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Journée difficile (Day 2)

Basse-ville de Québec, 10h02

Distance: 149.7 km
Temps: 7h30
Vitesse Moyenne: 20.0km/h

Première nuit à essayer mon hamac de type Hennessy UltraLite Asym Classic, sur le bord d’un lac avec un vent constant et une pluie sans relâche. J’ai choisi cette « tente » à cause de son aspect compact et son potentiel confort. Or, malgré le temps de merde, je suis resté au sec et le support pour le dos rendait mon sommeil bien agréable. Seul hic, c’est que le double toit n’est définitivement pas conçu pour résister aux grands vents. J’ai donc du endurer un claquage incessant du double-toit sur le hamac toute la nuit. Un matelas de sol est aussi essentiel, sinon le dos est presque directement exposé au vent. Autre aspect auquel il faut s’adapter: on peut normalement se déchausser dans une tente, et entreposer quelques bagages précieux. Avec ce hamac, ce n’est pas vraiment possible. Mais bon, c’est compact, moins cher qu’un bivouac, alors c’a fait mon affaire.

La journée d’hier a été exigeante. Avec 150km à faire, je n’avais vraiment pas besoin que les forces de la nature s’opposent à moi. Ce fût toutefois le cas, avec la pluie qui n’a que rarement cessé. Orages électriques et côtes interminables, j’ai souvent eu envie de planter mon hamac et prendre des forces. Mais j’étais attendu en soirée chez Karin et Martin à Québec, alors je ne devais pas abandonner. Mes jambes étaient en compote et tous mes vêtements détrempés, disons que j’étais très heureux d’être arrivé, surtout qu’il faisait nuit noire à 21h30… Karin et moi sommes allés au Chili en 2004, et ça fait plus de 2 ans que je ne l’avais pas vu. Quel plaisir de renouer avec une amie si paisible!

Mon départ de Pointe-du-Lac s’est fait, sous la pluie, vers 9h30. J’ai tôt fait de m’arrêter à Trois-Rivères, afin de régler mon problème de porte-bagage. Je me devais de trouver une solution à ce moment, parce qu’une fois dans la région des Appalaches, tout ce que je trouverai, ce sera des « patch » pour les chambres à air. Le porte-bagage se pliait et mon pneu frottait contre le porte-bagage à un certain moment. Malgré mes effort pour le retenir avec deux strap-ratchet, il avait tendance à plier. Je pensais me trouver une remorque bon marché rendu à Trois-Rivière. Mais à 450$ pièce, j’ai du renoncer. Plutôt, le gentil commis de chez Laferté Bicycle m’a installé un porte-bagage Axiom conçu pour une roue arrière (similaire à celui que j’ai derrière), mais sur le devant de mon vélo. Avec de nouvelles sacoches Axiom Monsoon, full waterproof, j’étais en mesure de répartir le poids un peu plus répartit et un centre de gravité beaucoup plus bas.

J’ai croisé 3 petits gars de 15-16 ans, parti de Pointe-aux-Trembles en même temps que moi, en route vers Rimouski. Vaillant gaillards, ils étaient arrangés un peu tout croche. Surtout le plus jeune, Henri de son prénom, qui avait oublié d’emporter son casque… J’ai tenté de rouler avec eu un peu, car avec un vent de face, il est bien plus agréable de « couper le vent » en alternance, mais ils trouvaient que je roulais trop vite. À part ces ados, et une dame, je n’ai croisé personne voyageant à vélo.

Aujourd’hui, jour 3, je prends une journée off. J’ai fait le kilométrage d’une journée et demi sous en temps affreux hier, alors je me paye la traite! Poutine chez Ashton et cartes postales pour amis Européens au programme.

Vive la vélorution!

La dette publique du Québec

*

La dette est un réel problème. Peu de pays ne sont pas endettés, faisant de cette situation une quasi-norme. Le service de la dette occupe déjà une place importante du budget annuel du Gouvernement du Québec.

Cette manchette m’a particulièrement fâché. 35 milliards! Non mais! C’est ridicule. Je comprends que notre marine est un peu mal en point. Je comprends que nous nous devons de protéger nos côtes. Je comprends que nous sommes actifs un peu partout sur la planète. Mais de là à investir 35 milliards? Entre se préparer à botter des culs au Yémen ou en Lybie en 2020 et investir afin de stabiliser, enrichir et développer de meilleurs liens avec ces pays, le choix semble simple? On investit maintenant et on récolte les fruits en 2020? Ces 35 milliards, ils seront empruntés. On achète un criss de gros gun, sur la carte de crédit.

La dette totale totalisait 52% du PIB du Québec en 1998 et l’objectif est de la réduire à 25% en 2025. Pratique, alors que les Charest et Marois de ce monde seront probablement en train de siroter un daiquiri au fraise en attendant leurs prochain chéque de pension.

Quand on se compare, on se console… Voici un aperçu des 20 pays les plus endettés.

Je me moque parfois des objectifs politiques irréalistes. La Suède n’est pas bien différente. Elle vise à être un pays exempt de drogues en 2020. Mes collègues qui travaillent à l’institut de recherche sur les transports (VTI) planchent sur les objectifs gouvernementaux visant à atteindre un niveau « accident-zéro » sur les routes – éliminer tous les accidents. Ambitieux ou naif?

Peut-être auront-ils besoin de cette voiture.

*Ce compteur comptabilise la dette publique totale, qui est une mesure différente des tableaux et pourcetages présentés ensuite. Les figures présentées dans le texte représente la dette nette nationale.

Vappu in Helsinki & other updates...

What about a blog post, dans la langue de Shakespeare? Just to make it more simple for my non-francophone friends and not to rely on the (unreliable) translation provided by Google…  Anyhow.

The best part of Sweden is back: the sun. In every country where I have lived, I could feel the sun differently. I remember the damp and smoky Russian sun, the momentarily warm Peruvian sun or the simply amazing Montréal sun. It might be related to the air, alitutude or pollution, but I feel that every country has it’s own sun. The Swedish winter is endless and cold, even compared to Canada. Last winter, I knew it was coming, but it hit me almost just as hard. Lack of motivation, heavy steps towards work, insane reliance on (bad) coffee from that machine from which I have been abusing. I mean, it’s my only social benefit, free coffee. But those days are over, the sun is back. From my late nights spent cheering for my unbelievable team (Go Habs Go!) forcing me to bed at about 4AM, I am now brought to sleep by the cheerful singing of birds. The sun leaves us late in the evening, messing up my whole biological clock, giving more energy a little bit more everyday. It’s definitely great. But not warm yet. I had a cynical laugh when I saw that 20cm of snow fell on Québec last week, but it’s not any better here. It froze last week as well, and the days are not any warmer than 10 degrees. I rode by bike a couple of times, but as soon as the sun goes, it becomes really brrrrrrrrrr.

A short little month before being back in Montréal with Ira. Canoe, camping, biking and trekking: it’ll be a true outdoors summer. Some work too, but I am not expecting too much in that regard. I am dreaming of bike rides, good beers at Le Dieu du Ciel and some good times with the loved one. It’ll be just great. Yay!

And yeah, the master’s in economics is pretty much done now. How great. When will be the day that I’ll get excited about graduating? Didn’t give a rats ass for High School, College nor Bachelor. If ever I manage to finish this PhD, I might treat myself with a lättöl or so…

So I was lat week in Helsinki for the very traditional Vappu. Heavy celebration for the spring, costumes, sparkling wine and general outgoingness. You gotta be there. I really liked it, especially because of the spontaneous character of the whole event, the happy nature of those moments and the general joy of being able to hang out outside without being completely frozen. And my Ira got to wear her nice hat that had been sleeping in her closet for years… The overalls are quite typical in the Nordic countries, part of the student tradition. As for the hats, you get one when you graduate from High School. I want one, darn.

Life rocks! Yay!

Le Canada dans la mauvaise direction

Cette semaine, 2000 scientifiques canadiens ont déposé une pétition afin de protester contre les coupures du gouvernement Harper dans le financement de la science.  Mesure idéologique parmi tant d’autres, elle vise a encourager des secteurs spécifiques, comme la recherche dans le domaine des hydrocarbures, plutôt que de supporter la recherche fondamentale. Le problème avec la recherche basée sur les résultats à court terme, c’est que nous nous tirons littéralement dans le pied. Un chercheur qui trouve, on en cherche… mais des chercheurs qui cherchent, on en trouve.

Le propos de ce billet vise à tracer un parralèle avec la Suède. La Suède détient un passé industriel et manufacturier similaire au notre: Bois, Sidérurgie, Énergie, Transport sont parmi les nombreux domaine où de nombreuses innovations et des succes story ont été écrites à la fois au Canada et en Suède.

La récente débâcle de l’industrie du papier au Québec est attribuable à de nombreux facteurs, mais je crois qu’il y a beaucoup à apprendre de cet échec d’une industrie phare. Pendant que les Domtar, Abibiti-Consol et autres barons du papier encaissaient les millions de dollars, peu d’investissement technologiques ont été effectués. Si on jette un regard au progrès importants qui ont été implantés dans l’industrie papetière brésilienne, on comprend pourquoi elle a fini par damer le pion au géants québécois. Même chose pour les fabriques de la rue Chabanel à Montréal: Le fondateur de Blank (vêtements faits à Montréal) nous expliquait en entrevue à l’université à quel point les équipements dans le secteur manufacturier ont durement souffert de leur désuétude, pour finalement devoir renoncer face à l’offre chinoise. Pendant toutes ces années, nous avons suivi une vision à court-terme, profitant bien des profits sans réinvestir dans l’innovation.

Le paralèle entre la recherche fondamentale et les couturières de la rue Chabanel est certes grand, mais il mérite d’être fait. Le fait d’investir dans la recherche sur les hydrocarbures (qui soit dit en passant se place dans la même catégorie que l’accord Asie-Pacifique sur les changements climatiques: un tissu d’hypocrisie qui vise à ne rien sacrifier et au années Bush en terme de recherche sur les carburants) revient au même qu’à ne pas investir dans les autres secteurs de la science: on ne sait tout simplement pas de quoi le monde de demain aura besoin.

La Suède a donné le coup de barre qu’il se doit, si elle veut réussir à long terme dans une économie globale. Elle investit 4% de son PIB en recherche, le plus haut poucentage en Europe. La région où je demeure a été développé grâce aux mines de fer et de cuivre. De nos jours, ils ne produisent plus les mêmes blocs de métal qu’ils avaient l’habitude de produire: cette production est reléguée à la Russie et à l’Ukraine. Ils produisent plutôt des matériaux technologiques à haute valeur ajoutée. Petit quizz: Si cette usine avait été québecoise, elle aurait eu l’air des manufactures de la rue Chabanel?

Le revers de la médaille

J’ai mis le cap sur la Suède pour comprendre. Objectif flou et ambitieux, j’y arrive peu à peu, moins vite que je le croyais.

Aujourd’hui, Johnny le Bangladeshi me demande: “Vous n’avez pas de bonnes écoles au Canada? Pourquoi es-tu venu en Suède?” Pour un gars qui semble être venu profiter des ressources du pays, un gars qui fait partie de l’infime élite d’un des pays les plus pauvres de la terre, mes considérations paraissent bien futiles. Comprendre?

Mon assiduité à l’écriture est pitoyable. Ce doit être relié au fait que je suis dans ma séquence la plus studieuse de ma vie, probablement. Borlänge est très asceptisé en terme de culture et de distractions, tenant donc les démons de la réflexion bien loin de moi.

Mes caméras ramassent la poussière aussi. C’est bien dommage… Mes lentilles ne rouilleront pas longtemps, puisque quelques jours me séparent de voyages qui m’apporteront ma maman, jusqu’en Russie, en passant par le Danemark. Je ferai un petit coucou a la maison de Gagliano. Donc, la Russie sous peu. Source intarissable de paradoxes, moteur même de mon amour-haine pour ce pays damné, je sens que j’aurai le stylo qui chauffe.

Ce n’est pas la nostalgie, ni le blues, ni le mal du pays, mais ce putain d’hiver n’en finit plus. On n’est juste en Février. Pas de trois-ski, pas de patins, pas de tire sur la neige. L’hiver à Borlänge perd tout son sens.

On entend dire tellement de gens “Ah oui, la Suède, c’est si beau. Mais vous devriez venir en été”. Donc oui, dans un pays ou le sport est roi, ou les sentiers dans les bois sont pris d’assaut par tout le monde, l’hiver est une période d’hibernation sociale.

Parlant de social, je me suis mis a réfléchir l’autre jour, lorsque nous étions à Stockholm. Les pays nordiques (Scandinavie + Finlande) pétent des scores dans tous les palmarès: éducation, santé, sport, belles femmes :) , environnement, business, développement international, etc etc. Comment donc expliquer un nombre abnormal de suicides? Et ces tueries dans les écoles finlandaises? Ces jeunes qui, bravant le mur que représente les taxes, passent leurs journées à boire et à doucement s’effacer?

Le sujet serait adéquat pour un thèse universitaire, mais je me lance tout de même. Dans un pays où tout est littéralement possible, cette liberté est profondément angoissante. Le fait de réaliser que tout est ouvert, que 1000 portes s’offrent à nous et que nous n’avons pas le temps de toutes les essayer, il faut s’en remettre partiellement au hasard de la vie et à certaines intuitions. Dans certains autres coins du monde, tu nais ouvrier, tu mouriras ouvrier. Ici, tu peux devenir astronaute si cela te chante. OK, me direz-vous. En quoi cela est-il différent de chez nous, où tout est potentiellement possible? La différence, c’est le ramoneur et le docteur. Au Québec du moins, nous sommes coincés dans cette vieille mentalité pourrie, sortie directement de Séraphin: les kings ce sont l’avocat, le docteur et le maire (il y avait le prêtre autrefois, mais on l’a flushé dans les années 60). On voue au vocations classiques, particulièrement aux medecins, un statut de demi-dieu, de quasi-noblesse. Et avec tout haut, il y a un bas. Le revers de la médaille c’est que certaines vocation sont vues comme des petits métiers. Notre société se devra de poser un regard nouveau sur les formations non-classiques, pour l’avancement de l’ensemble de la population. Dans plusieurs pays européens, les ramoneurs doivent suivre une formation spécifique, équivalent à un préuniversitaire. Ils ont des responsabilités équivalentes aux pompiers, puisqu’ils sont chargés de l’inspection (systématique) préventif des système de chauffage résidentiel. Quel regard pose-t-on sur les ramoneurs chez nous? Combien de jeunes ont ce métier comme premier choix dans la belle province?

J’entends déjà certains avancer que de ne pas suffisamment valoriser les vocations classiques, de ne pas mettre de l’avant un système d’éducation qui mette l’accent sur les mathématiques et la rationalité stricte revienne à niveler par le bas, à ne pas pousser les futures générations à donner le meilleur d’eux-mêmes. J’y répond tout de suite que ce genre de moule n’est simplement pas fait pour tout le monde. Si tellement de jeunes tombent « en dehors du moule », hors du système, c’est probablement parce qu’il y a un problème avec le moule, pas les jeunes.

Donc oui, le système nordique est plein de qualités, mais laisse les jeunes face à un nombre incroyable de possibilités, ce qui génère une profonde angoisse que je crois avoir reconnu chez beaucoup de mes pairs.

Je vous tiendrai au courant ;)