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Hermitage (bis)

Il n’y a rien comme de se perdre dans le plus grand musée au monde. Un adage prétend que si une personne passe une minute devant chaque œuvre, elle en a pour 8 ans (La collection est estimée à 2,7 millions d’objets!).

Il y a des jours où je suis démangé par l’envie de découvrir un peu plus de ce musée. J’habite à deux coins de rue de là et l’entrée est gratuite (pour les étudiants « russes » comme moi, hahaha : Je suis aussi russe que la Poune!) De quoi faire mourir d’envie mes amis en histoire de l’art… Bref, la température pas très accueillante de février me rends heureux pour une raison particulière : La ville est pratiquement vide de touristes. Cette semaine, je décidai de me lancer à « l’aventure », me balader dans l’Hermitage sans plan. Ce musée est un vrai labyrinthe. Les salles immenses serties d’or et de bois rares sont toutes connectées par des petits corridors, corridors qui mènent parfois vers d’autres palais! Les pauvres étrangers comme moi sont parfois frappés d’une malédiction (Malédiction qui me suit depuis mon plus jeune âge, qui se manifeste lorsque je cherche mes clés ou mon cellulaire) : plus je cherche quelque chose, plus je trouve ce que je ne cherche pas. En fait, dans mon cas, j’ai passé plus d’un heure à chercher ce fameux escalier qui donne sur le 3ième étage de l’Ermitage, où se trouve ma section préférée ( les Impressionnistes, ahhhhhh!). Plutôt que de trouver mon escalier, je retombais toujours sur ces maudites salles sur l’art flamand… Plus précisément, sur les tapisseries flamandes. Une fois que tu as vu 2-3 grands tapis accrochés au mur mettant en scène une partie de chasse médiévale ou une nature morte où les poires font le party, tu comprends et tu passes à la prochaine salle. Mais dans mon cas, c’était le jour de la marmotte, remix-version Hermitage. J’ai dû me retrouver la 6 fois! Mon ami Cédric est frappé par une malédiction similaire, mais probablement plus grave : lui, ce sont les objets Mésopotamiens… À force de se perdre dans l’Hermitage, il est donc devenu un grand connaisseur de ces roches et autres objets tordus/rouillés de l’époque pré-romaine…

Demain, je vais voir l’opéra Nozze di Figaro au Mariinsky… J’ai très hâte. En fait, cette semaine, je me paie la traite… Je retourne le 7 février pour voir le Lac des Cygnes, réputé comme étant le plus beau ballet au Mariinsky… Mon séjour à SPB m’ouvre les yeux sur les arts, comme aucune autre ville n’en aurait été capable. Je visite des musées, des expositions de photographie, des concerts, des ballets… Je suis en train de « kicker » mon enseignement des sciences au Cégep! Hahaha. Apparemment, nous sommes parfois plus artistiques que nous le croyons! Je reste un artiste incapable de faire de la peinture à numéro ou de la sculpture de patate, mais je commence à savoir apprécier certaines choses, je commence à me sentir vraiment touché par certaines œuvres.

À l’époque soviétique, un des piliers du gouvernement était l’alphabétisation, et ce rapidement après la révolution. En effet, il est primordial que le peuple puisse lire les conneries de propagande pour qu’il puisse tout gober. Puis, dans une étape où il était temps de « justifier » la place du régime, beaucoup d’efforts ont été entrepris afin de « démocratiser » (terme relativement paradoxal dans le contexte, mais bon) la culture, sous certaines conditions évidemment. Donc, l’Hermitage et le Musée Russe de SPB ont connu une expansion considérable à cette époque, dans le but de montrer d’une part dans quel luxe grotesque vivait l’ancien régime (les Tsars), et d’autre part, de faire valoir la culture russe au milieu des autres cultures mondiales. C’est donc pour cette raison que je crois qu’il en coute rien, ou très peu, pour les Russes pour entrer dans les musées. Les prix pour étrangers sont donc le 6 à 33 fois plus élevés que pour les Russes!

L’Ermitage…

Aujourd’hui, j’ai realise ma premiere visite a l’Ermitage… J’en ai encore le souffle coupe! Picasso, Monet, Rembrandt, De Vinci, Cezanne, Gaugin, Kadinsky… Autant de chefs-d’oeuvre en si peu de temps, mes yeux se fatiguent a observer autant de tableaux de maitres… Je dois absolument y retourner sous peu, et encore mille autres fois! Mis a part le nombre effarant de tableaux splendides, le decor est grotesquement luxueux. Des dorrures a outrance, jusqu’a la vis et la charniere de la petite porte, la demeure des Tsars n’avait rien a voir avec le peuple qui souffrait…