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Ce que j’en pense.

Je m’imaginais la Suède comme étant un pays très égalitaire. Je m’imaginais les beaux principes humanistes appliqués dans la société de tous les jours. Je voyais déjà cette société s’élever en exemple devant l’Occident.

J’avais tort, mais pas tant que ça.

Au début, quand j’ai commencé à m’intéresser  au modèle suédois, je me suis buté à de nombreux critiques (principalement étatsuniens) qui soutenaient que le monde n’est tout simplement pas égalitaire. Certains sont plus riches d’autres plus brillants, ce qui, selon eux, soutient le fait qu’un système sociétaire basé sur une égalité absolue est inefficace.

Or, au fur et à mesure que mon expérience s’enrichie, je vois où le bât blesse. 

Aujourd’hui, lors de ma millième tentative de négociation avec l’agence du logement (je désire changer d’appartement), j’en ai eu la flagrante confirmation. En bref, je veux changer d’appart. Un Chinois dans ma cuisine a oublié un poulet pendant plusieurs heures dans le fourneau, ce qui a laissé une odeur terrible dans la cuisine pendant plus de deux semaines. C’en était trop. Si je dois rester ici pour encore 1-2 ans, j’ai bien envie d’avoir un endroit sain et à mon goût. Toutefois, l’agence du logement n’est pas chaude à autoriser les déménagements, parce que ça leur engendre beaucoup de travail (!). Mais je connais au moins deux personnes qui ont été autorisées (dont un Suédois). Je leur ai fait part de ma situation. La dame ne savait pas quoi faire. Elle va m’appeler qu’elle m’a dit. Après plusieurs jours d’attente, je l’appelle. On se jase en suédois, pour finalement conclure qu’elle ne pouvait pas m’aider. Va voir ma boss, qu’elle m’a dit. Ce matin, beau printemps et rayons de soleil, je rencontre la tite madame dans son ti bureau. Elle est ben fine, mais pas plus débrouillarde que l’autre tite madame. Elle sait pas plus quoi faire. Elle va m’appeler demain, parce qu’elle doit parler à sa boss. Croyez-vous que le téléphone sonnera demain? Est-ce que la boss de la boss va savoir quoi faire? La boss de la boss pourrait peut-être appeler la Reine de Suède, pour traiter mon dossier aussi complexe?

La tite madame m’a expliqué comment ça marche: Il y a la règle, et son application, qui tous deux demeurent distincts. Tiens tien, ça me rappelle la Russie tout cela.

Je suis critique, comme toujours, mais il n’en demeure pas moins que je crois que ce modèle maximise le bien-être global de la société, ce qui est le principe fondamental derrière les théories économiques. Je suis conscient que l’énorme bureaucratie que représente l’État est parfois bien amorphe, favorise parfois le nivellement par le bas, mais je la supporte. Le danger toutefois, c’est de perdre son sens critique, d’assumer que l’État sera toujours là, de respecter les limites que lorsqu’on est monitoré.

Tu es bronzé, tu roules tes R, ta face ne me revient pas: c’est bien malheureux, mais tu seras probablement victime de racisme indirect. 12 % des résidents de la Suède sont nés ailleurs. C’est énorme. Les immigrants forment une masse critique, et je crois que les Suédois, aussi tolérants et ouvert soient-ils, se sentent un peu menacés. Un peu comme la Hollande, nation très libérale, qui fait face à des affrontements (comme dans le cas du meurtre de Theo Van Gogh).

La Finlande, pays que je re-re-re-revisiterai dès mercredi, acceuille le plus petit nombre (en pourcentage) d’immigrants de toute l’union Européenne. Avec moins de 5 millions d’habitants, ils sont bien conscients de leur unicité et des défis que représentent l’immigration massive à long terme.

Je suis heureux d’avoir trouvé un boulot. Je brasserai ce département, question d’en tirer son maximum. À date, j’ai toutefois l’impression qu’ils n’aiment pas être brassés. Le conscensus social est nottament basé sur le fait qu’on ne pose pas trop de questions…

Quelques photos printanières:

Le revers de la médaille

J’ai mis le cap sur la Suède pour comprendre. Objectif flou et ambitieux, j’y arrive peu à peu, moins vite que je le croyais.

Aujourd’hui, Johnny le Bangladeshi me demande: “Vous n’avez pas de bonnes écoles au Canada? Pourquoi es-tu venu en Suède?” Pour un gars qui semble être venu profiter des ressources du pays, un gars qui fait partie de l’infime élite d’un des pays les plus pauvres de la terre, mes considérations paraissent bien futiles. Comprendre?

Mon assiduité à l’écriture est pitoyable. Ce doit être relié au fait que je suis dans ma séquence la plus studieuse de ma vie, probablement. Borlänge est très asceptisé en terme de culture et de distractions, tenant donc les démons de la réflexion bien loin de moi.

Mes caméras ramassent la poussière aussi. C’est bien dommage… Mes lentilles ne rouilleront pas longtemps, puisque quelques jours me séparent de voyages qui m’apporteront ma maman, jusqu’en Russie, en passant par le Danemark. Je ferai un petit coucou a la maison de Gagliano. Donc, la Russie sous peu. Source intarissable de paradoxes, moteur même de mon amour-haine pour ce pays damné, je sens que j’aurai le stylo qui chauffe.

Ce n’est pas la nostalgie, ni le blues, ni le mal du pays, mais ce putain d’hiver n’en finit plus. On n’est juste en Février. Pas de trois-ski, pas de patins, pas de tire sur la neige. L’hiver à Borlänge perd tout son sens.

On entend dire tellement de gens “Ah oui, la Suède, c’est si beau. Mais vous devriez venir en été”. Donc oui, dans un pays ou le sport est roi, ou les sentiers dans les bois sont pris d’assaut par tout le monde, l’hiver est une période d’hibernation sociale.

Parlant de social, je me suis mis a réfléchir l’autre jour, lorsque nous étions à Stockholm. Les pays nordiques (Scandinavie + Finlande) pétent des scores dans tous les palmarès: éducation, santé, sport, belles femmes :) , environnement, business, développement international, etc etc. Comment donc expliquer un nombre abnormal de suicides? Et ces tueries dans les écoles finlandaises? Ces jeunes qui, bravant le mur que représente les taxes, passent leurs journées à boire et à doucement s’effacer?

Le sujet serait adéquat pour un thèse universitaire, mais je me lance tout de même. Dans un pays où tout est littéralement possible, cette liberté est profondément angoissante. Le fait de réaliser que tout est ouvert, que 1000 portes s’offrent à nous et que nous n’avons pas le temps de toutes les essayer, il faut s’en remettre partiellement au hasard de la vie et à certaines intuitions. Dans certains autres coins du monde, tu nais ouvrier, tu mouriras ouvrier. Ici, tu peux devenir astronaute si cela te chante. OK, me direz-vous. En quoi cela est-il différent de chez nous, où tout est potentiellement possible? La différence, c’est le ramoneur et le docteur. Au Québec du moins, nous sommes coincés dans cette vieille mentalité pourrie, sortie directement de Séraphin: les kings ce sont l’avocat, le docteur et le maire (il y avait le prêtre autrefois, mais on l’a flushé dans les années 60). On voue au vocations classiques, particulièrement aux medecins, un statut de demi-dieu, de quasi-noblesse. Et avec tout haut, il y a un bas. Le revers de la médaille c’est que certaines vocation sont vues comme des petits métiers. Notre société se devra de poser un regard nouveau sur les formations non-classiques, pour l’avancement de l’ensemble de la population. Dans plusieurs pays européens, les ramoneurs doivent suivre une formation spécifique, équivalent à un préuniversitaire. Ils ont des responsabilités équivalentes aux pompiers, puisqu’ils sont chargés de l’inspection (systématique) préventif des système de chauffage résidentiel. Quel regard pose-t-on sur les ramoneurs chez nous? Combien de jeunes ont ce métier comme premier choix dans la belle province?

J’entends déjà certains avancer que de ne pas suffisamment valoriser les vocations classiques, de ne pas mettre de l’avant un système d’éducation qui mette l’accent sur les mathématiques et la rationalité stricte revienne à niveler par le bas, à ne pas pousser les futures générations à donner le meilleur d’eux-mêmes. J’y répond tout de suite que ce genre de moule n’est simplement pas fait pour tout le monde. Si tellement de jeunes tombent « en dehors du moule », hors du système, c’est probablement parce qu’il y a un problème avec le moule, pas les jeunes.

Donc oui, le système nordique est plein de qualités, mais laisse les jeunes face à un nombre incroyable de possibilités, ce qui génère une profonde angoisse que je crois avoir reconnu chez beaucoup de mes pairs.

Je vous tiendrai au courant ;)

Fascinante Finlande

Après avoir passé d’heureuses fêtes in the Good ol’ Germany, j’ai sauté dans le dernier train en direction d’Hambourg avec l’intention de rejoindre ma douce dans les profondeurs de la Finlande. 3 heures de sommeil dans la vieille ville, interrompus ça et là par les cris de la prostituée en visite dans la chambre adjacente à la mienne, et j’étais déjà en route pour la Lettonie. Depuis Riga j’ai dû prendre un autre vol pour Oulu, la cinquième plus grande ville de Finlande et la capitale mondiale du Air Guitar.

 

L’avion. Cela faisait déjà un moment que je réfléchissais à cela. Pas au point de me faire du soucis, mais suffisamment pour me préoccuper. Depuis la première fois où j’ai eu la chance de voler, alors que j’avais 12 ou 13 ans, j’ai toujours ressentit un profond sentiment d’excitation à chaque fois que je prenais l’avion. Invariablement, un trépignement interminable qui m’empêchait de trouver le sommeil s’emparait de moi. Habituellement, ce sentiment allait en grandissant en route vers l’aéroport. C’est probablement pourquoi, lorsque j’ai participé au rapatriement des Canadiens du Liban en 2006, je pouvais travailler de longues heures sans arrêt, étant donné que notre poste de travail était situé à quelques centaines de mètres de l’aéroport. Toutefois, ce sentiment semblait s’être éteint. À mon retour du Pérou, je ne savais pas trop sur quel pied danser. 10 jours à la maison, c’est bien peu. Je ne savais pas comment utiliser mon temps. Sans trop savoir quand est-ce que je reviendrai. Puis, lors de mon vol (mouvementé) vers Stockholm depuis la belle province, je me suis senti bien insensible, un peu passif. C’était peut-être ma façon de vivre mon stress, ma façon de vivre ma peur de me lancer vers l’inconnu.

 

Mais bon, la bonne nouvelle c’est que je ne suis pas blasé, que tout cela a bien fini par passer! Mon vol Riga-Oulu était un pur enchantement, j’étais bien trop occupé à m’émerveiller de la vie et à interpréter la forme des nuages dans le ciel. Je crois que mon moment préféré en avion est lorsqu’on passe à travers des nuages. Je me demande bien quel goût ont les nuages. Probablement sucré.

 

La plupart des Québécois ont un préjugé favorable à l’endroit de la Finlande. Saku Koivu aidant, j’imagine. Oui, la Finlande est comme on dans nos plus beaux rêves. Il est aussi bien difficile de ne pas comparer la Finlande au Québec, avec tous les bémols qui viennent au passage. 5 millions d’habitants vs. 7 millions d’habitants. Deux peuples d’entrepreneurs. Deux nations qui refusent de mourir, avec une langue bien solitaire. Deux pays du Nord. Deux pays de hockey. La liste est longue… Toutefois, toutes ces ressemblances ne font que souligner les différences. La Finlande a du se battre plusieurs fois durant le dernier siècle, dont une fois contre elle-même (Guerre Civile en 1918). La Winter War qui l’a opposé à la Russie a aussi laissé des traces (majoritairement sur l’ego russe – les Finlandais avaient 10 fois moins d’effectifs que les Russes et ils ont tout de même fat un carnage). Bref, autant de sang pour un petit pays forge les esprits. Ça doit aussi leur avoir endurcit la couenne, comme on dit. La gazon est toujours plus vert chez le voisin me direz vous, mais certains aspects du succès finlandais sont indéniables. Des multinationales (Nokia) et des compagnies a grand succès (Rappala, Suunto) ne frémissent pas devant le taux d’imposition fiscal. Selon l’étude de Pise, la Finlande possède le meilleur système d’éducation au monde (et oh… gratuit!). Les étudiants recoivent aussi une allocation de subsistance (qu’ils ne doivent pas rembourser) équivalent à 750$ canadiens par mois. Les routes, même à une latitude équivalente à la baie d’Ungava, sont en excellent état. Le système de santé est excellent et le nombre de fumeurs et d’alcooliques est parmi les plus bas d’Europe. Les succès sportifs (F1, Hockey, Ski, Biathlon) sont nombreux (ils n’ont pas à endurer les chansons de Jacques Villeneuve). Aussi, je n’arrive pas à diminuer mon étonnement à chaque fois que j’inspecte la notice de fabrication des produits que l’on retrouve dans les magasins: Ils sont presque systématiquement fait ici, en Finlande. Quand avez-vous pour la dernière fois trouvé une cuillère ou une paire de bas faits au Québec? Bref, je me demande bien ce qu’il nous manque, au Québec, pour en arriver là? N’est-ce pas un modèle de société qui peut améliorer le sort de l’ensemble de la collectivité? L’indépendance du Québec nous offrira-t-elle les conditions gagnantes? Renvoyer Harper avec les red necks de l’Alberta sera-t-il suffisant? J’en doute. Nous sommes probablement trop individualistes, trop effrayé de payer des taxes, trop en amour avec les bas prix de tous les jours de chez Wal-Mart.

 

J’ai reçu un livre pour apprendre le finnois. Je pratique tous les jours. C’est loin d’être facile, mais c’est beaucoup plus loin d’être impossible. Comme c’est ridicule d’apprendre la langue la plus compliquée d’Europe, qui n’a que quelques racines en commun avec le Hongrois et l’Estonien. Peut-être, vous répondrai-je. Je suis toutefois fasciné par cette culture de Gaulois, par cette force qui anime ce peuple si unique. Et bien sur, il y a Anna.

 

J’ai eu la chance de conduire jusqu’au chalet que nous avons loué près du cercle polaire. La rutilante BMW avalait les montagnes au rythme des mélodies de Sting. Malgré le fait que le cadran n’affichait que 2 heures, le soleil nous a fait faux bond. À ce temps ci, je crois que le soleil ne se pointe le nez qu’entre midi et 13 heures. C’est très peu, et c’est bénéfique contre mon hyperactivité!

 

Le chalet couvert de neige nous attendait au bord du lac. Pas d’eau courante, bécosse dans la cour, il s’agissait là d’une vraie expérience qui n’avait pas grand chose de dépaysant. Le sauna finlandais chauffé au bois était proprement exquis et valait vraiment le détour. Nous avons passé la semaine à popotter, écouter des films, jouer aux cartes, profiter du grand air et passer du bon temps avec les amis d’Anna. Nous sommes allé skier à Ruka, petite montagne de la taille de Val St-Come, ressemblant à une protubérance volcanique dans la plaine polaire. Le vent devait souffler à pres de 80 km/h au sommet, contribuant ainsi à épaissir la croûte de glace sur toutes les structures se trouvant au sommet. Les couchers de soleil dans le cercle polaire sont absolument merveilleux. L’air froid dissipe la lumière différemment, avec l’horizon entier couvert d,une chaude couleur pêche, tout en contrastant lentement vers le bleu azur du zenith. (Je suis pitoyable, je n’ai pas de photo… Mon appareil n’aurait pas aimé une journée de ski à -20 degrés dans mon sac).

 

Nous avons regardé le film “Diarios de Motocicleta”, film décrivant l’épopée du Che à travers l’Amérique du Sud. J’ai vu le film plusieurs fois et j’ai même lu les mémoires orignaux du Che qui ont servi à réaliser ce film. Tout en restant on ne peux plus humble, en plus de demeurer critique face aux moyens empruntés par les révolutionnaires à Cuba, je me vois inspiré par cet homme. À ma manière, je pars à la découverte d’un continent aussi. Je désire comprendre ces gens, je désire décrypter ce qui les motive, ce qui les rends différents. Aussi, les aventures du Che me motivent. Ils me motivent à toujours garder la flamme. À toujours croire en ses rêves.

 

Nous sommes maintenant de retour à Raahe, la ville natale d’Anna, à quelques mètres su Golphe de Botnie. Quelques jours encore ici, et je serai de retour au royaume de Borlänge…

PS. Une heure de soleil par jour, ca ne fait pas beaucoup pour les photos. Pardon!

Pourquoi la Suède?

Question simple, faisant partie inévitablement partie de toute bonne partie de small talk, mais qui s’avère importante.

Il y a plusieurs mois, dans mon processus de préparation, une personne d’origine pakistanaise (il me semble) m’avait envoyé un message (demi-missive) sur un forum de discussion, protestant contre le fait que quelqu’un qui soit citoyen d’un pays développé n’ait pas vraiment besoin d’aller en Suède afin de recevoir une bonne éducation.

Aussi, à quoi bon laisser un monde que j’aime et qui me traite bien? Pourquoi se projetter dans le vide?

Je sais que c’est un peu dur à concevoir, mais c’est essentiellement parce que ce pays me fascine.

Je discutais avec un « Maas » (le groupe de fous qui nous initie présentement), parce que je voulais savoir comment est-ce que les Suédois nous perçoivent. On est toute une gang de free-riders au fond, et ça me tracasse. On utilise des infrastructures de première qualité, nous étudions à l’université pour techniquement pas un sous… Essentiellement, je paye les taxes à la consommation (22% je crois), mais ce ne sera jamais suffisant pour couvrir le coût des services que j’utilise. Je connais des girouettes au Québec qui grimperaient dans les rideaux à voir ce que la société suédoise est prêt à assumer culturellement et financièrement. J’ai envie de tirer mes propres conclusions de ce pays, j’ai envie de pouvoir l’analyser.

Le sommeil m’appelle avec un porte-voix géant… Il faut toutefois savoir que je me suis couché et les gens partaient travailler ce matin…

Sur une note musicale (scandinave, bien entendu), le merveilleux Erlend Øye (Norvège) et son comparse, qui forment le groupe Kings of Convenience…

Souriez, vous êtes filmés.


J’ai commencé hier mon cours « Intercultural Communication », qui se révèle en fait à être une thérapie de groupe plus que d’autre chose. On n’a même pas de table, ce qui rend la prise de note plutôt difficile.

Je m’appelle Jean-Philippe, et j’ai un problème d’alcool, (j’aime aussi que ma partenaire s’assoie sur ma face habillée en canard).

Donc, la femme, une docteure allemande en communication, qui a fait l’ensemble de ses études à Moscou, nous posait différentes questions sur ce qu’est la « culture », en soi, et relativement aux autres. Tour à tour, nous devions parler de nos expériences, de nos perceptions, etc.

Puis, nous sommes venus à parler du sourire. Certaines des filles dans ma classe (parce qu’il y 2 gars : Michael, mon ami allemand, et moi) racontaient leurs aventures aux Etats-Unis, et racontaient à quel point elles ont été frappées par les gens qui souriaient tout le temps. Un genre de sourire de tête heureuse, un sourire niais.

J’avais déjà été confronté à cette réalité quand je suis allé en Allemagne. Un matin, alors que je chevauchais fièrement mon vieux vélo hollandais, je demandais à un gars avec qui j’étudiais : « Salut, comment ça va? ». Il me répondit : « Pourquoi tu me demandes? Est-ce que j’ai l’air de ne pas bien aller? ».

Il est toutefois vrai que notre tendance nord-américaine à toujours demander l’état des gens en guise de salutation n’est pas nécessairement représentative de l’altruisme que l’expression dégage en soi.

Bref, les Russes disent que le fait de ne jamais sourire fait en sorte que lorsqu’on offre un sourire (selon une expression russe), cela a beaucoup d’impact.

De mon point de vue, c’est discutable. Il s’agit peut-être plutôt de la difficulté de la vie qui se transmet dans une hostilité à l’égard de son prochain, plus que d’une volonté à signifier des sentiments plus purs.