Distance: 104km
Temps: 3h49
Vitesse moyenne: 27.2 km/h
Je déguste un thé vert sur les rives puantes du Lac St-Pierre. L’eau a laissé sa place à de grandes plages marron, laissant au jour des sédiments accumulés au fil des années de pollution incontrôlée. Je dors ce soir dans une école de voile, où on m’a laissé camper.
Belle journée sous le soleil et truffée de sourires amicaux. D’abord Oncle Dédé et Tante Chrichri à St-Sulpice, puis Serge et France à St-Cuthbert, ma route fût parsemée de gentilles personnes qui me servirent de longues rasades de jus et me gavèrent de bons plats. C’est quand même merveilleux d’être chez soi, de parcourir les campagnes, et de s’arrêter chez les gens qu’on connaît.
Je suis agréablement surpris de ma vitesse de croisière, malgré mes 75 livres de bagages. De Repentigny à Lanoraie, je roulais en moyenne 31km/h, probablement que la brise favorable (et mes jambes encore toutes fraîches) y étaient pour quelque chose. Je prévoyais faire en moyenne de 20 à 25 km/h… Aussi, la route verte est très bien aménagée. J’en suis même surpris de voir à quel point la route est bien indiquée: j’ai rarement à sortir ma carte et je ne me suis pas (encore) perdu.
Mon porte-bagage, de type Axiom Streamliner Road, pourtant conçu pour 110 livres, n’apprécie guère mes 75 livres de matériel. Ça m’énerve au plus haut point! Je ne sais jamais quand il décidera de se tordre définitivement. Je tenterai de résoudre ce problème demain.
Demain sera une grosse journée avec environ 150km à faire. J’espère me rendre à temps chez Karin et Martin, dans la basse-ville de Québec.
Ma dernière virée en groupe remonte à plusieurs années. Le vent soufflait fort, à contre-sens, nous obligeant à changer de chef-de-file. Le soleil brillait, les champs verdoyants laissaient échapper une humidité chaude, mélangée à l’odeur charactéristique des champs. On roulait vite, avec des pointes à près de 60km/h, filant à travers les rangs et les boisés. Le vélo, c’est vraiment le meilleur moyen de se déplacer. Adrénaline, vitesse, paysages, les raisons abondent. Et cet après-midi, je l’ai passé en si bonne compagnie.
Un peu comme Ariane, je pensais à la vie dans un petit café de Charles de Gaule. Un autre départ, un autre retour. Un peu boulimique de la vie, ça fait plusieurs boites que je vide et je remplis.
L’air chaud et humide a envahi le portail reliant l’avion en l’aérogare: j’étais rendu. Ma mère et ma petite soeur m’attendaient patiemment, au milieu de tous les badauds.
Dénicher mes trucs, vider mes valises. Cet été sera calme et doux. Je prévois partir pour la Gaspésie le 26 juin, seul sur mon vélo.
Hier, Grégoire, sa femme, Marc-André, Alex et moi sommes allés voir Coeur de Pirate aux Francofolies. Sous un orage rageant, je ne voulais pas y aller, mais finalement je n’ai pas regretté. L’ambiance était festive et heureuse. Parfait pour moi…
Je tourne la page sur une étape de mon aventure suédoise. J’ai mon diplôme en main, sans toutefois ressentir le soulagement espèré. J’attribue cela au fait que de me relâcher maintenant, de faire vraiment le vide, nuirait à ma prochaine grande étape: le doctorat. Je vois les deux prochaines années comme une grande traversée du désert. La première année, surtout, sera tellement ardue. Je me sens prêt pour affronter le défi, toutefois. C’est pour moi une étape nécessaire, afin de passer d’ignorant diplômé à ignard sur-diplômé. Ça facilitera aussi le « signaling », à savoir si je veux travailler quelque part dans le monde, un doc m’aidera à ouvrir des portes, plus qu’une maitrise. Mais je n’en suis pas là…
Hier, nous avons reçu notre diplôme. Ô combien moins pompeux que les cérémonies Nord-Américaines, le tout était simple et humain, à l’image de la Suède.
Je passe beaucoup de temps avec Patrik, Zandra et Filippa. Copains suédois, ils fût un temps où ils étaient mes étudiants. Ils m’ont fait voir une toute nouvelle facette de ce pays, avec leurs confortables chaumières et leurs grands coeur. Parce qu’en près de 22 mois en Suède, je ne connaissais pratiquement personne du coin. Mais des nigériens, allemands ou espagnols, j’en connaissais à la tonne.
De retour à Montréal demain. J’ai bien hâte, mais je suis épuisé de l’intérieur. Mon petit coeur se fait barouetter de pays en pays, d’année en année. Je serai en ville pour près de 2 mois, jusqu’au 6 aout. Puis, de retour dans mon coin de pays, à m’entrainer pour une course de cross-country et mes éternelles ride de vélo.
Un nouveau venu dans la famille! Fourche en carbone, conception suédoise, cadre super léger, Shimano Sora… De quoi me dérouiller et me débarasser de mon trop plein de bonnes choses que je transporte autour de ma taille…