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J'ai vu Peter Forsberg!

Mon exil suédois n’allait quand même pas arrêter ma passion pour le hockey.

Mardi dernier, mes collègues et moi au Département d’Économie nous sommes déplacés à Gävle pour assister au match Modo-Brynäs au Läkerol Arena (Ligue Elitserien).

Peter Forsberg (#21) (Foppa comme les Suédois le surnomment) est revenu au jeu et personne ne l’a manqué: 3 passes dans une victoire 5-1. Modo occupe pourtant la dernière place au classement, mais lorsque Foppa joue, tout le monde le sait…

Ah oui, Modo est l’équipe de mon patron. Le monsieur était content…

En suédois, Forsberg se prononce « Fourche-berry ». Hautement intéressant…

Une belle soirée… dans la deuxième rangée des rouges!

Voici quelques extraits:

Journal d’un exilé

Je ne compte plus les amis qui me repochent de ne pas écrire suffisament. Je tiens à m’en excuser. Disons que je préfère sentir le besoin de laisser quelques mots plutôt que de sentir qu’il s’agit d’un devoir.

Le temps file doucement, au gré des (courtes) journées polaires. Le mercure s’est décidé à demeurer sous les 0, la neige est là pour rester et le soleil est si timide. Tout le monde le ressent, ça me rappelle cet engourdissement généralisé de la Russie: toute activité avant les 10 heures du matin est extrêmement pénible, voir impossible. Étant donné qu’il fait noir comme chez le loup jusqu’à 9h et quelques, il est si difficile de se lever. Puis, vers les 14h30, le soleil repart déjà, nous laissant sur notre appétit de rayons. Le pire, c’est qu’en plus de se pointer le nez que pour quelques heures, le soleil se cache plus souvent qu’autrement derrière un ciel d’acier… Un aspect positif de cette noiceur constante est le fait que je dors comme je l’ai rarement fait. Je regarde parfois des photos du Québec, et comme disait Bénabar, j’ai des cernes en forme de parachute sous les yeux.

Ce manque de lumière explique partiellement ma dissette photographique. (Malgré le fait que les caméras et les objectifs ne manquent pas dans mon armoire…)

Mon hermitage à Borlänge se déroule bien, mais je sens toutefois que certaines choses me manquent fondamentalement, mais tout finira bien par se régler. Pas de télé, pas de radio, pas de journaux… disons que ma stimulation s’en trouve limitée. Le news-junkie que je suis se content de faire des « refresh » sur le site de la BBC et de La Presse… Borlänge est une jolie petite ville, pleine de qualités, mais elle demeure toutefois limitée. La scène culturelle est plutôt absente, la vie de quartier (comme je l’aime) fait tout autant défaut. Pas de cafés, pas de restos, une chance que les copains sont là pour animer les journées sombres. De ceci découle également le besoin de sortir de la ville, question de sentir que le monde tourne toujours…

C’est exactement ce que nous avons fait hier soir. Ma passion pour le hockey ne s’amenuise pas avec la distance: un match de la deuxième ligue opposait Leksand à Björklöven. L’an dernier, nul autre qu’Ed Belfour gardait les but de Leksand, contribuant (malgré ses 43 ans) à mener son équipe au sommet du classement. Leksand l’a emporté 4 à 2. Nous disposions de bonnes places, l’équivalent des « rouges » dans la LNH. Le hockey suédois est rapide, fair et relativement non-violent. Un peu de misère à compléter les passes et à éviter les revirement, mais le niveau est vraiment intéressant.

Autrement, sans toutefois m’ennuyer du Québec, je réalise que certaines choses me manquent, et je me dois de l’assumer pour vivre le tout en paix. Heureusement, j’ai Evan, Sima et Anna près de moi, parce que sans eux, je ne sais pas comment je ferais pour être vraiment heureux. Mes amis du Québec, ceux que j’ai depuis peu ou depuis toujours, saurons comprendre mes rêves, mes envies titanesque, mes élans de folie. Le choix de venir en Suède n’est pas simple en soi, mais je suis très heureux de l’avoir fait. J’ai cette voix en moi qui m’anime, et je me dois de l’écouter. Ne pas le faire, trouver 10 000 raisons de ne pas prendre les vrais décisions reviendrais à me mentir, à éventuellement regretter. Je me comprend davantage, je serai fier de moi une fois cette étape franchie. Inévitablement, je me dois de penser à la suite. On m’a approché pour me faire savoir que si mes notes se maintiennent, je serais présentit pour faire ma recherche de doctorat à Borlänge. Est-ce que c’est ce que je veux? Pas moyen de le savoir. Pas maintenant du moins. Un autre 3 ans sur les bancs d’école? Je ne suis pas certain. Et sinon, quoi? Ouf… Je ne le sais pas plus. Écrire, enseigner? Sûrement. Dans quel coin du monde? Prochaine question, please…

Mon ami finlandais Pyry est repartit. Il est le premier à quitter. Ça me donne le blues de voir un ami partir…

Ah oui, c’est mon anniverssaire en fin de semaine. Une belle occasion de passer la soirée avec Anna (tous mes autres amis seront en cavale en Scandinavie), et de me sentir heureux, vraiment.

Les séries ne sont pas finies!

Apres avoir ete debout pres de 35 heures, je me suis assoupi hier devant un match important, opposant l´équipe feminine argentine et les Pays-Bas, dans une partie sans mercie de… hockey sur gazon. J´aurais donc du apporter mon gilet du CH.

Dans un autre registre, je suis fasciné par cette ville. Hernando de Soto, lui-même péruvien, soulignait à quel point les économies du Sud ne sont pas celles du Nord, et que nos modèles de développement ne pouvaient donc pas ètre calqués. L´économie est on ne peut plus informelle, tout est à la fois chaotique et organisé. Il n´y a pas d´arrêt d´autobus, pas de circuits, mais le transport urbain est à la fois plus efficace et meilleur marché, toutes proportions gardées. Cette organisation organique de la société est solide et a sa valeur, bien que nos référentiels culturels et sociétaires la regardent de bien haut.

Les gens sont curieux. Autant comme il est implictement mal vu d´aborder les gens et des les observer chez nous, autant comme je sens que les gens autour de moi ici savent faire preuve de curiosité avec respect. J´ai eu la chance de discuter avec plusieurs personnes de notre projet, et je trouve qu´ils sont fiers de notre présence et notre intérêt. Un agent de sécurité à Lima avec qui je bavassais était franchement surpris de notre volonté à se donner autant de trouble pour mener notre projet. Il m´a demandé: Allez-vous manger ce que les paysans magent? Bien sur, lui ai-je répondu.

Les feux femmes de ménage de l´hòtel m´ont aussi demandé la raison de notre long voyage. Après leur avoir expliqué, elles m´ont demandé si je parle quetcha. Le quetchua est la langue traditionnelle, celle des premières nations. Elle occupe une place important dans la culture, l´histoire et la vie quotidienne des habitants d´Ayacucho. Bref, je leur ai répondu que non, je ne la parlais pas, mais que j´adore les langues. Elles m´ont alors offert un pacte: je leur apprend les bases du français et elles m´apprennent les bases du quetchua.  :)