plus haut poucentage en Europe. La région où je demeure a été développé grâce aux mines de fer et de cuivre. De nos jours, ils ne produisent plus les mêmes blocs de métal qu’ils avaient l’habitude de produire: cette production est reléguée à la Russie et à l’Ukraine. Ils produisent plutôt des matériaux technologiques à haute valeur ajoutée. Petit quizz: Si cette usine avait été québecoise, elle aurait eu l’air des manufactures de la rue Chabanel?

Chronique Canadienne

Le fait de vivre en Suède ne me guérira définitivement pas de ma douce maladie: news-junkie.

Ma première semaine du haut de mes 23 ans a été prolifique, au Canada du moins. Une coalition Rouge-Bleu-Orange, bref les désunis Anti-Harper, ont failli renverser le gouvernement.

À force de lire les articles du ROC et tout ce qu’il y a de conservateur dans notre beau pays, je me souviens pourquoi est-ce qu’il y a autant de souverainistes dans la belle province. Les paroles douces de Harper au cours des dernières années, qui ont réussis à faire mordre des gros poissons comme la Beauce et la région de Québec, se sont vite envolées cette semaine. Les mots « separatists » and « quebecers » n’avaient plus rien de doux, ils étaient plein de mépris et d’arrogance, comme on connait les héritiers de Manning. La reconnaissance de la Nation, le siège à l’Unesco, tout ça c’est du vent. Quand on commence à parler démocraties, droits humains, concept de société, on frappe un gros noeud. Les Albertains nous prennent pour des bébés gâtés. Avant le boom pétrolier de la province, c’était qui les bébés gâtés? Avec un baril de pétrole à 44$, qui va se pavaner en toute arrogance?

Plutôt que de faire ce que l’on doit faire un période de récession, créer des emplois et investir, les Torries ont préféré mettre de l’avant leur damnée idéologie partisane. Le fait qu’ils aient envoyé des lettres aux détenteurs d’arme à feu m’a fait tomber en bas de ma chaise. Dans quel pays vivons-nous? Est-ce qu’on a déplacé la frontière avec les É-U vers le Nord pendant mon sommeil? Tout cela est plus que ridicule.

Parlant de ridicule, Dion rivalise avec Harper. Harper, accroché à son pouvoir, martelle depuis le début de la semaine que les Canadiens n’ont pas voté pour ce gouvernement de coalition. Si je vote NPD, sachant clairement qu’ils ne seront pas majoritaires, est-ce que cela veut dire que je veux nécessairement qu’ils forment l’opposition? Si les Conservateurs forment une minorité, alors tout le reste ensemble représente la majorité du Canada, non? Dion, quant à lui, est aussi désespérément accroché à son petit bout de pouvoir. Ce nerd qui rêve d’être premier ministre depuis sa tendre enfance sera potentiellement promu premier ministre pour quelques mois. Quelle crédibilité aura-t-il? Autant que Kim Campbell?

Personellement, pour avoir vécu en Allemagne où la coalition Jaune-Vert-Bleu fonctionne, je crois en ce projet. Je crois en la democratie, et si les 3 partis sont assez matures pour travailler vers un compromis, vers un consensus, cela fonctionnera. Et pour ceux qui ont peur que les gens du Bloc ne marchandent tout le temps, j’ai des petites nouvelles pour eux. Qui serait assez fou pour parler de souveraineté pendant la pire crise financière en 70 ans? Comment le Québec pourrait-il survivre? Cela relèverait de l’absurde. Le Bloc est là avant tout pour défendre les intérêts des Québecois, puis pour la Souveraineté.