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Jour J (-2)

Samedi après-midi, Huaraz.

J’ai peine à réaliser que l’aventure se termine vraiment. Notre quotidien ne sera plus le même. Les rues, le quechua mélangé à l’espagnol, les 10 000 visages du Pérou ne seront que du passé. ll faut savoir vivre les choses pleinement, et reconnaître que ce genre d’immersion ont une fin. C’est bien beau à dire, mais c’est moins facile à vivre.

Les derniers jours sont durs, non seulement au niveau des adieux, mais bien au niveau du groupe. Nous avons roulé la pédale au plancher pendant de nombreuses semaines, pour finalement ouvrir la soupape quelques jours avant notre retour. Les petits bobos ressortent, qu’ils soient intérieurs ou physiques.

Nous avons tout de même beaucoup de chance de relaxer ici, à Huaraz. Nous avons longuement hésité entre plusieurs destinations (Cusco, Arequipa) pour finalement opter pour ce camp de base d’une longue cordilière enneigée. Bons restos (végé!) et douches chaudes nous font le plus grand bien.

Pour ma part, j’ai hâte de retrouver les miens, de profiter du lac au chalet, en plus de penser fort à mes jouets qui m’attendent à la maison (une FED-3, un posemètre Gossen Luna-Lux, sans oublier mon Eeepc!)

En vivo desde Huaraz

Beaucoup de jours se sont écoulés depuis mon dernier article. Disons que le sprint final a été pas mal long.

Vendredi dernier, j’ai eu droit a une situation plutôt cocasse. Alors que nous nous regroupions pour nous rendre à l’hôtel de ville du district, un homme m’a interpelé. Il m’a emmené dans la petite épicerie du coin, pour me faire signer un papier. Me pressant, pour ne pas que je ne prenne le temps de lire le papier en question, il voulait absoluemtn que je signe le document rapidement. J’ai toutefois pris le temps de le lire. Il s’agissait en fait d’un avis de paralysation de travaux, au sujet de la pépinière. Nous n’avons en effet pas solicité les autorisations nécessaire pour construire les murs de la pépinière aussi proche de la route. Le document expliquait que je m’expose à une amende de 330 soles (120 dolars CAN) et la démolition de la pépinière… Tout ça, alors que nous étions en route pour nous rendre à la municipalité, où on nous a fait fils prédilecte (titre honorifique le plus élevé, visant à souligner un accomplissement extraordinaire) et citoyen d’honneur! On nous a remis médailles et cadeaux, dans un bel atmosphère amical.

La même journée, on est allé casser la baraque, avec nos amis de l’ONG partenaire, jusqu’aux petites heures du matin. Bière cheap, danses latines et musique ringarde étaient au menu!

Puis, vint le fatidique dimanche, où la communauté nous disait officiellement au revoir. Ils nous ont préparé des surprises, des danses et des costumes traditionels. C’était un moment très émouvant. Je n’aurais pas cru que je m’attacherais autant à ces gens au coeur énorme et au foyer si accueillant. Lundi, alors que nous sommes partis pour de bon, je n’ai pu m’empêcher d’éclater en sanglots. J’ai pris le petit Ivan, le fils de Feli « ma soeur », nous nous sommes serrés très fort dans nos bras dans un moment où le temps de défilait plus, je lui ai dit que je l’aimais et que je reviendrais le voir un jour. Durant ces quelques mois, j’étais tout comme son papa. Je le bordais le soir, je le consollais et on jouait ensemble jusqu’à l’épuisement. Le simple fait d’écrire ces lignes me remplit les yeux d’eau…

J’ai du aussi dire au revoir à la Señora Elodia, cette dame si accueillante, si gentille et ricaneuse. J’ai beaucoup apris d’elle, en peu de discussions. Les regards, les petites attentions ont chargé mon coeur d’amour pour cette famille.

Tous nos amis sont venus au terminal d’autobus, afin de nous dire un dernier au revoir. Le coeur gros, nous nous sommes vraiment dit au revoir, non pas adieu. J’aime tellement cet endroit que je doit revenir, je n’ai pas le choix.

Après plus de 18 heures d’autobus (sans compter l’escale a Lima), nous sommes maintenant au coeur de Huaraz, entre la cordilière blanche et la cordilière noire. Un peu de repos, une bonne douche chaude (après 11 jours sans se doucher!), du lavage et le rapport de fin de stage rempliront les jours qui nous séparent de notre retour, le 5 aout a 13h10 en provenance de Toronto.