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Le rôle du Canada, les OMDs et la dette

Voici un article paru en 2005, mais qui est toujours d’actualité. Je l’avais écrit à l’époque après avoir assisté à une allocution de Ed Broadbent.

Rights & Democracy Network National Mingler 2005

By Jean-Philippe Deschamps-Laporte,
Délégation HEC Montréal (QC)

Ed Broadbent, ex-chef du NPD, commentait récemment l’attitude des pays donateurs : « Quand il est question de la dignité humaine, l’aide internationale ne doit pas être vue comme de la charité, mais comme une responsabilité sociale. Nous nous devons également de posséder et de développer un système de lois et de régulations qui soutient cette même responsabilité. »

L’heure est actuellement aux mobilisations massives des populations face aux calamités qui frappent notre monde; les médias ont montré et remontré les enfants et les adultes décimés par les guerres, les catastrophes naturelles et les famines. Au-delà de ces images choc se trouvent des maux qui déchirent les nations en développement, desquels découlent les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à atteindre d’ici 2015. De l’accès à l’eau à l’éducation des femmes, ces objectifs visent à éradiquer cette pauvreté qui gangrène une très grande partie de la population mondiale. Pas Tout en respectant que les pays en développement sont les premiers responsables de leur développement, le Canada se doit de prendre la place qui lui revient sur l’échiquier de l’aide internationale au développement.

Le Canada est le seul pays du G8 à posséder la « santé budgétaire » dont messieurs Martin et Goodale sont si fiers : de larges surplus et un équilibre budgétaires en sont les principales caractéristiques. Cependant, les États-Unis et le Canada sont également les seuls renégats à ne disposer d’aucun échéancier visant à l’effacement de la dette des pays du tiers-monde. L’espoir de voir les niveaux de scolarisation, de santé et de sécurité augmenter dans les pays en développement apparaît futile lorsque le fardeau imposé par les pays de l’Ouest oblige les plus pauvres à se priver afin de repayer une dette devenue plus qu’absurde. D’un côté fusent les bonnes nouvelles, comme celle de 2000 où l’UNICEF présentait en grande pompe la gratuité et l’universalité de l’éducation pour tous en Afrique, et de l’autre côté, des organismes prétendument voués au développement des pays du tiers-monde, le FMI et la Banque Mondiale, imposent les Programmes d’Ajustement Structurel (P.A.S.) ayant comme conséquence la privatisation de l’éducation, de la santé et des services de base. Afin de dévaler la pente du développement économique effréné, le Canada est très timide lorsque vient le temps de passer aux actes, une fois les sommets et les promesses oubliés. Ces propositions visant l’effacement total de la dette des pays du tiers-monde, adoptées en 2000 et soutenues par les gouvernements Blair et Chrétien, ont vite été éclipsées par la montée du terrorisme, ce mal beaucoup plus facilement exploitable médiatiquement. Des sommes colossales ont été investies afin de prévenir le terrorisme, alors que l’endettement des pays du Sud contribue plus fortement à leur enlisement. Stephen Lewis, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la crise du SIDA en Afrique, rappelle la contribution de 0,7 % du PIB proposée par Lester B. Pearson comme seuil significatif : le Canada a perdu sa place de leader mondial.

Mon histoire d’amour avec Steve Harper

En 2005, lors d’un évènement national de Droits et Démocratie, réunissant la crème internationale en Droits Humains et en Environnement, j’ai eu ma première expérience directe avec les Conservateurs.

Depuis la fin du dernier règne sous Brian Mulroney, les Conservateurs m’étaient toujours apparus comme des Red-Necks inoffensifs. Fantasmant de pouvoir, du haut de la Tour de Babel cléricale, ils observaient le grand frère américain triompher dans son exploit d’aveuglement d’une nation entière.

Donc, en 2005, dans le cadre de la conférence internationale sur les Objectifs du Millénaire, un des panels était consacré aux acteurs politiques canadiens. Duceppe, Layton, un ténor Libéral qui m’échappe étaient présent. Mais où est donc le représentant Conservateur? Peu de temps avant le début du panel, l’attaché du député Harper, qui siégeait à l’opposition à l’époque, a appelé un des responsables de la conférence que je connais bien. Mine de rien, il a indiqué que M. Harper ne pourrait pas participer au panel, car il ne connaissait pas bien les enjeux sur la table (Rien de moins que les Objectifs du Millénaire pour le Développement, formulé par l’ONU au tournant du millénaire)!!! Il disait que M. Harper serait embarassé de répondre aux questions des journalistes.

J’avais tellement rit à l’époque, en pensant que ce gars là désirait, dans ses rêves les plus fous, devenir premier ministre.

Gulp, je ris moins, et peu jaune maintenant.

Le plus frustrant dans tout cela, c’est l’hypocrisie et la manipulation du gouvernement pour faire passer certaines choses pour d’autres. Josée Verner, député de Louis-St-Laurent, tisse de beaux liens entre la coopération internationale et les missions militaires. Les deux ne vont pas necessairement de paire… Le plus outrant, c’est que la Ministre fait passer ses budgets d’intervention militaire comme étant des projets de coopération internationale, dit de développement…